Je reprends études, emplois, lectures, j’apprends le bridge 1965

Reprises de mes études

Au début de mon mariage j’avais entrepris des études d’économie en fac en tant qu’auditeur libre puisque je n’ai pas le bac. Je les abandonne suite à la naissance de mon fils, Jean-François, le 4 décembre, dans une clinique du 20ème arrondissement.

En guise de remplacement à mes études d’économie, j’entreprends des cours de comptabilité par correspondance avec le CNT. J’obtiendrai mon premier diplôme : un CAP de comptabilité.

Je regarde les westerns le dimanche après-midi avec mon mari devant la télévision de ses parents, y prenant goût, m’identifiant aux hommes, rêvant de m’habiller comme eux surtout avec ces vareuses qui s’ouvraient sur le côté.

J’apprends à jouer au bridge les samedis et dimanches soir en compagnie de deux amis de Jean-Jacques. J’eus une brève aventure avec l’un d’eux en semaine durant l’après-midi, alors que Jean-Jacques travaillait.

Mes lectures : littérature, histoire, psychanalyse

Je continuai à lire, plus que jamais, de la littérature, découvrant de nouveaux auteurs, j’approfondis mes connaissances en psychanalyse en particulier en lisant Wilhelm Reich.

Jean-Jacques me fit découvrir le plaisir de chiner les bouquinistes des quais de la Seine ou chez ceux du centre ville de Paris. Intéressé uniquement de politique il m’initie à l’histoire sous un angle exclusivement politique et révolutionnaire (France, URSS, Chine) dont il commence à collectionner les ouvrages.

Je découvre enfin l’ampleur de la persécution des juifs (1) durant le nazisme par un livre témoignage sur Treblinka. Les premiers témoignages parurent au milieu des années 1960, jusque là personne ne s’y était vraiment intéressé en France.

En Allemagne, courant des années 1960, des procès sont instruits contre le personnel politique et les fonctionnaires qui avaient participé activement au régime nazi et étaient restés en place depuis la seconde guerre mondiale. Une purge est effectuée à tous les niveaux de l’État.

Emplois

Parallèlement je recommence à travailler, mais à mi-temps.

Je suis embauchée en tant que secrétaire d’avocat chez Me Jean-Paul Clément avant notre voyage en Chine.

Question ménage

Étant donné qu’il ne fallait pas espérer trouver une place dans une crèche, j’embauchais une jeune fille recrutée à l’Alliance française. Celle-ci est japonaise, et m’informe qu’elle aime faire le ménage : tout à fait étrange pour moi, car j’ai toujours détesté cela.

De plus je trouve qu’il n’y avait aucune raison pour que ces tâches soient réservées aux femmes, par exemple je mets les chemises de Jean-Jacques en machine à laver, mais s’il veut qu’elles soient repassées il n’a qu’à le faire lui-même, je les accroche soigneusement sur un cintre pour leur séchage, la suite n’est plus mon affaire.

Cependant j’ai vite compris que je ne peux compter en rien question ménage de la part de Jean-Jacques !


(1) je sais que cela parait surprenant actuellement, et pourtant personne n’en parla avant que l’Allemagne commença, enfin, à faire le tri dans son « armée » de fonctionnaires qui avaient pour leur grande majorité collaborés au nazisme. J’avais commencé à apprendre l’ampleur des camps en lisant un livre témoignage sur Treblinka, durant ma relation avec Jacques Abran, qui m’avait emmené voir le film de Alain Resnais Nuit et Brouillard, faute de quelques explications…

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