Famille de ma sœur, Micheline : pratique du protestantisme intégriste

La pratique du calvinisme par la famille de ma sœur

Mon beau-frère était protestant calviniste pratiquant, lisant la bible tous les soirs, et bien sûr allait au temple tous les dimanches avec ma sœur et leurs enfants.

Il était contre toute contraception, sauf la méthode Ogino. Qui leur réussit si bien ! Ma sœur approuvait et appliquait cette mesure.

Quoique début des années 1970, vers l’âge de 40-45 ans, ma sœur m’avait dit qu’elle refusait tout contact sexuel avec son mari, qu’elle en était désintéressée ; « si jeune » me disais-je ? Pour moi la sexualité est vivante jusqu’à la mort. Comme pour le boire et le manger, la sexualité manifeste que l’Humain est en vie. L’abstinence ne peut qu’être une décision volontaire, en général par orientation spirituelle.

Années 1980 ils avaient de concert été chercher une de leur fille, Élisabeth, largement majeure, qui était partie en Martinique avec un amoureux, pour la ramener à la maison. Je ne connais pas la suite de l’histoire, mais l’allée retour Martinique avait fait date dans la famille. Pauvre jeune femme qui avait voulu fuir sa famille et que sa famille rattrapait pour la ramener dans le droit chemin pour une fille !

jean calvin
jean calvin

Information de la pilule contraceptive à ma sœur

Début des années 1970, échangeant, à l’époque, librement avec ma sœur, je l’encourageais à prendre la pilule. Elle était déjà la mère de sept enfants.

Mon argument fut que moi-même je la prenais depuis 1965 sans effet particulier ; quoique je me faisais aussi poser un stérilet pour faire une pose de la pilule, mais n’entrais pas dans les détails de ma vie sexuelle, l’important était d’avoir une contraception efficace, ce qui n’est pas le cas de la méthode Ogino, ni d’ailleurs de l’autre possibilité du retrait qui stoppait l’acte d’amour de son aboutissement, quant au préservatif il ne peut qu’être occasionnel.

Je me souviens parfaitement que j’avais parlé de la pilule devant mon beau-frère et qu’il m’avait prédit les pires maux. Il se targuait de savoir de quoi il parlait puisqu’il était médecin.

Sauf qu’il était dans une spécialité tout à fait pointue : le diabète des enfants. Il s’agissait d’une opinion morale qu’il propageait comme d’un savoir médical. Il oubliait que sa femme, ma sœur, avait été enceinte 8 fois produisant naturellement une quantité d’hormones bien plus importante que ne peut le faire une simple pilule, sans compter la déformation du corps, puis le quotidien d’une telle mère de famille nombreuse qui n’avait pas une minute pour une quelque vie personnelle qui soit.

Mon beau-frère pense qu’une femme célibataire doit rester abstinente de tous rapports sexuels

Ce qui était exigé de moi par mon beau-frère, sans jamais me le dire, c’est l’absence de tous rapports sexuels avec quiconque, l’abstinence totale, parce que j’avais quitté mon mari, puis divorcée.

Que je dise prendre la pilule, alors que j’étais divorcée, avait choqué mon beau-frère qui décida que j’étais une femme de mauvaise vie.

Ainsi, depuis le début des années 1970 ma sœur et tout le reste de la famille avait décidé que j’étais une telle mauvaise femme, parce que prenant la pilule alors que j’étais célibataire, qu’il fallait arrêter de me fréquenter, évidemment sans m’en informer, sinon en m’ignorant, et faisant courir la pire opinion qui soit à travers tous les membres de la famille, mon fils compris, au fil de dizaines d’années.

De plus comme je n’avais jamais informé quiconque de la raison pour laquelle j’avais quitté mon mari, je suppose qu’ils en avaient déduis que je l’avais fait pour mener une vie dissolue. N’avaient-ils pas vu que j’avais maigri de plus de 10 kg pour cause d’anorexie ? Croyaient-ils que j’avais fait une cure d’amaigrissement ?

Il est à remarquer qu’ils avaient dès l’origine si peu d’intérêt pour moi qu’ils ne m’avaient jamais demandé le pourquoi de mon départ du domicile conjugal. Et moi d’une nature secrète, détestant me plaindre pour quelque raison que ce soit, je m’étais tue, par pudeur.

De quoi ma sœur Micheline a-t-elle été informé par son mari ?

Ma sœur avait-elle été complice d’une telle décision ? Ou avait-elle cru que c’était moi qui m’était éloigné d’elle, je ne le saurai jamais. Avait-elle approuvé son mari dans sa décision de ne plus jamais me voir, ni me parler, ni m’écrire ?
Il est en général désigné l’Islam quand on parle des mœurs exigés pour les filles et les femmes, mais il faut l’étendre aux protestants, catholiques et juifs quand ils sont intégristes (1)

Libération des femmes années 1967-1975 ?

Ainsi il faut instruire les jeunes générations que les fameuses années de la libération sexuelle des femmes, années 1967/1975, n’étaient pas aussi simples et joyeuses qu’il est imaginé ou dépeint par des non connaisseurs.

Moi femme qui vécut ces « fameuses » années, je peux témoigner que, certes je vivais dans une joyeuse illusion que enfin nous étions égales. Mais loin de là.

Il y avait non seulement l’égalité sexuelle à acquérir, dissuader les garçons qu’ils seraient les seuls à ressentir des pulsions sexuelles, comme me l’enseigna ma propre mère, ce qui me perturba beaucoup pour de nombreuses années, alors que ces pulsions ne sont pas fonction du sexe mais de l’individu ; que les salaires étaient toujours aussi inégaux et les charges familiales toujours en majorité sur les épaules des femmes.

Cette odieuse et ignoble réaction de toute ma famille témoigne que la sexualité des femmes était réservée à l’état marital et uniquement dans le dessein de faire des enfants. Rien d’autres. Et peu importait qu’ils soient musulmans, protestants, catholiques voire athées.

Pour mieux comprendre lire le billet précédent

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(1) lire La vie de Calvin, par Stefan Zweig, sous le titre Conscience contre violence, édifiant sur la rigidité du créateur du protestantisme de Suisse et France ; je présume que c’était ce genre de protestantisme qu’ils pratiquaient :

Genève est contrôlée par Calvin qui établit une sorte de régime théocratique cohabitant avec un État soumis à la volonté de la nouvelle Église. Les Genevois se voient alors interdire les chapelets, les crucifix, et toutes sortes de règles d’austérité leur sont imposées

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