Jean-François Porchez, mon fils, de 6 à 10 ans

Rentrée scolaire d’octobre 1971

J’ai repris des études à la faculté de Vincennes, en histoire, à la rentrée d’octobre 1971. Du fait que je continue à travailler pour gagner ma vie, je prends ces cours le soir. Ainsi mon fils, Jean-François va se retrouver seul. Je décide donc que le mieux pour lui serait la pension, mais pas n’importe laquelle !

Montessori à Montgeron

Je décide que le mieux pour lui est la meilleure stabilité qui soit dans la meilleure école possible : je choisis Montessori.

Je cherche celle de Montgeron avec l’aide de ma mère qui nous conduit en voiture. D’une part je n’ai pas les moyens d’acheter ni d’entretenir une voiture, d’autre part j’ai passé le permis plusieurs fois durant mon mariage, mais sans résultat !

Donc armée d’un plan je l’aide à se diriger, car ma mère n’a aucun sens de l’orientation ! J’y inscris mon fils facilement, son père payant la pension de 100frs de plus par mois que la pension alimentaire, soit 600frs, je le reprends le week-end.

Malheureusement au bout d’un an son père refuse de payer ce supplément de 100frs, moi ne pouvant prendre ce supplément à ma charge, et je dois encore changer mon fils d’école et déménager…

Ce refus par son père Jean-Jacques, eut une conséquence néfaste : continuant mes études à Vincennes je laissais mon fils seul le soir. Certes je le faisais manger avant de partir, puis le couchait. Son père l’eut laissé à Montgeron il ne se serait pas trouver seul le soir… aurais-je du, moi, arrêter mes études ?

  • C’est la question de l’autonomie de la femme qui est posée là. Jean-Jacques Porchez a tout fait pour m’empêcher de conquérir mon autonomie !

Dons manuels innés de Jean-François

Il continue à confirmer ses dons manuels :

Je l’ai, depuis sa prime jeunesse, encouragée à construire des Lego, constructions qui le passionnaient.

À l’occasion de la fin d’année on lui avait offert un petit circuit de train électrique. Alors il commence à construire, chez sa grand-mère où il y a de la place, un circuit de trains électriques. Il adhère à une association où sont majoritairement des adultes. Il en est passionné et rivalise avec eux. Il gagne même, une année, le premier prix. Il faut être méticuleux, soigneux, imaginer des trajets, des paysages, l’esthétique rentre dans les capacités nécessaires. Sa grand-mère, ma belle-mère, habite seule, depuis la mort de sa mère en 1969, dans un grand appartement qu’elle a acquis dans le 14ème arrondissement.

Heureusement la mère de Jean-Jacques prend souvent Jean-François le week-end, mais elle le gâte trop, cela m’agace un peu car c’est du genre à courir après lui « armée » d’un yaourt pour qu’il veuille bien être nourri à la becquée !

Un jour elle me demandera si son fils ne se serait pas mal conduit avec moi du temps du mariage… car elle vient de découvrir une lettre de sa fréquentation actuelle, qui d’ailleurs s’appelle aussi Annie, qui se plaint de son comportement… je lui avoue donc que « oui » ! Sans lui en dire plus… je crois qu’elle a compris quelque chose, mais je ne saurai jamais exactement quoi.

Mauvaise orientation de Jean-François après la CM2

Arrivé en fin de CM2 le directeur de l’école primaire de Jean-François lui refuse le passage en 6ème prétextant qu’il est forcément déséquilibré puisque sa mère est divorcée… il l’inscrit donc d’office, contre l’avis des autres instituteurs, dans une classe pour les débiles mentaux légers, qui s’appelle « allégée ».

Je me bataillerai, en adhérent à une association de parents d’élèves, durant deux ans pour qu’il reprenne des classes normales… La position de ce directeur d’école démontre que le divorce n’est pas encore accepté. Ses informations sur le divorce restent-elles bloquées sur les chiffres des années d’après guerre qui montrent que c’était le mari qui demandait le divorce motivé par l’adultère de sa femme ? Par contre quand il sera fait des études sociologiques sur les conséquences sur les enfants : le divorce est préférable au maintien d’un mariage conflictuel, il peut même être vécu comme un soulagement par les enfants.

Mon divorce et ses conséquences

Il y eut donc au moins deux conséquences funestes du fait de mon divorce :

  1. La mauvaise orientation scolaire de Jean-François par un directeur d’école
  2. et un compagnon qui voulait m’épouser, refus par sa famille

Années 1970 une femme divorcée était considérée comme une mauvaise femme, de mauvaises moeurs, en fait je ne sais quoi exactement car cela parait totalement insensé !

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