Ma mère soutient que les femmes n’ont pas de pulsions sexuelles

la vie sexuelle sigmund freud puf

En contradiction avec elle-même ma mère qualifie mon père de « chaud lapin » !

Parallèlement à ses confidences sexuelles, se plaignant de ne plus rien ressentir et s’inquiétant pour la fidélité de son mari/mon père, ma mère m’affirme que les femmes n’ont aucune pulsion sexuelle, que ce ne sont que les hommes qui sont « atteint par ce mal », qualifiant mon père de « chaud lapin », elle paraissait sous entendre qu’il l’ennuyait dans ses comportements sexuels, et pourtant elle se plaignait auprès de moi de « ne plus rien ressentir » !

Vu d’aujourd’hui, en 2023 à l’âge de 81 ans, je ne comprends pas les contradictions de ma mère :

  • ressentait-elle le plaisir avant que son appareil génital soit brulé ?
  • ou se pliait-elle au désir de son mari/mon père juste pour son plaisir à lui ?

Déjà qu’à mon adolescence, durant les années 1950-1960, je ne comprenais rien à ce qu’elle me confiait, encore aujourd’hui en 2023 je ne comprends pas plus.

Morale de ma mère : se plier passivement aux désirs de son mari ?

Peut-être qu’elle avait été convaincue qu’une femme doit accepter le désir de son mari, uniquement passivement, ce qu’elle regrettait de ne plus pouvoir faire…uniquement pour son mari ou aussi pour elle-même ?

Sans doute aussi pour elle-même sinon elle n’aurait pas éprouvé le besoin de m’emmener sans son lit

  • « pour remplacer ton père, comme avec ton père »

ces paroles étaient troublantes, perverses en fait : que je qualifie d’inceste maternel.

Inceste maternel

Vu à la morale des années 2000, depuis #MeToo, les femmes ne seraient que des victimes. Moi fille oui j’étais victime d’une mère incestueuse, les femmes d’aujourd’hui se veulent parfaites… oubliant qu’elles sont des humains à part entière capables elles aussi du pire par pulsions.

Ce n’était pas qu’un besoin affectif, sinon exprimer de l’affection pour moi aurait du et pu se faire dans la journée, pas la nuit dans son lit !

… et le comportement de ma mère avec moi a perturbé ma sexualité jusqu’à l’âge de 43 ans âge où je me suis décidé à faire une analyse, qu’en fait je n’ai pu entreprendre qu’à la mort de ma mère en janvier 1985.

Alors que durant la journée elle me mobilisait pour l’écouter, ne me manifestant pas d’affection, ne serait-ce que oralement, à défaut, par pudeur, de « prise dans ses bras », ce qu’elle ne fit que lorsque j’étais bébé, si peu après. Certes c’était les mœurs de la famille, quoique je me souviens que ma sœur m’enveloppait de ses bras jusqu’au moins à ma pré adolescence.

Les femmes sans pulsions sexuelles ??

la vie sexuelle sigmund freud puf
la vie sexuelle sigmund freud puf

Cette allégation que les femmes n’avaient aucune pulsion sexuelle m’apporta beaucoup de préjudices dans ma vie d’adulte, car je le crus durant des dizaines d’années, n’ayant aucune autre source d’informations sur la sexualité d’une femme, alors que je ressentais ces pulsions, violemment, envahissantes, je m’en sentais coupable, anormale, je les réfrénais tant que je pouvais, les cachant tant que je pouvais aux hommes, me disant que si jamais ils se rendaient compte de mes pulsions ils me mépriseraient.

Ainsi ma mère m’avait en quelque sorte châtrée bien que je ne fus pas au point où mon psychisme m’aurait caché à moi-même mes pulsions, mon corps et mon psychisme communiquaient, ma névrose n’était pas irrécupérable !

Elle voulait ignorer ses propres pulsions vis-à-vis de moi. Comme si elle était deux personnes : celle qui était une femme sérieuse qui n’était séduite par aucun homme, même pas par son mari, qui en montra souvent sa frustration, et celle qui avait un comportement incestueux par pulsion pour sa fille adolescente.

Le rôle de la femme au foyer

En fait ma mère se ressentait et était dans une solitude totale, son mari, mon père, toujours occupé à courir les routes pour visiter ses chantiers, il ne se posait aucune autre question que celles relatives à ses chantiers, son bureau, ses projets…

… et moi, Annie, jeune adolescente je subissais en boomerang ce que subissait ma mère dans son rôle de femme soumise sans le savoir…

Ma mère m’emmène dans sa chambre et son lit 1955-1960

la chambre à arles, by vincent van gogh

Pendant cinq années ma mère m’entraina dans sa chambre le soir

dans son lit, durant les absences de mon père, pour que je lui tienne compagnie la nuit et que je remplace mon père.

Ses chantiers répartis en France et à l’étranger obligeaient mon père à des absences constantes. Absent durant plusieurs jours du fait de ses voyages en voiture, train ou avion pour aller visiter, inspecter, contrôler l’avancement de ses chantiers en cours, dans le Nord et l’Est de la France, mais aussi en Algérie et en Irak.

Cela dura jusqu’à ce que je ne sois plus vierge vers l’âge de 18 ans, cet âge fut-il un hasard ? Ou le fait que je ne sois plus vierge m’enlevait-il tout attrait pour ma mère ? Parallèlement à ses confidences qu’elles me tenaient dans la journée et qui s’arrêtèrent elles aussi quand j’atteins 18 ans.

Je comble le vide du à l’absence de mon père dans le lit

Cinq ans durant ma mère m’emmena dans la chambre de son couple, dans le lit de son couple qu’elle formait avec mon père. Elle déverrouillait la porte et m’entrainait…

  • Je n’ai jamais refusé, ce dont je me sentis coupable durant de nombreuses années, j’aurais du dire non et esquiver, je n’en eus jamais la force, et pourtant je haïssais ces nuits couchée au côté de ma mère, le dégoût m’envahissait.

La force mentale de ma mère était plus forte que la mienne, je n’avais pas assez de force morale pour m’enfuir et monter au plus vite dans ma chambre.

Ainsi je me retrouvais au côté de ma mère bien malgré moi

Son odeur m’envahissait. Sa transpiration imbibait les draps et les couvertures lourdes sur nous. Je ne savais comment m’échapper le plus loin possible de son corps, alors qu’elle m’entourait, me disant :

  • on fait comme avec ton père, quand ton père est là à ta place.
  • Elle me prenait la main.
  • Se collait à moi.
  • M’entourait de son corps…

Inceste maternel répété de générations en générations ???

Était-ce un comportement qu’elle avait du subir de sa propre mère quand celle-ci s’était retrouvée abandonnée par son mari ?

  • Sa mère, ma grand-mère Anita, avait-elle reproduit un comportement qui l’avait faite fuir Rome, puis, vu sa condition d’abandon, reproduit sur sa fille pré-adolescente, que ma mère perpétuait de génération en génération et au même âge de la fille ? Anita avait-elle du subir un comportement similaire de sa mère au même âge, puis s’enfuir vers Bologne ?

La vraie raison de ma mère adolescente quittant son domicile familiale n’était-elle pas pour fuir sa mère plutôt que la raison invoquée d’aller à Reims pour voir son père ?

  • Car bientôt abandonnée à nouveau par son père à Reims elle ne revint pas à Montargis pour réintégrer le domicile de sa mère où vivaient aussi sa sœur et son frère, elle préféra choisir de devenir bonne chez des maitres, et ne revit sa mère qu’après la guerre en 1945 pour aller la visiter sur son lit d’agonie, soit 25 ans plus tard, laps de temps durant lequel ma mère ne revit pas sa mère.

S’écrivaient-elles ? Ma mère tint-elle sa mère au courant de l’évolution de sa vie ? de son mariage, de la naissance de ses filles ? Son frère Giordano connaissait son adresse en France puisqu’il nous envoyait des colis de riz, et l’informa de l’agonie de sa mère à la fin de la guerre : c’est la seule chose dont je sois sûre.

Ces deux mères, Anita et Alda, répétaient-elles l’inceste qu’elles avaient subi ?

Ces deux mères étaient-elles entrainées par une répétition d’actes incestueux sur leur fille remontant à plusieurs générations ?

  • La pulsion était-elle irrépressible ?
  • Et pourtant la vraie question à se poser était : avaient-elles apprécié ces comportements de leur propre mère ?
  • Ne s’étaient-elles pas senti comme violées ? Ce que moi je ressentais, bien que je restai passive.

Ma grand-mère, puis ma mère avaient pourtant fui le domicile familiale toutes deux adolescentes, toutes deux le plus loin possible, l’une vers Bologne, l’autre vers Reims, et pourtant ma mère répétait le même comportement incestueux. Ce comportement perturbera toute ma vie de jeune fille puis de femme… et ma vie sexuelle jusqu’en 1989… époque où je finissais mon analyse et rencontrais le seul homme que j’aimais dans ma vie…

Confidences sexuelles incestueuses de ma mère 1954-1958

escalier

Ma mère me prend comme confidente de ses rapports sexuels avec mon père

Parallèlement à ma vie si active (voir et ), ma mère commença à me parler de sa sexualité, voici concrètement comment cela se passait :

Pour sortir je devais descendre deux étages depuis ma chambre :

escalier
escalier
  • le 2ème étage d’où je descendais arrivait sur le palier du…
  • …1er étage sur lequel s’ouvraient
    • à gauche la cuisine,
    • à droite la chambre des parents (face à la cuisine),
    • le bureau étant face à l’escalier,
    • et à côté de la cuisine c’est à dire légèrement à gauche : le grand séjour.
  • le rez de chaussée était la sortie et ma liberté !…

Ma mère me cueillait avant que j’arrive sur le palier du 1er étage, j’aurais pu croire qu’elle attendait mon passage sur ce palier intermédiaire où s’ouvrait sa cuisine, face à leur chambre, elle devait m’entendre sortir de ma chambre et commencer ma descente

Elle stoppait mon élan pour sortir à la 3ème avant-dernière marche en descendant du 2ème, elle debout sur le palier, moi bloquée par elle sur cette marche, à moins que j’ose la bousculer pour l’écarter de mon chemin, ce que je n’osai jamais faire. Cela commença avant ma formation, c’est à dire avant mes premières règles qui n’arrivèrent qu’à mes 16 1/2.

La chambre de mes parents était tenue toujours fermée à clef, comme elle l’était déjà dans l’appartement de Vanves, cette chambre qu’elle déverrouillait pour m’y entrainer, la nuit, durant les absences de mon père (dont je parlerai…)

Ma mère commençait un monologue que j’étais censée écouter avec attention et surtout comprendre. En fait je ne comprenais absolument rien puisque jamais instruite sur la conformation de chacun des sexes (traité dans un billet l’expliquant).

Ma mère m’informait alors qu’elle ne ressentait plus rien avec mon père

Avec des gestes, peu explicites, elle me disait :

  • « mon sexe est dur comme du bois« 

Cette phrase était choquante, elle me bouleversait parce que je n’en comprenais pas le sens profond :

  • qu’est-ce qu’un sexe de femme dur comme du bois ?

Le bois est par nature insensible, mais un sexe de femme ? Je n’en savais absolument rien !

  • Ne serait-ce qu’être amenée à me figurer un sexe de femme m’était impossible,
  • pas plus que celui d’un homme !
  • Qu’est-ce que le sexe d’une femme était sensée ressentir au contact de celui d’un homme ?
  • Quel contact avaient-ils et comment ?

Et zut me parler de sexe me choquait, c’est un sujet dont on ne parlait jamais, jamais je n’avais dans ma famille, ni en dehors, entendu parler de sexe qu’il soit féminin ou masculin, je n’avais aucune vision de comment chacun pouvait être !

Dans ces moments là de confidence je ressentais une énorme gêne, pas à ma place, je finissais par m’assoir là sur le bord de la marche froide, bloquée par ma mère debout devant moi, alors que j’avais bien d’autres sortes de projets : courir dehors, voir la forêt, me promener en bicyclette, aller à Paris en train pour découvrir de nouveaux livres…

Elle me raconta qu’elle voyait un médecin

Suite à des hémorragies elle avait subi des radiothérapies pour brûler l’intérieur de son ventre et stopper ses hémorragies :

  • Que maintenant elle ne ressentait plus rien,
  • Qu’elle avait peur que mon père la trompe,
  • Elle me demandait de le surveiller, plus particulièrement durant les soirées chez tels amis ou quand tels amis étaient reçus à la maison,
  • Elle avait peur d’une des épouses parmi leurs couples d’amis.

Alors que ma mère était très coquette, parfumée, ongles vernis, dotée d’une belle garde-robe qui emplissait penderies, armoires, commodes, choisie durant les nombreuses après-midi durant lesquelles elle se rendait à Paris, mais se maquillait peu, et n’était pas du genre à aguicher qui que ce soit, même pas mon père. Ce qui n’était pas le cas de la femme qu’elle me désignait.

Parce que dans le jeu aguichant d’une femme il y a volonté de tournée la tête à tel ou tels hommes, ce n’était pas le but de ma mère qui voulait uniquement garder une place, SA place d’épouse, n’en n’ayant aucune autre puisqu’elle était femme au foyer…

Mais vraiment ce qu’elle me demandait m’était impossible à faire.

  • Quoi ? de surveiller cette femme très maquillée, provoquant les hommes ? Je ne suis même pas sûre que cette femme avait un but particulier, sinon juste besoin de plaire aux hommes en général.
  • Et de toute façon je trouvais cette demande de ma mère malsaine, ne me regardant pas, ce n’était pas mon problème, je ne savais rien sur ce genre de femmes,
  • Mon père était-il potentiellement un homme à tromper sa femme ?
  • Tout ça me dégoûtait.
  • Ma mère n’avait-elle pas d’amies à qui raconter tout ça ?
  • Ma mère ne savait-elle pas que je ne savais rien sur la sexualité ?

Croyait-elle que nous avions des conversations sur ce sujet avec mes camarades de classe ? Ne savait-elle pas que la pudeur bloquait tout échange concernant les sentiments d’autant qu’aucune de nous ne tombait amoureuse !

complément la suite : ma mère m’emmène dans son lit

Mes premiers voyages en Italie 1945-1950

temple of concordia, agrigento

Voyage en Italie à la sortie de la guerre

Le premier voyage que je fis en Italie fut à la sortie de la guerre, je ne sais dire si c’était en 1944, 1945 ou 1946. Ma mère n’avait pas vu sa mère depuis qu’elle l’avait quitté au début de son adolescence pour aller voir son père qui était parti vivre à Reims avec « la bonne » dit-on dans la famille.

Une bonne dans une famille modeste ? oui c’est tout à fait vraisemblable. Il faut se souvenir qu’à ces époques les travaux ménagers étaient tous manuels : la lessive à la main et dans l’eau froide le plus souvent, et toutes les autres tâches qui se font maintenant la plupart du temps avec une machine, tel que découper et mixer des légumes et de la viande, etc…

Donc au sortir de la guerre ma mère, Alda, apprend que sa mère, Anita, est au seuil de la mort par son frère cadet Gordano qui vit avec elle, ou tout au moins près d’elle, à Milan, où sa mère l’a emmenée vivre au début des années 1930… pour échapper à la misère dans laquelle son mari l’avait mise en la quittant alors qu’elle avait en charge 3 jeunes enfants.

J’ai quelques souvenirs des lieux à Milan :

  • c’était dans un immeuble avec des coursives intérieures qui donnaient sur la cour.
  • l’appartement était composé d’une pièce où ma grand-mère était allongée dans son lit
  • proche de la porte d’entrée une sorte de lavabo ou d’évier (??)
  • un rideau séparait ces deux parties du logement

Moi je jouais dans la cour avec des Italiens du même âge que moi, soit entre 3 et 5 ans. D’après mon oncle Gordano je parlais italien, ce qui le réjouissait… mais pas pour longtemps… j’ai compris l’italien et même j’ai pu le lire, mais ne le pratiquant plus depuis plusieurs dizaines d’années, je l’ai oublié !

Cependant l’italien me sera utile à l’occasion d’une annonce historique : la chute du mur de Berlin, en octobre 1989, alors que j’étais en vacances en Turquie, sans autre information que le quotidien La Republica, que j’ai pu traduire pour l’Allemande qui m’accompagnait qui eut du mal à accepter que l’Allemagne ne serait plus coupée en deux par un mur…

Je me mis, durant plusieurs années en classe, à proclamer « je suis Italienne« , ce qui ne devait pas être forcément compris par mon environnement : le racisme contre les Italiens avait commencé de sévir !

Voyage en Italie années 1950

Années 1950 c’est tout autre chose : je m’en souviens bien mieux. Nous ne prenions pas des photos toutes les 5 minutes comme on fait maintenant !

Mon père eut envie d’aller voir cette famille de Rome dont était originaire sa femme, Alda.

Ce fut toujours lui qui avait l’initiation des voyages, il ne tenait pas en place, curieux il voulait allez voir d’autres pays. Il m’a communiquée sa bougeotte : moi aussi j’ai fait de nombreux voyages à partir de mon adolescence jusqu’à mes 76 ans, j’en parlerai au fil du temps…

forum romanum rom
forum romanum rom
temple of concordia, agrigento
temple of concordia, agrigento

Italie : mon origine culturelle

Donc profitant d’être en Italie nous continuâmes sur Naples, Amalfi, Capri, Pompéi (prononcer pompè.i), et Paestum, tous lieux qui m’ont laissée des souvenirs indélébiles… pour toujours ils marquèrent ma culture, et m’indiquèrent que c’était mes origines ethniques.

Je me souviens plus particulièrement de Pompéi… qui a bien changé depuis car les fouilles n’ont pas arrêté de progresser. Je me souviens aussi d’Amalfi une charmante station balnéaire… sans touristes années 1950… sinon les Italiens du coin. Et aussi Capri fréquentée à cette époque par la classe aisée et souvent intellectuelle d’Europe depuis déjà le 19ème siècle.

J’ai donc connu ces lieux, devenus célèbres depuis, peu connu au sortir de la 2de guerre mondiale, époque où l’Europe était encore « pauvre », plus particulièrement l’Italie qui avait vécu le fascisme depuis 1922 sous le gouvernement de Mussolini.

Et cela m’a déformée pour toujours pour toutes les « ruines » romaines et grecques que je visitai plus tard : celles d’Italie étaient en bien meilleur état de conservation et de restauration !

En trop je ne connais pas la signification de aimer !

des colonies de vacances sont regulierement organisees sur le littoral et ailleurs dans le departement

En trop je ne connais pas la signification de aimer !

Nourrie, logée, habillée… rien ne se voit de l’extérieur, même moi j’ai mis du temps à réaliser !

Quand on n’a connu que cette sorte d’indifférence on ne voit rien, on ne réalise rien. D’autant que la famille n’était pas démonstratrice : on ne se touche pas, une bise sur chaque joue sans se toucher, pour se dire bonjour, sauf ma sœur qui me prenait dans ses bras…

Ils faisaient un groupe de trois personnes : ma sœur, ma mère et mon père. Moi je me mettais sous la table où ils étaient à bavarder, rire, échanger sur tout et rien, j’ai oublié de quoi ils parlaient, je n’écoutais peut-être pas, je me souviens par contre très bien que je ne disais rien, j’étais comme muette. Ce qui m’a durée toute la vie : j’ai encore du mal à parler, par contre je suis excellente dans l’écoute !

Il fut un moment où je regrettais de ne pas faire ce qu’il eut fallu pour devenir psychanalyste. Mais pour ça il eut fallu que je fasse une analyse tôt… ce que je n’ai jamais osé faire à temps (1) en attendant durant mon adolescence je lisais Freud et tous les autres…

Ma mère est absente

Une de mes grandes interrogations restée pour toujours sans réponse :

mais qu’est-ce qu’elle fait toutes ces après midi qu’elle passe dans les magasins ??

car elle était souvent (ce mot étant relatif, car je ne sais l’attribuer à un temps défini) absente quand je rentrais de classe de primaire.

Alors je faisais pipi sur le tapis… il m’est arrivé de me faire disputer par le voisin pour ces traces qui restaient définitives, et je m’asseyais sur les marches face à la porte de notre appartement, ou alors j’allais visiter l’étage supérieur qui contenait les chambres de bonnes, sans bonne !

par contre elle est obsédée par mon intestin… j’en ferai des cauchemars encore adulte…

Pour les grandes vacances on m’envoie ailleurs…

mes première vacances « seule » furent à la campagne, dans une famille, du temps des moissons, ici une photo prise par moi en 2008

moisson 3
moisson 3

Colonies de vacances :

des colonies de vacances sont regulierement organisees sur le littoral et ailleurs dans le departement
des colonies de vacances sont régulièrement organisées sur le littoral et ailleurs dans le département

La première colonie de vacances fut sous l’égide de ma sœur à Saint-Brieuc qui y était monitrice, j’avais 5 ou 7 ans ? C’était une colonie catholique organisée par des religieuses.

Ensuite j’ai été envoyé trois ans d’affilée, de 8 à 11 ans, en colonie de vacances du Touring-club de France à Andernos-les-bains proche d’Arcachon, et Cauterets dans les Pyrénées. J’en ai d’excellents souvenirs !

Puis mes parents me prirent une fois avec eux dans un des premiers camps de vacances, sous tentes, à Palinuro dans le sud de la « botte » de l’Italie organisée par le Club Méditerranée, je ne me souviens pas de l’année… je suppose au seuil de mon adolescence, vers mi des années 1950.

Angleterre pour apprendre l’anglais :

Puis mes parents trouvèrent une meilleure solution : m’envoyer pour de longs séjours en Angleterre pour apprendre l’anglais, ce qui me fut utile pour toute la vie ! Je fis donc des séjours de un à trois mois :

  • par un organisme qui organisait des séjours de langues pour un mois, j’y allais en bateau pour traverser la Manche
  • puis dans directement dans des familles durant 3 mois, et je prenais l’avion pour la deuxième fois, mais seule.

Il y eut un nouvel essai de m’emmener avec eux, mais ils y invitèrent en plus mes deux cousines (filles de ma tante qui habitait Reims) et nous allâmes à Argelès-sur-Mer où ils avaient louer une maison pour un mois.

Mon premier voyage seule en 1963 : la Yougoslavie

Je me souviens qu’une année je partis avec quelques ami-e-s à Arcachon, j’avais autour de 18 ans, et c’est là que je perdis ma virginité, d’une manière simple et naturelle…

Pour l’été 1963 ils me permirent de choisir un voyage.

Je choisis un voyage en caïque sur la cote Dalmate… j’en reparlerai dans un billet spécifique car c’est là que je rencontrais mon mari (pour mon malheur).

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Nota bene : chaque sujet de ce billet sera repris pour des développements spécifiques car je prends le parti de traiter des sujets plutôt que strictement chronologique qui ne pourrait qu’être incompréhensible.

(1) j’ai fait une analyse aussitôt après la mort de ma mère en 1985…jusqu’en 1991.

Visite et révélations à Rome années 1950

rome antiquite et moderne

Visite et révélations à Rome

Années 1950, alors qu’en France les tickets de rationnement avaient arrêté d’être le seul moyen d’acheter de la nourriture, mon père voulut faire connaissance avec la famille de sa femme résidant à Rome. Il nous y emmena en voiture.

Je découvris la famille dont était originaire ma mère, Alda, par sa mère, Anita, qui l’avait quitté fin du 19ème siècle

Je ne me souviens pas des gens, mais uniquement de l’appartement qui me parut immense et des sols en marbre qui brillaient ! Mais comme c’était l’été tout était assombri pour se protéger du soleil qui tape à Rome, sud de l’Italie.

Secours d’Enrico années 1920 à 1930

rome antiquite et moderne
rome antiquite et moderne

Là, par Enrico, le frère cadet de Anita, ma grand-mère qui était morte dix ans auparavant, ma mère apprend qu’il l’a secouru  durant les années 1920 à 1930, à l’insu du reste de la famille au milieu de laquelle il vivait, lorsqu’elle se retrouva abandonnée par son mari avec trois enfants à charge. (je rappelle que Anita repartit pour l’Italie années 1930 avec son fils cadet).

Ma mère n’avait sans doute pas encore réfléchi à la situation de sa mère, Anita, quand elle s’était retrouvée abandonnée par son mari années 1920.

Alda, adolescente à ce moment, n’avait pensé qu’à elle-même. Fille ainée elle avait un rôle majeur : aider sa mère dans ses tâches ménagères et d’éducation des plus jeunes, Olga et Giordano. Si bien qu’elle n’alla pas souvent à l’école.

Sa mère a du lui paraitre égoïste dans son désespoir de femme abandonnée, alors qu’elle-même était privée de son père et qu’il lui manquait gravement.

Anita devait être dans un état de dépression non diagnostiquée et encore moins soignée, peu encline à accomplir les tâches quotidiennes (1) d’une femme seule en charge de 3 enfants, qui devaient s’étager de 8 ans, 10 ans, 13 ans pour ma mère quand elle quitta le foyer familiale.

Enfant j’ai accompagné ma mère en Italie à la sortie de la guerre, puis années 1950

Ma mère fut bouleversée durant plusieurs jours, voire semaines : elle s’était comporté comme une fille (10/14 ans) égoïste ne pensant qu’à sa condition personnelle à qui il manquait un père, et qui n’allait plus à l’école…

Elle se le répétait tout haut, prenant les autres à témoins, comme pour s’assurer qu’elle comprenait toutes les répercussions à postériori d’une telle information. Moi, sa fille cadette, en a gardé un souvenir marquant, par exemple ma mère en parlant devant tout le monde dans le métro parisien…

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(1) pas de machines électriques à l’époque pour laver le linge, la vaisselle, etc…

René mobilisé en août 1939

réfugiés français sur la route de l'exode, 19 juin 1940

Déclaration de la guerre en août 1939

René est mobilisé

La France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l’Allemagne début septembre 1939. La mobilisation générale a été décrétée dès août 1939, René est mobilisé.

La guerre commence par une série de défaites aux Pays-Bas, en Belgique, au Luxembourg et dans le Nord de la France le 10 mai 1940. Les Belges, Luxembourgeois, Hollandais quittent leur maison et leur pays et traversent le Nord de la France puis Paris pour se diriger vers le Sud, sans but défini sinon fuir les Allemands qui avancent très rapidement et occupent chacun de ces pays.

Défaite sur la Somme en juin 1940

Après la défaite sur la Somme de juin 1940 les Parisiens s’agrègent à cette cohorte, la grossissent, trainant eux aussi des charrettes, des vélos chargées de matelas, vêtements, nourriture, voire sur leur dos : Sur Wikipedia on peut lire :

L’exode de 1940 en France est une fuite massive de populations belges, néerlandaises, luxembourgeoises et françaises en mai-juin 1940 lorsque l’armée allemande envahit la Belgique, les Pays-Bas et la majorité du territoire français pendant la bataille de France, après la percée de Sedan. Cet exode est l’un des plus importants mouvements de population du XXe siècle en Europe.

troupes britanniques et civils belges route louvain bruxelles 12 mai 1940
troupes britanniques et civils belges route Louvain Bruxelles 12 mai 1940
réfugiés français sur la route de l'exode, 19 juin 1940
réfugiés français sur la route de l’exode, 19 juin 1940

La sœur de Alda descend de Reims avec ses filles

La sœur de Alda descend depuis Reims, accompagnée de ses filles, âgées de 10 et 2 ans, retrouve Alda accompagnée de sa fille Micheline âgée de 9 ans et prennent la route de concert toutes les cinq. Les foules sont apeurées, fuyantes, désorientées. Elles subissent sur les routes les bombardements des avions tant allemands que ceux des alliés qui leur répondent. Elles s’arrêtent en Sarthe où un couple les accueillent dans deux ou trois pièces disponibles, à la seule condition de coopérer aux tâches quotidiennes.
Micheline, 9 ans, doit faire le ménage !

Micheline en garda un très mauvais souvenir. Elle raconta toute sa vie qu’elle devait faire le ménage et que l’hôte passait son doigt sur les meubles et les portes, pour vérifier qu’il ne restait pas de poussière. Micheline avait 9 ans. Sans doute qu’elle n’avait encore jamais fait le ménage de sa vie ! Elle l’apprit là, un peu rudement sans doute. Cependant Micheline se rattrapa largement adulte quand elle devint mère de sept enfants…

On peut remarquer que ce ne fut donc pas l’exode qui « traumatisa » Micheline, mais de faire le ménage pour la première fois de sa vie ! Ainsi Micheline ne garda aucun souvenir de l’exode, des bombardements sur les routes, du manque de nourriture… apparemment juste une histoire de poussière sur des meubles !

…À moins que ce ne fut qu’un souvenir écran à d’autres souvenirs bien plus traumatisant.

René et Alda mariés viennent vivre à Paris 1930

asnieres plan

Première installation dans la banlieue parisienne : Asnières

Mariés René et Alda viennent habiter à Asnières, banlieue nord-ouest de Paris.

asnieres plan
asnieres plan

Une fille, Micheline, nait dès mai 1931, le 31, elle restera fille unique jusqu’à la mi de la seconde guerre mondiale, une seconde fille, moi, naitra le 8 décembre 1941.

Ni René ni Alda ne sont démonstratifs de leurs émotions ni de leurs sentiments. La pudeur ? les interdits ? les mœurs de l’époque ? les mœurs de leurs milieux d’origine ?

  • René est introverti, il parle peu.
  • Alda aime s’occuper de son intérieur, bien que s’y ennuyant parce que seule toute la journée, étant habituée à avoir des collègues, ou ses frères, sœurs et mère avec qui échanger. La TSF vient enfin lui tenir compagnie.
  • Lui travaille beaucoup, la journée à son emploi, le soir à ses cours, peu disponible pour l’échange avec son épouse.

Années 1930, années de chômage du à la crise économique mondiale, René fut soucieux pour sa famille. Les emplois sont rares.

Enfin il trouve un emploi de dessinateur dans un bureau d’études. Son employeur comprend vite qu’il a un potentiel et lui confie des premiers calculs béton en tant qu’ingénieur béton armé : piscines (piscine Molitor), bâtiments, ponts, réservoirs, silos pour le blé. René rapporte des calculs à faire le soir à la maison, penché et concentré sur ses plans et sa règle à calculs il manque d’attrait.

Mais René ne tient pas en place et sait se distraire : le dimanche avant midi ou en début d’après-midi, il se lève brusquement de sa table et emmène épouse et fille se balader sur les Grands Boulevards. Ils s’arrêtent dans un café pour boire un café, un verre de vin, voire une coupe de champagne, regarder les passants et commenter leurs aspects. Ils vont au cinéma ou dans les guinguettes des bords de Marne de la banlieue parisienne pour danser. Ils aiment tourner au son de l’accordéon puis s’asseoir au bord de la rivière calme où la verdure resplendit.

Aménagement dans un appartement à Vanves

Un peu avant la seconde guerre mondiale, ils trouvent un meilleur logement dans la banlieue sud ouest à la frontière de Paris dans le même département de la Seine, Vanves.

Vue d'ensemble d'une partie de Vanves nord
Vue d’ensemble d’une partie de Vanves nord

Il est au 6ème étage sans ascenseur dans un immeuble long de sept bâtiments identiques, sur le devant un tennis et plusieurs plates bandes de fleurs entretenues. Deux concierges en famille, un à chaque bout de l’immeuble, disposent chacun d’un logement.

Le nouvel appartement loué comporte quatre pièces tout confort, il est au sixième étage sans ascenseur.

  • Un couloir central part de l’entrée et distribue à gauche : une chambre, qui sera celle des parents, toujours fermée à clé,
  • le petit couloir qui mène aux WC, la salle de bains qui débouche sur la cuisine, le tout bordé par un balcon orienté au Nord et d’où on peut voir la Tour Eiffel et assister aux feux d’artifices.
  • À droite on entre dans le salon qui s’ouvre sur une petite terrasse continuée par un balcon orienté au Sud d’où on domine les collines de la banlieue, ce même couloir s’ouvre à droite sur la salle à manger, qui est ouvert sur le salon, ces deux pièces formant séjour,
  • puis une deuxième chambre, qui sera celle des filles
  • la cave, au sous-sol, sera utile pour stocker le charbon durant la prochaine guerre et s’y réfugier durant les alertes aux bombardements,
  • Il a le chauffage central par l’immeuble, sauf durant la seconde guerre mondiale.

Le salaire de René est devenu plus conséquent ils peuvent maintenant louer ce logement moderne, grand et confortable.

1930 Alda se marie avec René

le champ de bataille de 1916 conserve encore aujourd'hui la trace des impacts d'obus

René épouse Alda à Reims en 1930

René (1) a eu le coup de foudre pour Alda (2). René (3) avait rencontré Alda à la guinguette proche du domicile de la famille où elle était femme de chambre.

Jeune fille gaie, heureuse de vivre, mince, la tête auréolée de ses cheveux noirs frisés, Alda avait une élégance naturelle. Elle dansait d’instinct, René plus raide, lui marchait sur les pieds.

Elle comprit vite qu’il l’ouvrait à un avenir qu’elle ne pourrait envisager sinon, vu sa condition de femme de chambre dans une maison bourgeoise, de plus son âge de 21 ans allait bientôt la faire considérer comme « vieille fille » car non encore mariée.

Il était dans les mœurs de l’époque que les filles de condition modeste travaillent en attendant le mari idéal, pas d’autre choix quand on n’a plus de famille ; mœurs qui resteront jusques années 1960. Elle pouvait envisager un ouvrier qualifié, un employé de magasin, un serveur dans un restaurant, enfin quoi un homme d’une condition juste au-dessus de la sienne.

Elle avait eu un premier amour, originaire de la petite bourgeoisie de Reims. Il s’était tué en moto. Elle ne l’oubliera jamais vraiment.

René est inattendu pour Alda

Alda comprend vite qu’il a de l’ambitieux pour son avenir. René s’est formé à l’emploi de dessinateur par cours du soir et travaille dans un bureau d’études ; il continue à prendre des cours le soir au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) à Reims pour obtenir le diplôme d’ingénieur en bâtiment et travaux publics en trois ans.

Lui la qualifiait de « oiseau qui attend sur la branche ». Il était donc visible qu’elle attendait que la vie lui propose autre chose que son présent et son passé, assez lourd. Tous deux sont confiants en leur avenir.

René était destiné par son père à devenir serrurier en bâtiment, c’est à dire à fabriquer des ouvrages en fer forgé pour la décoration extérieure et intérieure des bâtiments, tels que les balcons, les rampes d’escalier et aussi pour la structure des ponts. C’était un métier d’art, un beau métier. La condition familiale ne pouvait envisager des études autres qu’une orientation rapide vers un métier pour gagner sa vie. Mais René veut plus, il est ambitieux, il a des capacités et le sait, et surtout le travail est déjà le guide de sa vie et le restera toute sa vie.

Reims et la grande guerre

Sa famille est originaire de la campagne rémoise, le père (c’est à dire mon futur grand-père), qui n’a pas été blessé durant la Grande Guerre, est représentant pour un grossiste alimentaire. Il parcoure les campagnes et les villes dans une voiture à cheval qui contient le stock des marchandises qu’il vend ou va livrer à sa clientèle. Lui aussi a un sacré caractère : il aurait mordu son cheval, à moins que c’était un mulet ou un âne, à l’encolure parce qu’il refusait d’avancer.

le champ de bataille de 1916 conserve encore aujourd'hui la trace des impacts d'obus
le champ de bataille de 1916 conserve encore aujourd’hui la trace des impacts d’obus

Reims et toute la province ont été le front de la guerre par trois fois : décembre 1914, septembre 1915, avril 1917. La province rémoise gardera les blessures des trous de bombes dans tous les prés et les bois durant plusieurs dizaines d’années. La terre ne fut plus jamais plane, comme déchirée à tout jamais, les paysans trouvaient sans cesse des morceaux de métal, une grande partie de la province fut interdite à la pénétration, trop dangereuse, une bombe non éclatée pouvant être touchée à tout instant. La cathédrale de Reims fut en partie détruite et la ville meurtrie.

Mon père m’emmena, enfant, voir les dégâts dans les bois et les anciens champs, courant des années 1950 : je fus impressionnée par les blessures qui restaient comme à jamais.

Mon père, né en mars 1906, avait de 8 à 12 ans durant cette guerre. Il n’avait pas été laissé vivre à la campagne, mais était hébergé chez sa marraine dans la ville de Reims. Il n’en a pas gardé de traumatisme, au contraire il me racontait comment, avec ses camarades, ils récupéraient les douilles des balles pour en faire des jeux, et comment il aimait glisser sur une planche qu’il avait surmonté sur des roues récupérées parmi les restes des armes. Il gardera toute sa vie de l’affection pour cette marraine qu’il ne manquait pas d’aller visiter, avec nous, à chaque Toussaint, à la ferme qu’elle tenait dans la campagne rémoise, une fois la paix revenue.

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(1) le nom de mon père est double ce qui ne simplifie pas la compréhension d’autant que je n’ai jamais connu l’origine de ce changement, donc :

  • Son nom de baptême est Maurice, mais il se fit appeler toute sa vie : RENÉ !

je vais donc m’attacher à le nommer René tout au long de mon histoire !

(2) née Magnani

(3) Stasse nom que j’ai repris à la suite de mon divorce officiellement en 1973, mais j’avais quitté mon mari, Jean-Jacques Porchez, le 1er janvier 1970.

Giovanni trompe sa femme et la quitte années 1920

interdit aux chiens et aux italiens

Giovanni trompe sa femme Anita

Vers les années 1920, Giovanni va avoir une nouvelle relation stable avec une autre femme que la sienne ; dans la famille il est dit « avec la bonne » : vrai ou faux ? Le couple avait-il les moyens de salarier une employée de maison ? Quoiqu’il était plus courant que maintenant qu’une famille nombreuse, même modeste, emploie une servante, les tâches ménagères, surtout avec quatre enfants, étaient plus lourdes que maintenant.

Giovanni quitte le domicile conjugal pour aller s’établir avec elle à Reims, on ignore là encore pourquoi Reims, réputé pour son vin, mais la Champagne est avant tout une terre agricole pauvre.

électricien à son compte à Reims

Dans cette ville il s’établit électricien à son compte ce qui comporte à la fois réparations, installations et commerce, et y initie son fils aîné qu’il a emmené avec lui. Ce fils, Giovanni continuera le métier, le petit fils continuera aussi, mais il mourra à 30 ans d’un accident d’avion, trop jeune pour perpétuer le métier.

Niveau de vie de Anita très bas

Alors que la vie quotidienne matérielle de Anita s’était améliorée depuis la fixation du couple aux alentours de Montargis, elle va brutalement devenir une sorte d’enfer.

Anita se retrouve seule avec à charge trois enfants puisque Giovanni est parti avec l’aîné. Elle n’a aucun moyens de subsistance.

Elle écrit à son frère cadet, Enrico, qui va la secourir financièrement en cachette du reste de la famille romaine, ce qui confirmerait l’hypothèse qu’elle aurait fui sa famille à la fin du 19ème siècle ou tout début du 20ème.

Alda fuit et va voir son père à Reims

Alda se rend à Reims pour retrouver son père, vers l’âge de 15/18 ans, donc encore mineure.

Adulte elle en avait encore un souvenir ébloui. Il l’a gâta tant et plus, lui offrant de beaux vêtements, la recevant chez lui.

Mais cela ne dura que quelques mois, car la nouvelle compagne s’en révéla jalouse et fit en sorte que cette fille, qui finalement dérangeait sa relation de couple, ne fut plus gâtée ni reçue par son père.

Alda s’est-elle enfuit vers son père à Reims uniquement pour le voir et combler un manque affectif ? ou aussi pour fuir, une ambiance malsaine, comme sa propre mère qui s’était enfuie de Rome ?

Car quand son père refusa de la recevoir Alda ne revint pas à Montargis, vers sa mère. N’était-ce pas ce qui aurait été le plus naturel pour une adolescente qui devait avoir autour de 15 ans ?

  • À moins que quelque chose l’en empêcha ?
  • Alda vécut-elle durant son adolescence une relation incestueuse avec sa mère ? l’inceste est la plupart du temps héréditaire, se répétant de génération en génération.
  • On peut le poser en hypothèse : quand elle s’était retrouvée seule à Reims, le réconfort et soutien de sa mère eut été le plus naturel.
  • Anita reproduisit-elle ce qu’elle aurait subi dans sa jeunesse par sa propre mère ?
  • L’inceste maternel avait-il commencé depuis plusieurs générations ?
  • La situation de Alda suppléante d’une mère dépressive et abandonnée par son mari, la livrait à sa mère… ce que Alda a fuit !

Alda prend un emploi de femme de chambre

Se retrouvant seule à Reims et n’y connaissant plus personne, Alda trouve un emploi de femme de chambre.

La seule collègue dont elle me parla était la cuisinière qui la conseillait pour sa vie de jeune fille.

Il manque des informations car habituellement dans une maison bourgeoise il y a aussi une gouvernante et une bonne.

Elle ne dit pas par quel moyen elle trouva un tel emploi. Peut-être a-t-elle pu faire valoir son expérience de fille ainée dans sa famille ?

Le racisme en France vis à vis des Italiens

Issue d’une famille d’immigrés ma mère ne me parla jamais du racisme qui pourtant était vif vis-à-vis des Italiens.

À partir de la fin du 19ème siècle la France commença à avoir besoin de bras supplémentaires pour son industrialisation.

Ainsi commença les immigrations polonaise et italienne.

Les immigrés italiens souffrirent particulièrement dans le Sud Est (Savoie) et le Sud (Nice) d’un racisme violent se caractérisant par des sortes de chasse à l’homme par les Français pour dissuader les Italiens « de prendre leur travail », alors que l’industrie et même les campagnes avaient besoin de ces bras supplémentaires.

interdit aux chiens et aux italiens
interdit aux chiens et aux italiens

Ces chasses à l’homme firent des morts parmi les Italiens.

Ce racisme accompagna la croissance de l’immigration italienne bientôt remplacée par les Algériens à partir des années 1950.

Les Italiens furent le plus gros contingent d’immigrés en France durant trois quart de siècle (1).

Les paysans étaient rivés à leur terre depuis la découverte de l’agriculture , mais du fait de sa modernisation elle avait besoin de moins de bras, les paysans devenaient ouvriers dont le nombre augmentait d’année en année depuis la forte industrialisation du milieu du 19ème siècle (Napoléon le 3ème, ou « le petit » selon Victor Hugo), et ils étaient amenés à chercher un emploi à travers toute l’Europe.

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1 – Voyage en Ritalie, Pierre Milza, 1993, : de 1921 à 1931, chaque année arrive en France un contingent de 200 000 à 380 000 Italiens en France. 1931 année record de la présence italienne en France on peut avancer le chiffre d’un million d’Italiens (sur un total de 3 millions d’immigrés) présents sur le sol français. À cette date la France devance les États-Unis en matière d’immigration.