Introvertie et dyslexique 1951-1958 base de mon instabilité

Dyslexique

Personne n’avait jamais entendu parler de la dyslexie.

Dans mon souvenir de l’âge de 6 ans à l’âge de 12 ans, du cours préparatoire à la classe de 5ème, toutes mes dictées étaient barrées de grands traits rouges avec annotation négative écrite gros en rouge, pour les autres élèves les notes et appréciations étaient écrites en bleu,

Mais ce souvenir cauchemardesque vient d’être éclairé par un carnet de notes de 1948 à 1949 qui me classe « bonne élève »

Ce ne seraient qu’à partir du lycée, soit la 6ème, que mes dictées furent truffées de bien plus que les 10 fautes déjà trouvées excessives. Plus tard, à partir de la 3ème, je fus aussi excellente dans l’analyse du sens des textes.

voici un exemple concret de l’effet de ma dyslexie à l’âge de 18 ans quand j’ai découvert Freud…

À l’oral je n’étais pas mieux

Je bégayais, ne retenant pas les textes à apprendre, qui d’ailleurs m’ennuyaient ; cette autre difficulté à l’oral dénotait que dans ma famille je n’avais pas l’occasion de m’exprimer, que personne ne prêtait attention à ce que j’aurais eu à dire, les trois autres membres de la famille parlaient entre eux abondamment, ne faisant aucune interruption pour me poser des questions sur mes journées par exemple. Ce n’est qu’à partir de la 3ème que je commençais à m’exprimer oralement uniquement avec mes camarades de classe, de plus je montrais une propension à les écouter des heures durant.

Introvertie

J’étais donc une introvertie, mais l’étais-je de naissance ou par la force de l’environnement familial dans lequel j’étais, puisque aucun espace ne m’était laissé pour raconter ma journée, émettre quelqu’avis que ce soit. J’avais de plus l’unique choix de me montrer gaie, inconsciemment je devais savoir que si j’étais triste c’eut été pire encore, et mon orgueil naturel ne me permettait pas de montrer quelque infériorité que ce soit, face aux trois « grandes personnes » qui m’entouraient.

N’étais-je atteinte de dyslexique que dans le cadre de la scolarité ?

carnet de notes de 1948 1949
carnet de notes de 1948 1949

À moins que mon défaut n’était que de la dysorthographie ? Plus jeune j’aimais écrire en miroir, soit de droite à gauche et non de gauche à droite. Suis-je une gauchère contrariée ? J’avais d’autres symptômes qui avaient été pris en compte à la gymnastique : mon pied d’appel étant le gauche il fallut me mettre de l’autre côté de la corde sinon je m’emmêlais les jambes et les pieds et je tombais. Ainsi la seule personne qui le prit en compte par la force des choses fut la professeur de gymnastique à partir de la 6ème, et malheureusement ne le communiqua jamais aux autres enseignants. Mais elle fut trop observatrice de mon corps et, alors que j’avais à peine 10 ans, elle me reprocha mon buste plat sans aucun soupçon d’une quelque naissance que ce soit de poitrine et me demanda si j’étais bien nourri, soupçonnant que j’avais un corset, me classant devant toutes les autres filles de « rachitique » !

Entrée en 6ème au lycée

Étant née en décembre j’étais rentrée en 6ème à l’âge de 9 ans ½, soit beaucoup trop jeune et immature. Âge aussi auquel je fis ma première communion étant la plus petite des communiantes en taille. Mais bientôt je les rattraperai toutes et les dépasserai en taille.

Je faisais aussi du latin dès l’entrée en 6ème, dont un an de redoublement, puis en 5ème. Il est à remarquer que j’ai retenu toute ma vie cette base qui me fut si utile pour la compréhension du français, je m’y référais sans cesse pour tout nouveau mot, ou pour mieux écrire d’après le sens d’origine du mot latin. Donc je n’étais pas si nulle que l’indiquait mes dictées, ou que le jugeaient mes enseignants. Je ne comprendrai jamais pourquoi j’ai été si freinée dans mon évolution scolaire ce qui m’handicapa toute la vie, et induisit pour la vie un certain comportement.

Toute ma vie j’ai pu bricoler ou laver les vitres au choix de la main gauche ou de la main droite, ce qui est un avantage. Mais écrire de la main gauche était interdit du temps de ma scolarité, peut-être que sinon j’aurais eu un niveau normal en orthographe ?

Dyslexique base de mon instabilité à vie…

Cependant ce qu’il faut bien appeler un handicap, la dyslexie, eut pour conséquence une totale instabilité. En effet aucune école n’accepta de me garder plus d’un an à partir de la 5ème alors que j’avais redoublé la 6ème.

Et ma mère de quémander auprès de telle nouvelle école ma rentrée, pourtant obligatoire : aucune école ne voulait de moi.
Un éclair se produisit en 3ème grâce à l’algèbre que je trouvais jubilatoire, et dont je me passionnais. Mais cela était totalement insuffisant pour plaire à une école ! J’aimais aussi la chimie, un peu la physique.

Mais toutes ces matières quel intérêt pour une fille ? J’eus été un garçon peut-être qu’on aurait été plus indulgent avec moi, donnant tout espoir pour mon avenir dans le technique. Pour une fille personne n’y pensa. De toute façon mon avenir était écrit d’avance : attendre le mari puis avoir des enfants. Tel était le seul avenir envisageable pour une fille.

J’ai ainsi égrené :

  • lycée,
  • cours complémentaire,
  • école religieuse,
  • école privée,
  • école à bac.

Ce parcours instable et de rejet permanent orienta tout mon avenir de jeune fille puis de femme. Il me fallut acquérir seule une confiance en moi par d’autres voies.

J’ai donc fréquenté :

  • Lycée de Sèvres pour la 6ème et la 5ème où je me rendais en train, puis à
  • l’École complémentaire de Chaville en bicyclette pour la 4ème et la 3ème.
  • Une autre école située à Versailles je repris le train pour la 2de,
  • Une école privée à Paris pour la 1ère où je me rendais par le train. Ce n’était que le début de mes allées retour à Paris que je commencerais à fréquenter pour mon plaisir.

Au moins changer constamment d’école me donna une autonomie de mouvements, j’appris tôt à me déplacer seule et par des moyens de transports divers.

Dans

  • l’école complémentaire j’étais avec des élèves qui n’étaient pas de ma classe sociale, et à mon insu, j’appris beaucoup de leur mode de vie, ce qui me servira toute la vie : je savais ce qu’était la différence entre les classes sociales dès la classe de 3ème : les logements étroits, sans salle de bains, les cloisons fines, les chambres pour trois enfants, ou plus, les odeurs dans les cages d’escalier. Bien que je ne connus le terme « classes sociales » qu’une fois adulte
  • Puis je fus mise dans une école religieuse catholique. Mal s’en trouva car j’étais justement en pleine remise en question, depuis l’âge de 12 ans, de ma croyance en Dieu. Je rechignais à me confesser comme nous en avions l’obligation, j’avais beau chercher je ne me trouvais pas de « péchés », et n’osais pas ne pas effectuer les prières qui m’étaient prescrites car elles devaient être effectuées aussitôt à la vue de tous dans l’église.
  • À l’école à bac de Paris je fis un peu d’italien pour la 1ère fois, et je rencontrai ma première amie avec laquelle nous parlions des heures entre autre dans les longs transports en commun…

Le temps où j’étais une croyante fervente était passé,

  • vers 15 ans j’étais dans une situation intermédiaire : déiste, n’osant encore être simplement athée, j’en expliquerai la raison dans un autre billet…

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