Famille de ma sœur, Micheline, fils dépressif : suicide ?

Je vais à Niort voir ma sœur début des années 1970

À partir de ma séparation, en 1970, d’avec mon mari, Jean-Jacques Porchez, je repris contact avec ma sœur, Micheline, en allant la voir à Niort où elle habite avec sa famille, avec Jean-François, mon fils, quand il ne passe pas l’été avec sa grand-mère à Trouville, sur la côte Fleurie ; la dernière fois que j’avais vu Micheline, était à Paris au début de l’année 1964, alors que ma grossesse était à son début.

Je fais connaissance de ses six enfants. L’un, Gilles, me parait avoir des difficultés d’intégration dans la fratrie. En effet il est doué de ses mains, plus particulièrement pour la mécanique des motos dont il manifeste une passion. Le fils ainé de la famille, Emmanuel (1), sévère, rigide, a des relations difficiles avec lui, le mettant en boite, le moquant parce que « non intellectuel ».

Dépression non soignée de Gilles

Peu à peu Gilles tombe dans une dépression, non diagnostiquée et donc non soignée, dormant le jour vivant la nuit. Finalement ce fils cadet, adepte de Bob Marley qu’il écoute surtout la nuit, prenant son petit déjeuner vers 15heures de l’après-midi, trouve un emploi dans une commune du département où il doit se rendre en voiture. À son retour il a un accident mortel sur une ligne droite de la route, en percutant un arbre.

Moi je pense qu’il s’est suicidé mais je le garde pour moi. Par contre j’écris à ma sœur de longues lettres de compassions faisant référence à Dolto, à la sororité. Je vais à La Crèche où ils ont une vaste résidence secondaire, pour assister à son enterrement, faisant 1000 km aller-retour. Personne ne m’y parle, mais je n’y prête pas trop attention, ils ont d’autres soucis !

Aucune réponse à mes courriers réitérés

Par contre je ne recevrai aucune réponse à mes courriers. Durant des dizaines d’années, quand un événement familiale nous fait nous côtoyer, je demande à ma sœur pourquoi elle n’a jamais répondu à mes lettres…

  • « quelles lettres ? » me répond-elle.

Ce sera une énigme pour moi jusqu’à ce que je finisse par découvrir les raisons de ce silence qui s’aggravera au fil des années…

Il s’écoulera plusieurs dizaines d’années avant que je finisse par comprendre pourquoi toute la famille de ma sœur, généralisé à tout le reste de ma famille qui pense le plus grand mal de moi sans me connaitre (dont cousines et cousins à tous les degrés que je n’ai pas vu depuis ma petite enfance), jusqu’à mon propre fils, à partir des années fin 1990 début 2000.

J’avais cru avoir eu un peu d’échange affectif avec un ou deux de ses enfants (dont Élisabeth), les frères et sœurs de mon beau-frère que j’avais côtoyé durant mon adolescence (2). Ma sœur parle facilement… pour me démolir auprès d’une famille que je n’ai plus jamais vu sinon entrevu à de rares occasions durant ma petite enfance …et qui donc ne me connait plus et ne peut rien savoir de ma vie.

Eurêka : je comprends pourquoi ce silence

C’est à l’occasion, en 2015, d’une énième lettre destinée à ma sœur pour demander pour la ixième fois le pourquoi ce silence de ma famille entière qui m’ignorait qu’enfin je comprendrais. La lettre que j’écrivais était un peu comme une bouteille à la mer. L’ultime essai avant ma mort ou la sienne.

Après 40 ans de ce silence d’aucune réponse à aucun de mes courriers, ma lettre était un peu « nerveuse », genre « pourquoi un tel mépris, pourquoi cette méchanceté, ce silence ? »

Quelques jours après l’envoi de cette missive je reçus mon courrier en retour, mon adresse écrite sur une nouvelle enveloppe de l’écriture de mon beau-frère. Je me dis que le mépris était tel qu’ils refusaient même tout courrier de moi et me le faisait savoir en le retournant sans mot d’accompagnement, tel quel.

Puis je reçus un appel téléphonique de mon beau-frère m’informant qu’il avait écrit une réponse mais s’était trompé de lettre dans l’enveloppe, et commenta :

  • « je ne peux pas délivrer ta lettre à Micheline ».

Sur le moment je le pris comme il paraissait être ponctuellement et n’y pensais plus. Il me fallut une quinzaine de jours pour envisager l’ampleur de la signification de la réaction de mon beau-frère.

Censure de tous mes courriers à ma sœur par son mari

Je réalisais que, sans doute, mon beau-frère avait toujours ouvert le courrier destiné à ma sœur, que cette fois n’était pas une exception.

  • Ouvrait-il tout le courrier de ma sœur ou uniquement le mien ? Avait-il toujours jugé que je ne pouvais qu’être de mauvaise influence sur ma sœur ?

Ma sœur n’avait jamais reçu les courriers que je lui avais écrit après la mort de son fils. Elle ne pouvait rien comprendre à mes interrogations réitérées.

Ce coup de téléphone répondit en partie à mon interrogation. Ce que je ne saurai jamais c’est si ma sœur était complice, si elle avait elle-même voulu ne plus rien savoir de moi, mais alors je n’en comprendrai jamais l’origine, alors que si la censure n’a pour origine que mon beau-frère je l’explique tout à fait.

Ce que j’explique dans le billet suivant…

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(1) qui avait choisi en premier métier « responsable » sur les navires marchands, dont il déchantera…

(2) et qui avait essayé de me convertir au protestantisme, sans succès ; je pris le chemin inverse : je devins athée

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