Emplois et formation années 1972-1975 : IFM et IFOCOP

points de vente

Institut français du merchandising

Après ma dizaine d’années de secrétaire d’avocats (1), qui avaient commencé en 1964 (2), j’avais été engagé en tant que secrétaire dans une association : IFM – Institut français du Merchandising.

J’ai été la secrétaire de cet institut (en association) de 1971 à 1973. Nous étions deux employés un homme qui s’occupait de l’organisation des rencontres entre producteurs et distributeurs, et moi, la secrétaire, qui s’occupait de sa gestion et des contacts entre distributeurs et producteurs.

L’inventeur (ou l’initiateur) en France était Massagne, son collaborateur principal Masson. C’est Massagne qui initia les pièces de 1 franc sur les chariots, qui permirent ainsi que les chariots soient rangés et non plus laissés abandonnés dans le plus grand désordre dans l’air de parking des grandes surfaces.

Dans tous les cas j’affirme qu’il fut le « créateur » de la formule française de cette « science ». Il écrivit des livres.

Ils m’emploient comme dupe pour faire le bilan

Cet institut a été liquidé en 1973, années où Pictet, le directeur (et créateur) de Points de vente hebdomadaire, a décidé qu’il n’y trouvait pas son compte, et que son hebdo pouvait remplir à lui seul les informations concernant les producteurs et distributeurs. Cela se passa ainsi :

Après avoir vu le directeur d’Intermarché (Les Mousquetaires) licencié par téléphone devant notre assemblée de responsables de la distribution et de la production, réunie, il est décidé qu’une réunion aura lieu pour « voter » et savoir si cette association perdura.

Moi la secrétaire, ils m’ont laissé dupe, et m’ont demandée de faire un calcul de rentabilité, et de l’exposer devant eux réunis spécialement à cet effet.

J’ai donc devant un grand tableau noir alignée les chiffres et les idées …j’avoue que j’ai oublié lesquelles…  mon but était de démontrer que cette association avait un avenir. Et comme il était prévu, à mon insu, ils ont fermé l’association dans les jours suivants ! …

Pictet m’embauche

points de vente
points de vente

Mais Pictet me trouvant une employée à ne pas « perdre » il m’engage dans un poste, créé pour moi, de ventes de pub à des petits commerçants (La France alimentaire) puis il a fermé ce journal (3)

J’étais rentable… alors il m’a transférée dans « Point de vente » où le responsable de pub ne faisait plus rien ! Place impossible… qui s’est mal terminée pour moi : je fus licencié car j’avais mon franc parlé face à ce responsable paresseux.

Chômage de 6 mois

Je me retrouve donc au chômage, et un peu désorientée car le chômage n’est pas « mon truc ». Je cherche des emplois, des formations permanentes… À l’occasion d’un entretien avec une employée de l’ANPE (Agence nationale pour l’emploi) elle m’incite à devenir fonctionnaire… j’avoue que je ne le sens pas. En fait la stabilité à vie dans un même emploi ne me tente pas, je pense que je m’y ennuierai. J’ai besoin de changer pour apprendre dans des emplois variés, une manière de substitution à mon handicap de scolarité « ratée ».

Formation 9 mois IFOCOP

icocop rungis
IFOCOP Rungis actuellement, années 1970 le bâtiment n’existait pas, c’était quelques pièces réparties dans Rungis

 

J’ai fini par être intégré à une formation à l’IFOCOP, pour perfectionner la gestion d’entreprise. Cette formation durait 9 mois à mi-temps, une moitié se faisant en stage d’entreprise. Je finis 3ème.

Mon but était de ne plus jamais être secrétaire… mais femme il ne m’était pas proposé d’autres sortes d’emploi à responsabilité…

je décidais d’ouvrir ma propre entreprise… à suivre !

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(1) j’avais aussi travaillé dans le tourisme, peu de temps, dans l’entreprise de mon mari.

(2) j’ai commencé à travailler à 18 ans

(3) je croisais là la première personne atteinte du SIDA (VIH) ; j’en avais entendu parler, mais n’en savais pas grand chose sinon que cette maladie était mortelle (à l’époque) et que c’étaient les hommes homosexuels qui en étaient atteint, tout au moins c’était l’état de notre savoir de l’époque.

Famille de ma sœur, Micheline : pratique du protestantisme intégriste

jean calvin

La pratique du calvinisme par la famille de ma sœur

Mon beau-frère était protestant calviniste pratiquant, lisant la bible tous les soirs, et bien sûr allait au temple tous les dimanches avec ma sœur et leurs enfants.

Il était contre toute contraception, sauf la méthode Ogino. Qui leur réussit si bien ! Ma sœur approuvait et appliquait cette mesure.

Quoique début des années 1970, vers l’âge de 40-45 ans, ma sœur m’avait dit qu’elle refusait tout contact sexuel avec son mari, qu’elle en était désintéressée ; « si jeune » me disais-je ? Pour moi la sexualité est vivante jusqu’à la mort. Comme pour le boire et le manger, la sexualité manifeste que l’Humain est en vie. L’abstinence ne peut qu’être une décision volontaire, en général par orientation spirituelle.

Années 1980 ils avaient de concert été chercher une de leur fille, Élisabeth, largement majeure, qui était partie en Martinique avec un amoureux, pour la ramener à la maison. Je ne connais pas la suite de l’histoire, mais l’allée retour Martinique avait fait date dans la famille. Pauvre jeune femme qui avait voulu fuir sa famille et que sa famille rattrapait pour la ramener dans le droit chemin pour une fille !

jean calvin
jean calvin

Information de la pilule contraceptive à ma sœur

Début des années 1970, échangeant, à l’époque, librement avec ma sœur, je l’encourageais à prendre la pilule. Elle était déjà la mère de sept enfants.

Mon argument fut que moi-même je la prenais depuis 1965 sans effet particulier ; quoique je me faisais aussi poser un stérilet pour faire une pose de la pilule, mais n’entrais pas dans les détails de ma vie sexuelle, l’important était d’avoir une contraception efficace, ce qui n’est pas le cas de la méthode Ogino, ni d’ailleurs de l’autre possibilité du retrait qui stoppait l’acte d’amour de son aboutissement, quant au préservatif il ne peut qu’être occasionnel.

Je me souviens parfaitement que j’avais parlé de la pilule devant mon beau-frère et qu’il m’avait prédit les pires maux. Il se targuait de savoir de quoi il parlait puisqu’il était médecin.

Sauf qu’il était dans une spécialité tout à fait pointue : le diabète des enfants. Il s’agissait d’une opinion morale qu’il propageait comme d’un savoir médical. Il oubliait que sa femme, ma sœur, avait été enceinte 8 fois produisant naturellement une quantité d’hormones bien plus importante que ne peut le faire une simple pilule, sans compter la déformation du corps, puis le quotidien d’une telle mère de famille nombreuse qui n’avait pas une minute pour une quelque vie personnelle qui soit.

Mon beau-frère pense qu’une femme célibataire doit rester abstinente de tous rapports sexuels

Ce qui était exigé de moi par mon beau-frère, sans jamais me le dire, c’est l’absence de tous rapports sexuels avec quiconque, l’abstinence totale, parce que j’avais quitté mon mari, puis divorcée.

Que je dise prendre la pilule, alors que j’étais divorcée, avait choqué mon beau-frère qui décida que j’étais une femme de mauvaise vie.

Ainsi, depuis le début des années 1970 ma sœur et tout le reste de la famille avait décidé que j’étais une telle mauvaise femme, parce que prenant la pilule alors que j’étais célibataire, qu’il fallait arrêter de me fréquenter, évidemment sans m’en informer, sinon en m’ignorant, et faisant courir la pire opinion qui soit à travers tous les membres de la famille, mon fils compris, au fil de dizaines d’années.

De plus comme je n’avais jamais informé quiconque de la raison pour laquelle j’avais quitté mon mari, je suppose qu’ils en avaient déduis que je l’avais fait pour mener une vie dissolue. N’avaient-ils pas vu que j’avais maigri de plus de 10 kg pour cause d’anorexie ? Croyaient-ils que j’avais fait une cure d’amaigrissement ?

Il est à remarquer qu’ils avaient dès l’origine si peu d’intérêt pour moi qu’ils ne m’avaient jamais demandé le pourquoi de mon départ du domicile conjugal. Et moi d’une nature secrète, détestant me plaindre pour quelque raison que ce soit, je m’étais tue, par pudeur.

De quoi ma sœur Micheline a-t-elle été informé par son mari ?

Ma sœur avait-elle été complice d’une telle décision ? Ou avait-elle cru que c’était moi qui m’était éloigné d’elle, je ne le saurai jamais. Avait-elle approuvé son mari dans sa décision de ne plus jamais me voir, ni me parler, ni m’écrire ?
Il est en général désigné l’Islam quand on parle des mœurs exigés pour les filles et les femmes, mais il faut l’étendre aux protestants, catholiques et juifs quand ils sont intégristes (1)

Libération des femmes années 1967-1975 ?

Ainsi il faut instruire les jeunes générations que les fameuses années de la libération sexuelle des femmes, années 1967/1975, n’étaient pas aussi simples et joyeuses qu’il est imaginé ou dépeint par des non connaisseurs.

Moi femme qui vécut ces « fameuses » années, je peux témoigner que, certes je vivais dans une joyeuse illusion que enfin nous étions égales. Mais loin de là.

Il y avait non seulement l’égalité sexuelle à acquérir, dissuader les garçons qu’ils seraient les seuls à ressentir des pulsions sexuelles, comme me l’enseigna ma propre mère, ce qui me perturba beaucoup pour de nombreuses années, alors que ces pulsions ne sont pas fonction du sexe mais de l’individu ; que les salaires étaient toujours aussi inégaux et les charges familiales toujours en majorité sur les épaules des femmes.

Cette odieuse et ignoble réaction de toute ma famille témoigne que la sexualité des femmes était réservée à l’état marital et uniquement dans le dessein de faire des enfants. Rien d’autres. Et peu importait qu’ils soient musulmans, protestants, catholiques voire athées.

Pour mieux comprendre lire le billet précédent

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(1) lire La vie de Calvin, par Stefan Zweig, sous le titre Conscience contre violence, édifiant sur la rigidité du créateur du protestantisme de Suisse et France ; je présume que c’était ce genre de protestantisme qu’ils pratiquaient :

Genève est contrôlée par Calvin qui établit une sorte de régime théocratique cohabitant avec un État soumis à la volonté de la nouvelle Église. Les Genevois se voient alors interdire les chapelets, les crucifix, et toutes sortes de règles d’austérité leur sont imposées

Famille de ma sœur, Micheline, fils dépressif : suicide ?

Je vais à Niort voir ma sœur début des années 1970

À partir de ma séparation, en 1970, d’avec mon mari, Jean-Jacques Porchez, je repris contact avec ma sœur, Micheline, en allant la voir à Niort où elle habite avec sa famille, avec Jean-François, mon fils, quand il ne passe pas l’été avec sa grand-mère à Trouville, sur la côte Fleurie ; la dernière fois que j’avais vu Micheline, était à Paris au début de l’année 1964, alors que ma grossesse était à son début.

Je fais connaissance de ses six enfants. L’un, Gilles, me parait avoir des difficultés d’intégration dans la fratrie. En effet il est doué de ses mains, plus particulièrement pour la mécanique des motos dont il manifeste une passion. Le fils ainé de la famille, Emmanuel (1), sévère, rigide, a des relations difficiles avec lui, le mettant en boite, le moquant parce que « non intellectuel ».

Dépression non soignée de Gilles

Peu à peu Gilles tombe dans une dépression, non diagnostiquée et donc non soignée, dormant le jour vivant la nuit. Finalement ce fils cadet, adepte de Bob Marley qu’il écoute surtout la nuit, prenant son petit déjeuner vers 15heures de l’après-midi, trouve un emploi dans une commune du département où il doit se rendre en voiture. À son retour il a un accident mortel sur une ligne droite de la route, en percutant un arbre.

Moi je pense qu’il s’est suicidé mais je le garde pour moi. Par contre j’écris à ma sœur de longues lettres de compassions faisant référence à Dolto, à la sororité. Je vais à La Crèche où ils ont une vaste résidence secondaire, pour assister à son enterrement, faisant 1000 km aller-retour. Personne ne m’y parle, mais je n’y prête pas trop attention, ils ont d’autres soucis !

Aucune réponse à mes courriers réitérés

Par contre je ne recevrai aucune réponse à mes courriers. Durant des dizaines d’années, quand un événement familiale nous fait nous côtoyer, je demande à ma sœur pourquoi elle n’a jamais répondu à mes lettres…

  • « quelles lettres ? » me répond-elle.

Ce sera une énigme pour moi jusqu’à ce que je finisse par découvrir les raisons de ce silence qui s’aggravera au fil des années…

Il s’écoulera plusieurs dizaines d’années avant que je finisse par comprendre pourquoi toute la famille de ma sœur, généralisé à tout le reste de ma famille qui pense le plus grand mal de moi sans me connaitre (dont cousines et cousins à tous les degrés que je n’ai pas vu depuis ma petite enfance), jusqu’à mon propre fils, à partir des années fin 1990 début 2000.

J’avais cru avoir eu un peu d’échange affectif avec un ou deux de ses enfants (dont Élisabeth), les frères et sœurs de mon beau-frère que j’avais côtoyé durant mon adolescence (2). Ma sœur parle facilement… pour me démolir auprès d’une famille que je n’ai plus jamais vu sinon entrevu à de rares occasions durant ma petite enfance …et qui donc ne me connait plus et ne peut rien savoir de ma vie.

Eurêka : je comprends pourquoi ce silence

C’est à l’occasion, en 2015, d’une énième lettre destinée à ma sœur pour demander pour la ixième fois le pourquoi ce silence de ma famille entière qui m’ignorait qu’enfin je comprendrais. La lettre que j’écrivais était un peu comme une bouteille à la mer. L’ultime essai avant ma mort ou la sienne.

Après 40 ans de ce silence d’aucune réponse à aucun de mes courriers, ma lettre était un peu « nerveuse », genre « pourquoi un tel mépris, pourquoi cette méchanceté, ce silence ? »

Quelques jours après l’envoi de cette missive je reçus mon courrier en retour, mon adresse écrite sur une nouvelle enveloppe de l’écriture de mon beau-frère. Je me dis que le mépris était tel qu’ils refusaient même tout courrier de moi et me le faisait savoir en le retournant sans mot d’accompagnement, tel quel.

Puis je reçus un appel téléphonique de mon beau-frère m’informant qu’il avait écrit une réponse mais s’était trompé de lettre dans l’enveloppe, et commenta :

  • « je ne peux pas délivrer ta lettre à Micheline ».

Sur le moment je le pris comme il paraissait être ponctuellement et n’y pensais plus. Il me fallut une quinzaine de jours pour envisager l’ampleur de la signification de la réaction de mon beau-frère.

Censure de tous mes courriers à ma sœur par son mari

Je réalisais que, sans doute, mon beau-frère avait toujours ouvert le courrier destiné à ma sœur, que cette fois n’était pas une exception.

  • Ouvrait-il tout le courrier de ma sœur ou uniquement le mien ? Avait-il toujours jugé que je ne pouvais qu’être de mauvaise influence sur ma sœur ?

Ma sœur n’avait jamais reçu les courriers que je lui avais écrit après la mort de son fils. Elle ne pouvait rien comprendre à mes interrogations réitérées.

Ce coup de téléphone répondit en partie à mon interrogation. Ce que je ne saurai jamais c’est si ma sœur était complice, si elle avait elle-même voulu ne plus rien savoir de moi, mais alors je n’en comprendrai jamais l’origine, alors que si la censure n’a pour origine que mon beau-frère je l’explique tout à fait.

Ce que j’explique dans le billet suivant…

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(1) qui avait choisi en premier métier « responsable » sur les navires marchands, dont il déchantera…

(2) et qui avait essayé de me convertir au protestantisme, sans succès ; je pris le chemin inverse : je devins athée

Pulsions suicidaires et pulsions sexuelles 1970-1973

Envahie par deux pulsions : suicidaires et sexuelles

Durant ces cinq années qui suivirent ma séparation d’avec mon mari je fus envahi par deux pulsions : pulsions suicidaires et pulsions sexuelles.

Pulsions qui peuvent paraitre contradictoires puisque l’une est une pulsion de vie, la sexuelle, l’autre une pulsion de mort.

Bien souvent certains hommes provoquaient en moi une envie presque irrépressible de faire l’amour avec eux, de me jeter dans leur bras, de ressentir leur corps par mon corps, habillée ou non n’était pas important, je ne visualisais rien, ce n’était que de l’ordre du ressenti.

Mais j’étais toujours sous la pression de l’interdit de ma mère :

Si bien que je les cachais autant que je pouvais aux hommes, et m’en sentais coupable. Dans la culture que ma mère m’avait instillée les pulsions féminines n’existent pas, bien qu’elle-même n’avait pas su réprimer les siennes propres vis-à-vis de moi, mais j’avais tout oublié (1)… ne me restait que l’interdit bien ancré dans mon corps et dans ma tête.

J’eus beaucoup d’aventures avec un tas de partenaires. Ce n’était que d’un soir ou d’une après-midi. Rares furent les aventures qui durèrent plus que quelques semaines.

Comportements des hommes

Mais j’étais toujours aux prises avec l’attente que l’homme fasse le premier geste, je m’interdisais de montrer quoique ce soit. Par chance nous étions entrés dans la culture de la permission sexuelle.

Les hommes se permettaient tout, nous reprochant, à nous les femmes, de ne pas céder à toutes leurs propres pulsions, nous devions coucher avec n’importe quel homme qui nous le demandait, et certains nous insultaient si jamais nous refusions. D’une part cela me facilitait les choses, d’autre part j’étais bien souvent choquée par leur demande pressante.

Et j’eus la chance d’être en quelque sorte protégée par le cercle surtout politique que je fréquentais, ces hommes militants respectaient les femmes.

Pulsions suicidaires

Quant à mes pulsions suicidaires elles m’envahissaient tout autant. Elles se manifestaient par une envie de mourir dans la minute, dans l’heure. Je ne pris jamais aucun médicament pour en finir. Je ne pouvais rien projeter car c’était dans l’instant que je voulais que « ça » finisse, je n’eus jamais un projet plus long que les heures ou les jours immédiats. C’était dans l’instant que je voulais mourir. Mais elles revenaient constamment.

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(1) il me faudra attendre sa mort en 1985 moment où je pus me décider à faire une analyse pour que les souvenirs me reviennent en me provoquant des hurlements de souffrance.

Années 1970 début du mouvement de la libération de femmes

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Assemblée des femmes aux Beaux-arts

Les années 1970 sont réputées comme étant celles de la libération des femmes et de la sexualité.

À l’automne 1970 premières Assemblées générales des femmes à l’école des Beaux-Arts de Paris.

Pour ma part j’assiste à l’une de ces AG aux Beaux-Arts et en repars vite car les hommes qui entrent pour y participer sont huer violemment par l’assemblée, je ne le supporte pas. Je vais voir des féministes dans un local (1), pour mieux comprendre leur démarche, là rien ne m’encouragea à poursuivre : je les trouvais sectaires.

Qu’elles aient besoin d’affirmer leur homosexualité ne me dérangeait pas, ce qui me dérangeait étaient qu’elles voulaient que ce thème devint central pour la libération des femmes.

Alors que l’homosexualité était aussi difficile à vivre, dans cette civilisation, tant pour les hommes que pour les femmes.

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Pétition « je me suis faite avorter« 

Le 5 avril 1971 343 femmes avaient signé une pétition dans le Nouvel Observateur « je me suis faite avorter » alors que la loi condamnait encore l’avortement à la prison, selon la loi de Pétain.

Par contre je participe à des réunions mixtes organisées par le PSU chez les unes ou les autres et à des stages durant l’été où chacune et chacun s’exprime.

Communauté des Cévennes et écologie

L’été je vais dans une communauté des Cévennes, avec mon fils, où je découvre le partage des tâches, l’écologie appliquée pour la culture des plantes et l’élevage des animaux. J’ai été incitée à y rester, à adhérer à leur communauté… je choisis de rester vivre à Paris où j’avais tant d’occupations. De plus le PSU se préoccupait aussi de l’écologie dans son programme politique.

Au grand malheur des Humains vivant sur la planète l’indispensable écologie (2) fut « oubliée » par les partis et hommes politiques, sans parler des industriels, durant plusieurs dizaines d’années… nous en vivons les conséquences qui ne font que commencer.

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(1) j’ai oublié où, cela peut-être dans un local ponctuel pour l’édition d’un des journaux féministes : Le Torchon brûle, l’Idiot international, Partisans n°spécial ?

(2) 11 mai 1971 manifeste de 2200 scientifiques remis aux Nations Unies

Organisation de ma vie et de celle de ma famille 1965-1970

Bases de l’éducation de mon fils : Montessori

Au retour de notre voyage en Chine notre fils, Jean-François, marche… enfin deux ou trois pas, mais c’est ce qui est appelé marcher pour un enfant, alors qu’il n’a que neuf mois !

Je l’avais laissé libre à la maison, le laissant crapahuté sur le sol comme il voulait, rampant, puis à quatre pattes. Je maintiendrai cet esprit libre d’éducation tout le long de son enfance (2)

Aussi concernant ses mains, pluséducatio particulièrement avec les Lego, plus tard.

Très vite je m’aperçus qu’il avait une faculté particulière d’adresse et d’invention manuelles.

Pour son éducation je m’inspirais d’une Italienne : Montessori dont je lisais tous les livres.

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Maria Montessori (portrait)

Elle avait inventé une méthode pédagogique au fil de ses expériences dans la banlieue pauvre de Rome, où, durant 50 ans, elle avait observé et étudié les enfants de milieux défavorisés.

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Matériels qu’inventa Montessori pour son enseignement.

Mes études et reprise d’un emploi

En guise de remplacement à mes études d’économie (1), j’entreprends des cours de comptabilité par correspondance avec le CNT. J’obtiendrai mon premier diplôme : un CAP de comptabilité.

Parallèlement je recommence à travailler, mais à mi-temps. Je suis embauchée en tant que secrétaire d’avocat chez Me Jean-Paul Clément avant notre voyage en Chine, emploi que je reprendrai à notre retour.

Étant donné qu’il ne fallait pas espérer trouver une place dans une crèche, j’embauchais une jeune fille recrutée à l’Alliance française. Celle-ci est japonaise, et m’informe qu’elle aime faire le ménage : tout à fait étrange pour moi, car j’ai toujours détesté cela.

Ma « philosophie » de la place des femmes

De plus je trouve qu’il n’y avait aucune raison pour que ces tâches soient réservées aux femmes, par exemple je mets les chemises de Jean-Jacques en machine à laver, mais s’il veut qu’elles soient repassées il n’a qu’à le faire lui-même, je les accroche soigneusement sur un cintre pour leur séchage, la suite n’est plus mon affaire.

Cependant j’ai vite compris que je ne peux compter en rien question ménage de la part de Jean-Jacques !

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1- l’économie, avec l’Histoire, seront les fondements de mes raisonnements tout au long de ma vie, sujets qui forment, de mon point de vue, la base pour comprendre et juger de la politique d’un gouvernement et d’un parti (ou d’un syndicat, ou d’une association) politique.

2- son père ne s’occupa jamais de l’éducation de son fils…

Ma sœur ainée de 10 ans ½ de plus que moi Micheline Quétin

saint julien le pauvre

Nous avons trop d’écart d’âge

Nous sommes nées dans des époques totalement différentes concernant les mœurs :

  • Elle est née en mai 1931 : époque encore traditionnelle pour les femmes, tradition qu’elle a gardé toute sa vie
  • Je suis née en décembre 1941 : la guerre commença une civilisation très différente pour les femmes, elles commencèrent à devenir plus autonomes, restées célibataires elles ne furent plus nommées « vieille fille » à partir de l’âge de 25 ans, ou « fille mère » si jamais elles avaient un enfant hors du mariage. Le Deuxième sexe de Simone de Beauvoir parut en 1949, et même si moi je ne le lirai que fin années 1960 et début des années 1970, l’influence sur les mœurs fut « révolutionnaire » !

Ainsi nous ne nous sommes jamais comprises.

Son influence durant mon enfance

Je me souviens qu’elle allait au TNP voir Gérard Philippe, elle allait danser, elle en revenait toujours pleine des bonheurs qu’elle y avait vécu, il faut dire qu’elle est extravertie, alors que je suis introvertie.

Puis elle eut une période de croyance catholique fervente, au point de faire le pèlerinage de Paris à Chartres à pied.

Elle se levait tôt pour se rendre la plupart des matins à la première messe dans son église favorite située dans le 5ème arrondissement de Paris. Une des plus anciennes et petites églises de Paris : Saint-Julien le Pauvre. Était-ce le nom qui séduisait Micheline ? car de culte grec ; ou sa beauté, lovée dans ce quartier animé de Paris, plutôt fréquenté par les étudiants des facultés alentour, elle parait comme un havre de paix.

saint julien le pauvre
saint julien le pauvre

Ce fut le modèle qu’elle me montra, bien que je n’atteins jamais cette sorte de piété. Enfant je décrochais le crucifix au dessus de mon lit pour l’allonger à côté de moi en disant qu’il avait besoin de se reposer de sa posture debout permanente, quoique cela ne prouva pas ma croyance en Dieu mais plutôt ma compassion pour autrui.

Ma sœur se convertit au protestantisme

Puis ma sœur rencontra un jeune homme, Claude Quétin, qui allait devenir son mari sept ans plus tard. Ils se fréquentèrent et attendirent sept ans avant de se marier, ma sœur restant vierge. Même pour les années 1950/1960 cette conduite était exceptionnelle. Certes lui était en cours d’études de médecine, plus sa spécialisation de pédiatre, mais ils se marièrent juste avant la fin de ses études car il eut un poste de remplaçant en province. Ce futur mari était, de tradition par sa famille, protestant calviniste, de l’Église réformée de France.

Ce qui me déstabilisa, pré-adolescente, fut que ma sœur se convertisse au protestantisme. C’était une obligation pour elle si elle décidait de se marier avec ce jeune homme. Ainsi ma sœur ainée ne sortit plus et ne nous apporta plus cette fraicheur de la culture qu’elle découvrait !

Il faut se replacer dans les mœurs de l’époque pour comprendre le choc. Les guerres de religion en France avaient eu pour cause le protestantisme, considéré comme hérétique. Cette certitude perdura longtemps dans la communauté catholique majoritaire à 80 % en France. Les Papes successifs les désignaient comme tels, encore durant mon enfance et mon adolescence. J’en fus désorientée. C’est à cette époque, vers 12 ans, que j’allais donner mon « congé » aux sœurs franciscaines du patronage que je fréquentais plusieurs fois par semaine. Elles en furent surprises et me demandèrent un entretien. Leur ai-je dis que « je ne croyais plus en dieu » ?

Un fait particulier participa à mon éloignement de ma sœur. Alors que nous nous promenions, moi, ma sœur, son futur et un de leur ami, ce dernier déclara que marié la relation sexuelle avec une épouse ne devait se faire :

  • qu’à travers un trou percé dans la chemise de nuit de l’épouse. J’en fus perturbée, bien que ne sachant que peu de chose de la sexualité, au point que ce fait contribua à m’éloigner d’avantage de ma sœur. Je n’en dis rien à personne, ma sœur ne put soupçonner le choc que je reçus ce jour-là.

Ma sœur Micheline développe sa jalousie à mon égard…pour toujours !

Micheline d’une part était jalouse de l’attention que notre mère me prodiguait, oubliant qu’un bébé, puis une enfant, suscitait forcément plus d’attentions qu’une jeune adolescente, puis jeune fille. Il est vrai que Micheline avait été fille unique durant plus de 10 ans recueillant par la force des choses l’unique attention de nos parents.

Curieusement je peux témoigner de l’inverse : je le développe dans un billet : ils parlaient tous les trois avec animation, ne prêtant pas au fait que moi je restais muette…

Notre mère fit quelque chose d’important pour Micheline :

  • elle loua une chambre à l’entresol du même bâtiment pour qu’elle ait son autonomie. Micheline après des études d’infirmière avait commencé à travailler dans un sanatorium de la banlieue où elle dormait de temps à autre. Quand elle sortait le soir tant au théâtre que pour aller danser. Cette chambre lui permettait aussi d’avoir ses horaires personnels. Il lui suffisait de monter cinq étages pour se retrouver en famille quand elle le désirait, elle pouvait sinon rester dans l’appartement des loueurs tant pour manger, dormir, vaquer à sa vie quotidienne, sans l’ennui, pour une jeune fille, d’avoir la petite sœur dans les jambes. Micheline prit-elle conscience de cet immense cadeau ? À moins qu’elle le retourna à l’envers pensant :
  • on m’a mise à l’écart de la famille ?

Cet écart d’âge ne m’explique pas pourquoi ma sœur développa une telle jalousie à mon égard durant toute sa vie,

  • allant jusqu’à me démolir auprès de mon fils,
  • m’engueulant les rares fois où nous nous croisions (par exemple les enterrements de chacun de nos parents)
  • propageant des médisances sur moi à toute notre famille habitant Reims
  • son mari m’interdit de communiquer en ouvrant mes lettres adressées à ma sœur et ne les lui délivrant pas !

Rapidement il se révéla que nous n’avions pas du tout la même conception de la vie, encore moins de ce qu’est être une femme.