Jean-Jacques Porchez antisioniste mère juive mort 22-02-2023

jean jacques porchez a cuba mars 1964 buste

Qui était Jean-Jacques Porchez ?

De mon point de vue, moi qui le connus à l’été 1963, à un moment où il était encore dans la gloire d’avoir fait du soutien au FLN en tant que porteur de valise commencé à son adolescence (il est né en juillet 1938) jusqu’en 1962 (mars 1962 : indépendance de l’Algérie), je le connais « à l’envers », c’est à dire non en tant qu’homme glorieux, mais dans son mal être : il parlait difficilement, il était timide, il bégayait, en un mot il était mal dans sa peau, le fait qu’il était accompagnateur lui permettait d’avoir un rôle et donc le protégeait.

jean jacques porchez a cuba mars 1964
Jean-Jacques Porchez a Cuba en mars 1964

 

Et d’ailleurs il portait des lunettes teintées foncées pour que son regard ne soit pas « clair » pour les autres, il le voilait pour cacher quelque pensée ou sentiment qui pourrait « déborder » ! car il n’était « que » myope aucune raison médicale pour se voiler ainsi la vue…

Je ne savais rien de la politique à l’époque : il m’y initia en quelques minutes !

Antisioniste

Mais mon propos ici, et vu l’actualité de la guerre de Netanyahou contre le Hamas, est de parler du principal : son antisionisme. J’en ai dit quelques mots à propos d’une discussion au moment de la guerre des 6 jours.

Je vais ici vous expliquer ce qu’est l’antisionisme, au risque de vous surprendre, car peu de gens en parlent sinon par exemple dans un article du Monde diplomatique, voir aussi un billet de blog sur Mediapart.

Le peuple juif n’existe qu’en tant que « croyants », il n’existe pas d’ethnie juive, pas plus qu’il n’y a d’ethnie française, ou italienne ; Y a-t-il une ethnie chinoise ? pas plus ! Mais il y a une ethnie Han, et c’est à partir de ce fait que Xi-Jinping opprime tout ceux qui, d’après lui, ne font pas parti de la Chine…

… donc l’ethnie « juive » n’existant pas être sioniste n’existe pas non plus ! Le sioniste n’est possible que du point de vu des croyants et pratiquants de la religion juive…

Jean-Jacques Porchez étant athée, logique avec lui même (et fidèle à la tradition familiale remontant à sa grand-mère émigrée de Saint-Pétersbourg en 1905) il ne pouvait qu’être antisioniste.

Ce qui pose, vu l’actualité un énorme problème à tous les gouvernants, dont Macron, qui refusent l’Histoire et font la confusion entre antisioniste et raciste… sentiment qui ne peut exister contre un peuple qui n’existe pas !

Jean-Jacques Porchez se fait réformer de son service militaire 1963

clinique laborde vue du ciel

Mais avant de pouvoir se marier Jean-Jacques Porchez devait effectuer son service militaire.

Le service militaire en France années 1960

Certes la Guerre d’Algérie était terminée depuis juillet 1962, mais le service militaire ne s’arrêta pas pour autant.

Après avoir été de 30 mois durant cette guerre, il ne fut réduit à 16 mois que le 21 décembre 1963.

Du fait qu’il avait été travailler en Algérie en tant que professeur de physique chimie :

Après avoir passé deux certificats de physique-chimie, alors qu’il en fallait trois pour obtenir la licence, il s’était fait embaucher en tant que professeur pour une année scolaire par le nouveau gouvernement de l’Algérie libérée de la colonisation française depuis le 5 juillet 1962. Soit pas par la coopération française où le salaire eut été plus confortable mais le sens politique opposé.

… il n’avait pas terminé ses études puisqu’il lui manquait un certificat pour être reconnu professeur. Il n’avait aucune intention de terminer ce diplôme puisqu’il s’était engagé vers le tourisme, métier qu’il exercera au moins une dizaine d’années.

Citations de Wikipedia :

Le , la durée du service est ramenée à 16 mois, par décret. La notion d’objection de conscience est introduite dans une loi et les scientifiques du contingent font leur apparition en tant que tels.

Le , la loi Messmer, du nom du ministre des Armées, indique que le service n’est plus seulement « militaire » mais « national ». La loi prévoit quatre formes de service national : un service militaire, un service de défense, la coopération dans un pays étranger et l’aide technique dans les départements et territoire d’outre-mer. Le statut d’objecteur de conscience est défini comme une variante clairement codifiée du service national. Les conseils de révision sont remplacés par les centres de sélection et les « trois jours »

Il ne peut pas échapper au service national mais il se refuse à faire ce service. Alors il doit trouver une solution !

La clinique La Borde et Félix Guattari

clinique laborde vue du ciel
clinique laborde vue du ciel

Parmi ses camarades de militantisme il a des relations qui vont pouvoir l’aider. Ceux-ci le mettent en contact avec la Clinique de La Borde. Là il va pouvoir se faire réformer pour un déséquilibre mental monté en connivence avec Félix Guattari, psychiatre, engagé à gauche.

Réformé par les armées

Le service national de la réforme militaire délègue un médecin pour connaitre ses maux et le réformer définitivement : le voilà libre.

Ma vie bascule : je me politise

francis jeanson

Alors tout bascula.

Jean-Jacques Porchez s’engage

Après avoir passé deux certificats de physique-chimie, alors qu’il en fallait trois pour obtenir la licence, il s’était fait embaucher en tant que professeur pour une année scolaire par le nouveau gouvernement de l’Algérie libérée de la colonisation française depuis le 5 juillet 1962. Soit pas par la coopération française où le salaire eut été plus confortable mais le sens politique opposé.

Soutien clandestin du FLN de Jean-Jacques Porchez adolescent

Et il me parla de la guerre d’Algérie qui m’avait à peu près échappée.

Chez moi on n’en avait jamais parlé, je n’avais qu’entendu à la radio les informations de bombes et violences diverses sans en comprendre le sens.

Il m’expliqua comment, à partir de ses années au lycée Buffon où il avait eu des contacts, il avait fait du soutien au FLN clandestinement en France et pour lequel il avait été condamné à la prison. Il avait fait partie du réseau Jeanson, des « porteurs de valise », c’est à dire qu’ils transportaient les fonds collectés auprès des Algériens habitant en France pour financer la guerre en Algérie, qu’on peut appeler de résistance, contre l’occupant colonisateur, la France.

Un procès ouvert le 5 septembre 1960 condamna Algériens et Français qui y avaient participé. Sa peine avait été parmi les plus légères puis amnistiée, d’autres furent condamnés jusqu’à 10 ans, dont Francis Jeanson, le créateur, en 1957, de ce réseau, condamné par contumace à 10 ans pour haute trahison.

francis jeanson
francis jeanson

Il entama, pour m’instruire, un réquisitoire contre la colonisation et pour la liberté des Algériens.

Je me politise par transfert

Le mot « liberté » avait pris un sens particulier pour moi depuis peu

Mes parents avaient vu la perte volontaire de ma virginité comme une infamie parce que fille je ne pourrai plus me marier honorablement. Pour me signifier leur désapprobation ils m’avaient interdit de sortir, sauf pour continuer à me rendre à mon emploi.

J’avais vivement ressenti cet enfermement, connaissant une liberté de mouvements et d’actions depuis au moins mes 9 ans ½, âge auquel j’avais commencé à prendre le train, bien qu’auparavant j’allais déjà seule à l’école primaire, et pouvais fréquenter qui je voulais en dehors de l’école.

Sans doute les avais-je déçue, nos parents étaient sans aucun doute convaincus, que bien que ne nous faisant pour ainsi dire jamais la morale, la manière de se comporter dans un cadre moral allait de soi. Ce n’était jamais vraiment dit, leur exemple semblant être l’évidence. Ils étaient tous deux honnêtes, droits, non racistes.

Quoique la « droiture » appliquée par ma propre mère vis-à-vis de moi était sujet, dans l’ignorance de son mari, à contestation. En fait elle m’avait incitée à développer ma liberté pour me préserver d’elle, pour trouver ailleurs mon mode de vie hors de son influence malsaine.

De plus j’avais ouvert mes lectures à Sartre qui parlait sans cesse de liberté, et bien que je n’avais personne avec qui exercer quelques réflexions philosophiques que ce soit, et que j’avais perdu la fréquentation de Jacques qui aurait été le seul avec qui j’aurais pu avoir ce genre d’échanges. N’ayant pas suivi la classe de philosophie, j’avais essayé de m’y initier seule en me procurant les livres scolaires de la classe de philosophie.

Ainsi Jean-Jacques arrivait à un moment charnière de ma vie

Il me proposait une nouvelle morale : militer. Bien que j’étais loin d’envisager les répercutions que cela aurait sur toute ma vie, voire d’en comprendre le sens, le mot « militer » n’ayant sans doute même pas été prononcé. En cette période je n’avais pas encore compris que la vie de Sartre était « engagée ».

Ainsi notre relation commença sur une méprise ou ce qu’on pourrait plutôt appeler « mon transfert« .

  • La liberté désirée pour ma vie quotidienne je la généralisais à la liberté d’un peuple : les Algériens.

Mais n’est-ce pas le cas de la plupart des militants ?

  • Quand il s’agit de colonisation qu’on ne subit pas soi-même mais contre laquelle on se mobilise le « bon cœur » n’est pas suffisant. Il y a toujours la mise à la place de l’autre par le raisonnement intellectuel qui devient philosophique quand il s’applique au général et se transforme en mode de vie dans sa relation à tout autre.

C’est ainsi que j’envisageais maintenant qu’il s’applique à tout, dont ma vie quotidienne. Bien que je ne le raisonnais pas encore clairement, c’était une évidence instinctive puisque le mode vie idéal que j’essayais de m’appliquer en était la base.

Mais pour cette dernière il y eut maldonne dans la suite de ma relation avec Jean-Jacques, lui, ne l’appliquait qu’à un peuple, non aux personnes les plus proches de lui, la suite de sa vie allait le démontrer.

Pour tous les intellectuels français engagés dans cette idéologie il comporte aussi le rapport à l’Histoire. Timide puis oubliée il y avait eu une première protestation au début de la colonisation de l’Algérie au 19ème siècle, tant par les Algériens eux-mêmes que par des « intellectuels » français, mais elle prit son ampleur à partir de la fin de la seconde guerre mondiale. La guerre d’indépendance des Algériens avait commencé en 1954, et prit le nom, en France, de « événements d’Algérie », « guerre d’Algérie » ne fut adoptée qu’en 1999.

Jean-Jacques m’incita à faire un deuxième aller/retour sur ce caïque, cette fois dans deux couchettes superposées, gratuitement, soit pris en charge par le tronc commun ! Sans doute avec l’accord du capitaine… en parla-t-il un jour au voyagiste organisateur de ce tour ? Et mes parents les en informais-je ? sans doute !

1963 Jean-Jacques Porchez mon futur mari

accompagnateur de voyages

Je vais vous décrire Jean-Jacques Porchez tel qu’il était lorsque je l’ai connu à l’occasion de mon voyage sur la cote Dalmate, alors qu’il en était l’accompagnateur.

Jean-Jacques Porchez accompagnateur

accompagnateur de voyages
accompagnateur de voyages

L’accompagnateur se nommait Jean-Jacques et venait d’avoir 25 ans.

Il effectuait cette navigation depuis plus d’un mois, soit déjà 3 ou 4 allers/retours. Ainsi il avait eu le temps de connaitre l’environnement, il put nous y initier, compte tenu que le capitaine et le cuisinier ne parlaient que le croate.

Nous allions effectuer cette modeste odyssée entre des îles de toutes dimensions et d’aspects variés, depuis l’île désertique inhabitée constituée de pierres grises jusqu’à l’île à l’abondante végétation où se nichait des villages de pêcheurs toujours attractifs, et ne croiser que deux grands ports : Split (ex Spalato), port industriel, et Dubrovnik (ex Raguse).

Le capitaine et l’accompagnateur pêchaient armés d’un fusil pour nous rapporter des daurades ou d’autres poissons que nous préparaient le cuisinier. Ils initièrent quelques passagers à cette pêche, quoique certains pratiquaient déjà cette technique, peut-être même que c’était la raison pour laquelle ils étaient là ! Je ne faisais que me baigner au large.

Jean-Jacques s’intéresse à moi

Bientôt Jean-Jacques s’intéressa plus particulièrement à moi.

  1. Moi : Je crois que je devais être la seule fille « célibataire » soit disponible. Mon aspect physique était agréable, j’étais mince, culture de la famille Stasse !
  2. Lui :`Il avait l’aura d’un accompagnateur, mais physiquement sans aucun attrait, selon mes critères, de plus une tendance que dans ma famille on aurait qualifiée de « gros » ! Beaucoup de cheveux, non coupés depuis plusieurs mois, qu’il enroulait curieusement autour de son crâne. De plus je remarquais une légère tendance au bégaiement.

Une fin d’après-midi, après une fête assortie de grillades, alors que nous nous retrouvâmes pour ainsi dire seuls assis sur le pont, il entreprit de me parler de lui. Sans doute qu’il commença, par politesse, par me poser quelques questions sur ma propre vie. Je ne dus pas lui en dire grand chose, introvertie par nature, bien que souriante, par contre une tendance à l’écoute qui commençait à se développer.

>>>>>>>à suivre pour connaitre ce qu’il me fit découvrir et qui fit basculer ma vie pour toujours : la politique, et plus précisément le soutien au FLN (Front de Libération National de l’Algérie).