Premier amour Jacques et découverte des camps nazis 1959-1963

Après plusieurs flirts, toujours innocents, gardant mon corps pour le mariage, comme était le non-dit de ma famille mais très ferme, je décidai de me séparer de cette virginité qui me paraissait encombrante, voici comment les événements s’enclenchèrent :

Premier amour : Jacques

Le premier homme qui compta dans ma vie fut Jacques Abran

Il était étudiant à la faculté de droit de Paris, place du Panthéon. Moi je terminais une année de sténo dactylo pour apprendre un métier en attendant un mari, après mes années de classes toutes catastrophiques.

découvertes culturelles

Avec Jacques c’était un peu différent d’avec les flirts précédents : nous parlions livres et films, nous allions manger dans les Wimpy, que j’avais fréquenté en Angleterre et qui venaient de débarquer en France, ou dans d’autres gargotes où nous mangions aussi des frites. Il fut le premier garçon avec qui nous faisions un peu plus que rester des heures sur un lit pour nous embrasser.

Il m’emmena voir des films « esthétiques » du réalisateur russe Eisenstein :

  • le Cuirassé Potemkine,
  • Octobre,
  • Alexandre Nevski.

Toujours l’après-midi, j’étais censée rentrer pour le repas du soir.

Découverte des camps nazis

signes distinctifs des catégories de détenus dans les camps de concentration
signes distinctifs des catégories de détenus dans les camps de concentration

Il m’emmena au cinéma voir Nuit et Brouillard. Seulement il ne m’expliqua rien si bien que je ne compris rien. Je n’étais pas encore informée des camps de concentration ; tant l’Allemagne que la France (et sans doute le monde entier) avaient tiré un rideau d’oubli sur les horreurs des camps et de l’extermination des Juifs, pour l’Allemagne ce n’est qu’années 1960 que des procès ont eu lieu contre tous les fonctionnaires encore en place depuis le nazisme.

Je ne le fus qu’en 1965 par la lecture d’un livre sur Treblinka., dont j’ai oublié l’auteur et la couverture, donc je ne peux vous en donner la référence, alors que je suis sûre de la date : c’est une date inoubliable, pour moi, la découverte des camps.

Perte de ma virginité

Un jour il eut un geste qui me choqua : il essaya de baisser la fermeture éclair de ma jupe. Je partis en courant. Et ne le revis plus.

J’appris plus de 10 ans plus tard qu’il m’avait écrit :

  • ma mère avait ouvert mon courrier et le garda sans m’en informer.

Toujours le non-dit, d’autant que quelques mois plus tard je revins vers lui pour lui demander le service de me débarrasser de ma virginité. Il accepta. Il avait tout soigneusement préparé sur un grand lit : serviettes éponges étendues. Cependant je n’avais aucun désir, il fit le mieux qu’il put mais il ne se passa rien.

L’été je partis, avec l’accord de mes parents, sur le bassin d’Arcachon avec une bande de copains. Et là je perdis ma virginité. Nous dormions à trois dans le même lit, une fille, moi et un garçon.

À la rentrée je montais un scénario pour passer les nuits de samedi à dimanche à Paris, avec mon nouveau flirt, Louis, surnommé Loulou, juif lui aussi.

Une fille vint plaider auprès de mes parents que rentrer le samedi soir était difficile du fait que le dernier train de banlieue était à minuit trente et que nos sorties se prolongeaient bien plus tard dans la nuit, elle proposait de m’héberger la nuit chez elle, en fait je la passais chez Loulou.

Le pot aux roses fut dévoilé par moi, au cours d’une conversation durant laquelle mes parents me demandèrent des nouvelles de cette fille…

  • je ne l’ai pas vu depuis…

Il était trop tard ils avaient compris que je n’étais plus vierge …

  • comment ça tu ne l’as pas vu ?

…scandale, je ne trouverai plus jamais de mari … !

J’eus interdiction de sortir le soir.

Curieux que tout le « mauvais » ne pouvait donc ne se faire que le soir ? jamais l’après midi ? Je contrevenais à cette fausse idée en draguant l’après-midi.

Ma relation avec Loulou s’était terminée brutalement, peu m’importait finalement, même si j’étais vexée de ma maladresse, je ne l’aimais pas, il n’était que le prétexte pour « vivre ma vie » comme moi je l’entendais : Libre. La perte, la seule, avait été celle de Jacques.

Voyage sur le côte Dalmate

Après six mois d’interdiction de sorties le soir, mes parents m’offrir le voyage de mon choix pour le mois d’août. En fait, je commençais à le réaliser, pour eux le problème le plus important était qu’ils fussent sans moi l’été, pour leurs vacances en couple ! J’étais encore un peu dupe, croyant juste qu’ils voulaient me libérer !

Je choisis un voyage en caïque le long de la côte Dalmate. C’était l’été 1963 et il allait bouleverser ma vie pour toujours.

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