Viroflay, le train, la nature 1953-1963

aspect de la foret de meudon

Emménagement dans notre pavillon de banlieue à Viroflay

Après le mariage de ma sœur à la mi des années 1950, mes parents et moi emménageons dans le pavillon que mon père avait fait construire dans la banlieue sud-ouest de Paris à Viroflay.

Il était très bien situé : proche de la forêt dite de Chaville ou Meudon, deux gares nous emmenaient au choix par le train aux Invalides,  Montparnasse, Saint-Lazare ou dans l’autre sens aux deux gares de Versailles.

Je prends le train à partir de 9 et ½

Auparavant j’allais à pied, seule, à l’école primaire.

gare de vanves malakoff
gare de Vanves Malakoff

Puis le train devint le moyen de transport que j’empruntais seule à partir de l’âge de 9 et ½ pour me rendre au lycée de Sèvres depuis la gare de Vanves, ligne de Montparnasse.

Le train devint le lieu où je passais au moins une heure par jour. Je l’empruntai

  • adolescente quand j’allais à Versailles pour me rendre à la piscine ou aux écoles privées.
  • adolescente puis jeune adulte pour me rendre à Paris pour sortir,
  • m’y promener et
  • m’informer des livres qui étaient exposés sur les étals des trottoirs devant les librairies,
  • puis pour me rendre à mes premiers emplois toujours situés à Paris ou une banlieue (à Ivry-sur-Seine pour mon premier emploi),

J’adorais ces voyages en train. J’observais les paysages changeant au long des saisons, les maisons, les jardins, les immeubles, les ouvriers qui travaillaient sur les voies. J’en connaissais chaque détail, et détectait chaque changement. Son roulis caractéristique me berçait.

En général je m’occupais à lire un livre ou quelques magazines. Ou échanger avec les compagnes de classe qui prenaient aussi ce train quotidiennement. Généralement j’avais une place assise. Ce qui devint plus difficile quand me rendant à un emploi aux heures d’affluence nous étions serrés les uns contre les autres : il fallait pousser cette masse compacte pour entrer.

Description du pavillon de Viroflay

Dans ce pavillon

  • le rez de chaussée était consacré au garage, à la buanderie, la (fausse) cave (au rez de chaussée), un lieu d’agrément, le tout entouré d’un petit jardin,
  • le 1er étage comprenait un bureau et un grand séjour en L avec une cheminée dans l’angle, mes parents y avaient leur chambre et salle de bains.
  • Ma chambre était l’une des trois chambres du 2ème étage, la salle de douche comprenant un WC, commune pour les trois chambres, où je me retrouvais donc seule.

Mon indispensable contact avec la nature

aspect de la foret de meudon
aspect de la foret de Meudon

La grande forêt de Chaville, dite forêt de Meudon, était à quelques mètres de ce pavillon ; durant toute mon adolescence je ferai de la bicyclette sur des kilomètres, parcourant les abords des étangs et traversant les villages, en général seule et heureuse de l’être.

Je retrouvais là mon nécessaire contact avec la nature qui durera toute la vie, et que j’avais sommairement initié sur le terrain vague de mon habitation précédente, où j’avais pris l’habitude de me réfugier dans un coin de l’ancien tennis non entretenu devenu terrain vague pour dépiauter les quelques herbes sauvages qui se trouvaient là.

Jeux d’enfance la nature, ciel et les autres enfants 1945-1953

ciel bleu nuage leger

Environnement de mon immeuble à Vanves

Celui-ci est bâti au faîte de la colline, en contre bas un autre groupe d’immeubles rouges, parce qu’en briques, où logent des familles d’un niveau social plus modeste. Un mur au fond de notre terrain le surplombe et nous en sépare. Depuis ma chambre au 6ème étage j’observe les mouvements des gens qui vont et viennent et des enfants qui jouent dans la cour de ces immeubles rouges.

Mes premiers contacts avec la nature

Un grand espace découpé en plusieurs parties, de 10 à 15 mètres de profondeur, s’étend tout le long notre immeuble (invisible sur la photo) juste derrière les immeubles en briques rouges, devant notre immeuble qui domine sur ce haut de la colline.

Tout au fond un ancien tennis réduit à l’état sauvage qui n’a pas l’air d’avoir un jour servi à ce pourquoi il était destiné, cerné par le mur du fond et un bâtiment de chaque côté.

Vue d'ensemble d'une partie de Vanves nord
Vue d’ensemble d’une partie de Vanves nord

Devant cet ex-tennis une allée cimentée réservée aux voitures qui se garent là. Puis viennent deux grandes plates bandes fleuries et bien entretenues où aucun piéton ne marche jamais.

Entre ces plates bandes et l’immeuble une allée pavée réservée aux piétons, puis des pelouses au pied de chaque bâtiment.

Le long de chaque logement du rez de chaussée des bacs à charge de chaque locataire de l’agrémenter de fleurs et l’entretenir, ils sont souvent laissé à l’état de nature.

Je m’assois au sol dans le fond à droite de l’ex-tennis et observe chacune des plantes, qui varient au long des saisons.

Personne ne me donnera les noms de ces plantes qui sont presque mon obsession et aucun livre à la maison ne traite de botanique.

Je les dépiaute, telles ont des fleurs à certaines saisons, telles autres restent très basses et sont garnis de sortes de vésicules remplies de graines, les verts s’étendent du clair au foncé, d’autres montent plus vites et se font remarquer surtout lorsque des fleurs blanches s’ouvrent en calice.

Ce lieu qui peut paraitre de l’extérieur comme un vulgaire terrain vague sera mon premier et unique contact physique avec la nature, et l’avantage est que j’y suis seule, personne ne vient jamais me déconcentrer.

Jeux d’enfants

Cet ancien tennis est surmonté sur le côté gauche d’un escalier amenant à un habitat toujours clos ; il est longé d’un muret étagé qui sert de promontoire pour sauter de là en choisissant les hauteurs selon la hardiesse de chacun.

La grande allée du bas de l’immeuble est l’objet de courses folles des enfants rentrant par un bâtiment, puis montant les sept étages jusqu’aux chambres de bonnes, passant d’un bâtiment à l’autre par le couloir du haut qui relie ces chambres, sans aucune discrétion de cette bande d’enfants que nous formons qui crie sa joie de vivre.

Nous jouons aussi à sauter les marches en bois par deux, trois, quatre, jusqu’à six, assorti de nos cris de victoires, ou encore, les plus hardis s’assoient sur la rampe en bois et se laissent glisser sur plusieurs étages.

Les habitants ne protestent pas, peut-être que le concierge finit par intervenir pour nous calmer. Donc enfant très sage, voire silencieuse à la maison, je deviens tout autre aux pieds des bâtiments de mon immeuble : gaie, joyeuse, criant et courant avec les autres, ma famille ne s’aperçut jamais de cette facette de moi, extravertie.

Observer le ciel

Je me mettais souvent au balcon, dont la rambarde de protection m’arrivait sous les épaules (j’avais entre 5 à 12 ans, et plus petite que la moyenne), les jours de beaux temps pour admirer le ciel qui m’apparaissait proche à le toucher. J’y voyais des animaux défiler devant mes yeux que j’identifiais selon la forme des nuages qui passaient devant mes yeux depuis la droite vers la gauche, le vent dominant devant aller du nord vers le sud.

C’est un habitude que j’ai gardé : observer le ciel (voir wikipedia pour plus d’explications), voici quelques unes de mes photos: