Mon père de 90 ans en maison de retraite -2

Faut-il nourrir votre père de force ?

, hors de la chambre de mon père, se présentent à moi un infirmier et un médecin. Ces soignants veulent connaitre mon sentiment sur l’attitude à adopter concernant l’alimentation de notre père :
– Faut-il nourrir votre père de force ? ce que votre sœur veut absolument…
Je suis choquée qu’on puisse se poser une telle question, n’a-t-il pas fourni assez d’effort depuis une quinzaine de jours en refusant de s’alimenter ? Ne montre-t-il pas sa détermination irrévocable ?

Je réponds spontanément ce qui me semble le simple bon sens et surtout le respect de l’autre :

  • – Il a choisi sa mort, le moindre égard que l’on puisse avoir de lui est de respecter sa décision, et donc évidemment non il ne faut pas le nourrir de force…

Ce qu’ils respecteront…

Mais ma sœur m’a volée ce dernier contact essentiel avec mon père…

Il mourut en février. Son enterrement eu lieu dans la banlieue parisienne Ouest où sa femme, ma mère, avait été enterrée quelques années auparavant. Je repartis donc faire huit cent km aller puis retour, en pratiquant à nouveau le même régime d’hôtels et de repas que la première fois.

Ces quatre allers-retours eurent pour conséquence que je me retrouvai interdite bancaire car je ne pus pas assurer à temps les couvertures des chèques que j’avais émis.

La Banque postale patienta quelques mois. Mais les agios couraient et ne faisaient qu’aggraver ma situation. Pour chaque chèque impayé on me mettait de lourdes amendes instituées pas la banque. Elles ne firent que m’enfoncer un peu plus.

Je finis par arriver à honorer tous les chèques mais la Banque de France exigeait de telles taxes pour me permettre de retrouver mes droits que j’abandonnais la partie. De plus les débiteurs ne me firent jamais parvenir les preuves de mes paiements qu’exigeait la Banque de France, malgré mes demandes réitérées. Je n’avais donc plus qu’à accepter d’être interdite bancaire pour cinq ans.

Durant l’enterrement mon fils ne jeta aucun regard à quiconque, ni n’adressa la parole à aucune personne présente , et ma sœur n’oublia pas de me sortir quelques amabilités…

J’avais assisté ainsi que ma sœur, début des années 1990, par obligation légale, à l’inventaire fait par Drouot de tous les biens contenus dans l’appartement de nos parents, quelques mois après le départ de mon père pour la maison de retraite située à Niort ville proche de chez ma sœur qui habitait dans sa maison de La Crèche. Je n’en reçus jamais l’état , je ne pouvais qu’en déduire que ma sœur et son mari s’étaient appropriés tous les biens qu’il contenait par quelque malversation dont Drouot fut complice : meubles (fauteuils – de toutes dimensions et styles – , divan, canapé, liseuses, armoires, buffet trois portes, bibliothèque, tables grandes et petites, bureau, chaises, lutrin, etc), tableaux souvent de valeur et/ou d’époque, vaisselle et objets de décoration abondants, linge souvent mal entretenu à ma grande surprise. Mais je ne suis pas retournée chez ma soeur depuis des dizaines d’années. Elle eut la « bonté » de me faire parvenir un chèque de 10 000 Francs peu d’années plus tard, qui me rendirent bien service, en guise de « dédommagement » de tous ces biens meubles, à part les vêtements de notre mère dont elle me fit cadeau, mais que je ne pus garder …

En 2022 un scandale éclate

Il est depuis longtemps public que les personnes âgées sont maltraitées dans les EHPAD , tout le monde en à l’air choqué sans plus, les gouvernements successifs n’ont aucune action pour améliorer leur sort quotidien. Le scandale qui éclate en janvier 2022 concerne un groupe privé fondé en 1989 par Jean-Claude Marian, neuropsychiatre, :

Orpea

Ayant un soupçon, je cherche sur le net et il m’est ainsi confirmée que la maison de retraite dans laquelle ma sœur avait mis notre père fait parti de cette chaine. Ainsi une question reste en suspens : mon père s’est-il suicidé parce qu’il était maltraité ? et une affirmation : ma sœur a mis notre père, en bonne santé et tout à fait valide, en maison de retraite pour rentrer en possession de l’appartement dans lequel il vivait et dont il l’avait fait l’héritière et en retirer le bénéfice sonnant et trébuchant en le revendant. Et prendre possession de tous les biens qu’il contenait. Les dix mille francs qu’elle m’avait fait parvenir furent pour se déculpabiliser… mais n’étant accompagné d’aucun décompte je ne peux qu’en déduire qu’elle en tira un bénéfice confortable…

Suicide de mon père de 90 ans en maison de retraite -1

Mon père en maison de retraite

Mon père vit dans une maison de retraite à Niort depuis une quinzaine d’années, loin de tous ses plaisirs et connaissances parisiens, où ma sœur l’a fait déménager pour prendre possession de son appartement de Viroflay qu’elle revendit à son bénéfice, comme le partage d’héritage fait par notre père l’avait décidé, et s’approprier tous les meubles et vaisselles.

J’exprimai mon désaccord de cette décision : je pensais qu’il aurait été mieux pour lui qu’il ait une aide à mi temps ou à plein temps dans son domicile.

On m’informe par écrit que mon père est à l’agonie

Je me rends donc aussitôt à la maison de retraite où séjourne mon père. Non sans quelques difficultés financières. C’est à six cent kilomètres de chez moi et on ne campe pas en Charente au mois de janvier. Je restai quelques jours en me logeant dans les hôtels les moins chers qui soit : les 1ère classe. Me nourrissant dans les Mac Do et les sandwicheries. Je savais qu’en me rendant pour quelques jours à Niort je me mettais en danger de devenir interdite bancaire. Je ne regrettai jamais ce choix.

Arrivée dans la maison de retraite de mon père je demande à voir une responsable. Des sœurs catholiques ou protestantes sont présentes dans cette établissement.

J’obtiens tout de suite un entretien. J’avais besoin de cet échange, car moi athée, je ne sais quelles paroles tenir à mon père au seuil de la mort. Dois-je lui parler de Dieu ?

Puis on me conduit à son chevet. En bonne santé générale à l’âge de 94 ans, mon père a arrêté de se nourrir pour en finir avec la vie. Aucun autre moyen n’existait et n’existe toujours pas quand un humain ne veut plus vivre. Depuis plusieurs jours il a été fixé une sonde dans le nez de mon père pour l’hydrater d’un liquide sucré.
Il a gardé toute sa lucidité et est d’une maigreur impressionnante.

Pour la première et seule fois de ma vie je lui caresse les mains, le cou, les joues. J’essaye d’instaurer un dialogue, et tout à coup je suis interrompue par ma sœur qui entre dans la chambre sans frappée. Je lui signifie que je veux être seule avec notre père.

  • Elle me répond que non :
    – jamais je ne te laissera seule avec lui !
    Je suis indignée, mais veux éviter un esclandre devant un agonisant.
  • …Puis ma sœur sort précipitamment de la chambre et je l’entends hurler dans les couloirs :
    elle veut le tuer, elle va le tuer…

Ma sœur m’accuse

Je la suis dans le couloir pour stopper sa folie. Elle me crie, plutôt qu’elle ne parle, qu’elle ne veut pas que j’informe notre père de l’inceste que j’ai subi.

Quelle idée malsaine a-t-elle ? Est-elle persuadée que je veux informer mon père à l’agonie de ce que ma mère m’a infligée ? J’apprends ainsi dans la même minute qu’elle a pris en compte mon traumatisme dont je l’ai informée par circulaire, ainsi que mes cousines, quelques années auparavant, et qu’elle en est elle même choquée. Je n’ai pas fait parvenir cette circulaire à mon père, volontairement, ne voyant pas l’utilité de lui procurer un tel bouleversement.

Une responsable a-t-elle téléphonée à ma sœur pour l’informer de ma présence ? Tout ceci était-il préparé à l’avance avec la connivence des employés, qui certes ne pouvaient pas prévoir la réaction de ma sœur, ni ne connaissaient le contexte familial, elles n’en pouvaient savoir que ce que ma sœur et sa famille avaient pu lui en dire. Par contre les minutes qui suivirent montrèrent que les soignants connaissaient bien le caractère intransigeant de ma sœur…

voir la deuxième partie