Premier amour Jacques et découverte des camps nazis 1959-1963

signes distinctifs des catégories de détenus dans les camps de concentration

Après plusieurs flirts, toujours innocents, gardant mon corps pour le mariage, comme était le non-dit de ma famille mais très ferme, je décidai de me séparer de cette virginité qui me paraissait encombrante, voici comment les événements s’enclenchèrent :

Premier amour : Jacques

Le premier homme qui compta dans ma vie fut Jacques Abran

Il était étudiant à la faculté de droit de Paris, place du Panthéon. Moi je terminais une année de sténo dactylo pour apprendre un métier en attendant un mari, après mes années de classes toutes catastrophiques.

découvertes culturelles

Avec Jacques c’était un peu différent d’avec les flirts précédents : nous parlions livres et films, nous allions manger dans les Wimpy, que j’avais fréquenté en Angleterre et qui venaient de débarquer en France, ou dans d’autres gargotes où nous mangions aussi des frites. Il fut le premier garçon avec qui nous faisions un peu plus que rester des heures sur un lit pour nous embrasser.

Il m’emmena voir des films « esthétiques » du réalisateur russe Eisenstein :

  • le Cuirassé Potemkine,
  • Octobre,
  • Alexandre Nevski.

Toujours l’après-midi, j’étais censée rentrer pour le repas du soir.

Découverte des camps nazis

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signes distinctifs des catégories de détenus dans les camps de concentration

Il m’emmena au cinéma voir Nuit et Brouillard. Seulement il ne m’expliqua rien si bien que je ne compris rien. Je n’étais pas encore informée des camps de concentration ; tant l’Allemagne que la France (et sans doute le monde entier) avaient tiré un rideau d’oubli sur les horreurs des camps et de l’extermination des Juifs, pour l’Allemagne ce n’est qu’années 1960 que des procès ont eu lieu contre tous les fonctionnaires encore en place depuis le nazisme.

Je ne le fus qu’en 1965 par la lecture d’un livre sur Treblinka., dont j’ai oublié l’auteur et la couverture, donc je ne peux vous en donner la référence, alors que je suis sûre de la date : c’est une date inoubliable, pour moi, la découverte des camps.

Perte de ma virginité

Un jour il eut un geste qui me choqua : il essaya de baisser la fermeture éclair de ma jupe. Je partis en courant. Et ne le revis plus.

J’appris plus de 10 ans plus tard qu’il m’avait écrit :

  • ma mère avait ouvert mon courrier et le garda sans m’en informer.

Toujours le non-dit, d’autant que quelques mois plus tard je revins vers lui pour lui demander le service de me débarrasser de ma virginité. Il accepta. Il avait tout soigneusement préparé sur un grand lit : serviettes éponges étendues. Cependant je n’avais aucun désir, il fit le mieux qu’il put mais il ne se passa rien.

L’été je partis, avec l’accord de mes parents, sur le bassin d’Arcachon avec une bande de copains. Et là je perdis ma virginité. Nous dormions à trois dans le même lit, une fille, moi et un garçon.

À la rentrée je montais un scénario pour passer les nuits de samedi à dimanche à Paris, avec mon nouveau flirt, Louis, surnommé Loulou, juif lui aussi.

Une fille vint plaider auprès de mes parents que rentrer le samedi soir était difficile du fait que le dernier train de banlieue était à minuit trente et que nos sorties se prolongeaient bien plus tard dans la nuit, elle proposait de m’héberger la nuit chez elle, en fait je la passais chez Loulou.

Le pot aux roses fut dévoilé par moi, au cours d’une conversation durant laquelle mes parents me demandèrent des nouvelles de cette fille…

  • je ne l’ai pas vu depuis…

Il était trop tard ils avaient compris que je n’étais plus vierge …

  • comment ça tu ne l’as pas vu ?

…scandale, je ne trouverai plus jamais de mari … !

J’eus interdiction de sortir le soir.

Curieux que tout le « mauvais » ne pouvait donc ne se faire que le soir ? jamais l’après midi ? Je contrevenais à cette fausse idée en draguant l’après-midi.

Ma relation avec Loulou s’était terminée brutalement, peu m’importait finalement, même si j’étais vexée de ma maladresse, je ne l’aimais pas, il n’était que le prétexte pour « vivre ma vie » comme moi je l’entendais : Libre. La perte, la seule, avait été celle de Jacques.

Voyage sur le côte Dalmate

Après six mois d’interdiction de sorties le soir, mes parents m’offrir le voyage de mon choix pour le mois d’août. En fait, je commençais à le réaliser, pour eux le problème le plus important était qu’ils fussent sans moi l’été, pour leurs vacances en couple ! J’étais encore un peu dupe, croyant juste qu’ils voulaient me libérer !

Je choisis un voyage en caïque le long de la côte Dalmate. C’était l’été 1963 et il allait bouleverser ma vie pour toujours.

1959-1963 Mon avenir pour mes parents : femme au foyer

machine a ecrire underwood

Année de sténo-dactylo en 1959

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Pour attendre le futur mari, qui subviendrait à mon entretien quotidien, moi subvenant, comme ma mère, à l’entretien de « son » intérieur, de ses vêtements (mais l’avenir montrera que je n’avais aucune attirance ni dons pour cet état) mes parents m’inscrivirent dans une école de sténo dactylo pour apprendre le métier de sténo-dactylo en une année, après mes années de classes toutes catastrophiques.

Je n’ai jamais pu intégrer la sténo : pour une dyslexique c’était inatteignable, par contre la dactylo, appris sur une Underwood, qui ressemblait à ça… ce fut pour toujours… comme vous voyez… et sur tous les modèles qui défilèrent depuis l’année 1959 (Olivetti, IBM, etc)…

J’y appris aussi les bases de la comptabilité… qui me sévirent aussi toute la vie.

Je ne devrais pas me plaindre car ils ne me mirent pas dans une école pour apprendre l’entretien d’une maison, repassage etc…

Me trouver un mari ingénieur

Mes parents, sur une intention de mon père, m’emmenèrent dans le bal d’une Grande école d’ingénieur, Les mines (je crois) le samedi après midi pour rencontrer le mari idéal selon la morale de mon père : un ingénieur. Choix non innocent de sa part car il garda toute sa vie le complexe de n’avoir pas de diplôme de grande école ; complexe injustifié de mon point de vue puisqu’il avait fait mieux : des cours le soir en plus de son travail par le CNAM. Et son diplôme d’ingénieur n’avait rien d’usurpé !

…sans doute pour le remplacer un jour ? ou plus simplement parce qu’il voulait compenser par mon intermédiaire son complexe de n’avoir pas fait de « grande école » ?

Mais ils n’y mirent que superficiellement les formes : je revêtis l’affreuse robe bleu clair (couleur qui ne m’allait pas du tout avec mon teint à tendance mat, héritage de ma mère) et plus non plus à ma taille car entre 13 ans âge où je la revêtis pour la première fois pour le mariage de ma sœur, et l’âge que j’avais atteint, 17 ans, j’avais pris 10 cm par an, partant à 10 1/2 la plus petite de ma classe à parmi les femmes dites « grandes » pour mon époque 1,67 m.

Ces bals se passaient les samedi après-midi. Mes parents eux se faisaient « chic ». Il y avait un immense buffet, et une salle de bal où dansaient les filles comme moi avec les futurs ingénieurs encore en études.

Malencontreusement je flirtais un peu trop rapprochée avec un garçon au sang chaud, mais n’ayant pas du tout l’allure escomptée : légèrement vulgaire… Ils ne m’emmenèrent plus jamais à ces bals, sans me faire aucun commentaire, mais sans doute déçus que la garantie « du garçon bien sous tout rapport » n’était pas confirmé !

Paradoxe de cette famille : ma mère parlait trop, ma mère m’emmenait dans son lit, mais il ne fut pas dit le but de ces bals, bien que c’était l’évidence. Famille de non-dits, ne s’exprimant que par des actes. L’acte qu’ils attendaient de moi : trouver un prétendant d’une grande école d’ingénieur n’étant pas rempli, ils arrêtèrent de m’y emmener.

Premiers emplois d’aide-comptable

J’ai commencé à travailler dans une grande usine métallurgique sur le bord de Seine, à Ivry. J’y étais aide-comptable. Je m’initiais là à la cantine, au café pris au milieu d’ouvriers, à l’immense salle où que des femmes écrivaient des chiffres sur des tableaux imprimés sur papier cartonné, un chef de bureau homme face à nous, et aux machines mécanographiques pour faire des cartes perforées. Je gagnais 400 Francs par mois, augmentés dès le 2ème mois à 500 Francs.

Je commençais mon instabilité dans les boulots puisque je n’y restais que 4 ou 5 mois. On me regretta et on me dit que c’était dommage car j’y avais un avenir, étant une bonne employée. Seulement Ivry était très loin de Viroflay : une heure de transport faite de trains et de métros avec changements, puis la traversée à pied d’un immense pont qui surplombait les voies de triage de chemin de fer de la gare d’Austerlitz et la Seine.

Je trouvais très vite un autre emploi, toujours d’aide-comptable, rue du Rocher proche de la gare Saint Lazare, dans un bureau nettement plus petit : trois employées, un patron et sa femme.

Devenir femme au foyer

Tout ce chambardement n’avait qu’un but : m’occuper en attendant le futur mari, ce qui ne tardera pas…

Premières règles à 16 3/4

illustration cabinet medecin

Mes premières règles, tardives, hors la présence de ma mère

Mes parents m’avaient confiée à une famille amie pour les grandes vacances. Le père était un ingénieur collaborateur de l’entreprise de mon père avec lequel mon père avait travaillé depuis avant la guerre, pendant la guerre, et jusqu’à son dépôt de bilan. Il était juif bulgare, la femme était d’origine alsacienne avec un fort accent qu’elle garda toute sa vie (1).

Ils étaient des parents attentionnés vis à vis de leurs enfants, autrement dit très différents de mes propres parents. Ils avaient une fille de mon âge et un fils de un ou deux ans de plus.

Ils avaient choisi la Bretagne, je suis incapable de dire où avec précision, je me souviens juste que c’était au bord de la mer et qu’il y avait des bunkers en béton « souvenirs » de l’occupation allemande. Le fils essaya de me séduire, moi j’étais totalement indifférente, je n’avais flirté avec personne encore, c’était l’été de 1957, j’avais précisément 16 3/4 et non encore « formée » selon le terme employé à l’époque.

Mes premières règles

Un jour je découvris du sang dans ma culotte… et je ne savais rien sur les règles… ma mère ne m’avait informé de rien ! Je me souviens pour toujours comme cette femme fut attentionnée avec moi, elle m’expliqua tout, dont comment porter des serviettes hygiéniques.

Il est remarquable que cet événement de mes premières règles se passa hors de la présence de ma mère. Déjà je n’avais pas confiance en ma mère, son comportement incestueux avait commencé depuis plusieurs années.

Je me souviens que j’avais été à la mer avec la classe et mes camarades de 13 ans avaient leurs règles… et moi je ne savais qu’à peine ce que c’était !

Ma mère m’avait emmenée voir un médecin et un cabinet de psychologues

illustration cabinet medecin
illustration cabinet medecin

Ma mère m’avait emmenée voir un médecin qui me demanda pourquoi je ne voulais pas devenir adulte.

  • ne comprenant pas le sens de sa question je restai muette.

Puis ma mère me conduisit dans un cabinet spécialisé pour qu’ils me fassent passer des tests psychologiques. J’y allais plusieurs jours. Je fis des tas de sortes de tests, je me souviens surtout d’un village à construire, il fallait ordonnancer des maisons, des boutiques, une église. D’autres tests demandaient de répondre à des séries de questions.

Résultats des tests psy

Au bout de quelques jours ma mère en reçut le bilan. Je me souviens que c’était un matin. La radio était allumée, comme tous les matins durant mon petit déjeuner, il y était question des « évènements en Algérie » et des bombes, des attentats, les sons nous communiquaient l’ambiance de violence qui parcourait les villes, villages, campagnes dans ce département français.

Ma mère ouvrit et lut silencieusement les conclusions, debout à mon côté, que rendaient les psychologues concernant mon état psychique.

Elle se mit à pousser des hurlements :

  • je ne suis pas comme ça, c’est faux, ils se trompent sur moi !

Et en colère les jeta dans la poubelle.

Moi, intriguée, me rendis à ce cabinet pour en connaitre les résultats, quelques jours plus tard, à l’insu de tous.

Les psychologues refusèrent de me les communiquer.

  • Il s’agissait de moi mais cela ne me regardait pas !

Quelle manque de psychologie ! Quelle frustration je ressentis.

Il m’aurait été bien utile de savoir qu’elles étaient leur conclusion plus particulièrement dans mon rapport avec ma mère, dont visiblement il était en majorité question, vu la violente réaction de ma mère.

Plus tard, en analyse, quand ces souvenirs me revinrent, je les racontais en hurlant durant plusieurs séances. Des psychothérapeutes donnèrent un nom à mon vécu : inceste.

Mais voilà l’inceste maternel n’est pas reconnu en tant que tel par la société française

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(1) elle est venu à l’enterrement de mon père en janvier 1985, son mari était mort, et sa fille et moi avons eu un long échange sur notre passé et notre vie…

Ma mère soutient que les femmes n’ont pas de pulsions sexuelles

la vie sexuelle sigmund freud puf

En contradiction avec elle-même ma mère qualifie mon père de « chaud lapin » !

Parallèlement à ses confidences sexuelles, se plaignant de ne plus rien ressentir et s’inquiétant pour la fidélité de son mari/mon père, ma mère m’affirme que les femmes n’ont aucune pulsion sexuelle, que ce ne sont que les hommes qui sont « atteint par ce mal », qualifiant mon père de « chaud lapin », elle paraissait sous entendre qu’il l’ennuyait dans ses comportements sexuels, et pourtant elle se plaignait auprès de moi de « ne plus rien ressentir » !

Vu d’aujourd’hui, en 2023 à l’âge de 81 ans, je ne comprends pas les contradictions de ma mère :

  • ressentait-elle le plaisir avant que son appareil génital soit brulé ?
  • ou se pliait-elle au désir de son mari/mon père juste pour son plaisir à lui ?

Déjà qu’à mon adolescence, durant les années 1950-1960, je ne comprenais rien à ce qu’elle me confiait, encore aujourd’hui en 2023 je ne comprends pas plus.

Morale de ma mère : se plier passivement aux désirs de son mari ?

Peut-être qu’elle avait été convaincue qu’une femme doit accepter le désir de son mari, uniquement passivement, ce qu’elle regrettait de ne plus pouvoir faire…uniquement pour son mari ou aussi pour elle-même ?

Sans doute aussi pour elle-même sinon elle n’aurait pas éprouvé le besoin de m’emmener sans son lit

  • « pour remplacer ton père, comme avec ton père »

ces paroles étaient troublantes, perverses en fait : que je qualifie d’inceste maternel.

Inceste maternel

Vu à la morale des années 2000, depuis #MeToo, les femmes ne seraient que des victimes. Moi fille oui j’étais victime d’une mère incestueuse, les femmes d’aujourd’hui se veulent parfaites… oubliant qu’elles sont des humains à part entière capables elles aussi du pire par pulsions.

Ce n’était pas qu’un besoin affectif, sinon exprimer de l’affection pour moi aurait du et pu se faire dans la journée, pas la nuit dans son lit !

… et le comportement de ma mère avec moi a perturbé ma sexualité jusqu’à l’âge de 43 ans âge où je me suis décidé à faire une analyse, qu’en fait je n’ai pu entreprendre qu’à la mort de ma mère en janvier 1985.

Alors que durant la journée elle me mobilisait pour l’écouter, ne me manifestant pas d’affection, ne serait-ce que oralement, à défaut, par pudeur, de « prise dans ses bras », ce qu’elle ne fit que lorsque j’étais bébé, si peu après. Certes c’était les mœurs de la famille, quoique je me souviens que ma sœur m’enveloppait de ses bras jusqu’au moins à ma pré adolescence.

Les femmes sans pulsions sexuelles ??

la vie sexuelle sigmund freud puf
la vie sexuelle sigmund freud puf

Cette allégation que les femmes n’avaient aucune pulsion sexuelle m’apporta beaucoup de préjudices dans ma vie d’adulte, car je le crus durant des dizaines d’années, n’ayant aucune autre source d’informations sur la sexualité d’une femme, alors que je ressentais ces pulsions, violemment, envahissantes, je m’en sentais coupable, anormale, je les réfrénais tant que je pouvais, les cachant tant que je pouvais aux hommes, me disant que si jamais ils se rendaient compte de mes pulsions ils me mépriseraient.

Ainsi ma mère m’avait en quelque sorte châtrée bien que je ne fus pas au point où mon psychisme m’aurait caché à moi-même mes pulsions, mon corps et mon psychisme communiquaient, ma névrose n’était pas irrécupérable !

Elle voulait ignorer ses propres pulsions vis-à-vis de moi. Comme si elle était deux personnes : celle qui était une femme sérieuse qui n’était séduite par aucun homme, même pas par son mari, qui en montra souvent sa frustration, et celle qui avait un comportement incestueux par pulsion pour sa fille adolescente.

Le rôle de la femme au foyer

En fait ma mère se ressentait et était dans une solitude totale, son mari, mon père, toujours occupé à courir les routes pour visiter ses chantiers, il ne se posait aucune autre question que celles relatives à ses chantiers, son bureau, ses projets…

… et moi, Annie, jeune adolescente je subissais en boomerang ce que subissait ma mère dans son rôle de femme soumise sans le savoir…

Lectures, Freud et ma dyslexie

sigmund freud, by max halberstadt

Découverte de Freud

J’achetais mon premier livre de Freud sur le conseil d’une camarade de classe, elle même informée par son frère ainé. J’avais juste 18 ans.

Inverti ? non introverti !

Je me trouvais devant une énigme. Il y était question d’ « introverti« , tout au moins c’est ce que je lisais, alors qu’en fait il était question de l’ »inverti« ! Cela avait l’air « grave » je m’en inquiétais, car dans la famille on me qualifiait d’introvertie. Ma dyslexie me fit lire « introverti » à la place de « inverti » qui était écrit ! Il s’agissait de l’homosexualité dont je n’avais jamais entendu parler et ne connaissais même pas l’existence de cette préférence sexuelle ne sachant déjà rien sur la sexualité la plus courante entre fille et garçon !

Dyslexique si affamée de lecture je lis par la photo des mots entiers !

En effet je compris plus tard que je lisais par la « photographie » des mots, par leur « dessin » entier.

Mes employeurs me dirent durant des dizaines d’années :

  • vous faites des fautes parce que vous ne lisez pas,

Malheureusement je les crus longtemps, persuadée qu’eux lisaient bien plus que moi, renforçant ainsi mon complexe d’élève nulle ! …je finis pas comprendre que je lisais bien plus que tous ces juges, tenant une moyenne de 1 ou 2 livres par semaines, et pas des romans roses et peu de policiers, j’arrivais vite à plusieurs milliers de livres… je le vérifierai quand j’ouvrirai ma librairie !

C’est à l’occasion d’un livre se passant en Corée du Sud que je compris enfin comment je lisais (début des années 2000). Les noms propres étaient complexes à retenir pour une dyslexique, genre : Kim Dong-Hwa, Yoon-sun Park, Kun-woong Park, Ji-young Gong, avec des ressemblances que j’avais du mal à distinguer ; au début j’ai bien failli lâcher le livre, mais le livre était intéressant d’autant que je ne savais rien sur le Corée ! Voulant absolument m’y retrouver entre chacun des personnages ayant des noms semblables…

Je compris enfin comment j’avais toujours lu : mes yeux photographiaient les mots/noms entiers par leur dessin spécifique, je n’avais jamais lu par lettre et/ou syllabe, mais par chaque mot entier ! Voilà pourquoi je continuerai à faire des fautes, mais écrire sur ordinateur connecté à internet m’a changée la vie !

Freud et la psychanalyse m’ont ouverte et sauvé pour la vie

sigmund freud, by max halberstadt
sigmund freud, by max halberstadt

Au début je ne comprenais rien, mais j’ai su dès les premières phrases que « c’était ça » ! Puis j’embrayais sur Wilhelm Reich « à la mode » durant les années 1960-1970 par le biais des recherches de William Masters et Virginia Johnson très à la mode en France durant ce qu’on appelle « la révolution sexuelle« … je reparlerai de mes lectures dans des billets spécifiques.

Ma mère surveille mes lectures sans les comprendre !

Ma mère inspectait la bibliothèque de ma chambre pour faire un contrôle sur mes lectures. Tout comme elle le faisait dans mes tiroirs avec mon journal. Mais je m’arrêtais vite de l’écrire car un jour elle se dévoila en parlant à table d’un sujet me concernant qu’elle était sensé ignorer. J’arrêtais aussitôt de tenir ce journal.

Dans ma bibliothèque elle remarqua « L’amant de Lady Chatterley » qu’elle jugea inconvenant par ouï dire car elle ne le lut jamais. Cependant de mon point de vue j’en avais été très déçue car j’espérais y trouver quelques réponses à mes questionnements sur la sexualité alors que je n’y trouvais absolument aucune explication.

Je lis aussi Baudelaire et Victor Hugo et je dessine

Je faisais des dessins de paysages d’une tristesse infinie : arbres morts dans un environnement de neige ; je dessinais le visage de Baudelaire d’après une photo. Je trouvais son visage intéressant. J’admirais les dessins de Hugo.

les bulgraves de victor hugo delagrave 1946
les Bulgraves de Victor Hugo Delagrave 1946

et voici la photo de Baudelaire qui me fascinait et que j’ai reproduisis, mais je n’ai aucun exemplaire de cet essai de dessin, regrets !

portrait de charles baudelaire 1862 etienne carjat
portrait de Charles Baudelaire 1862  par Etienne Carjat

Pourquoi ce portrait me fascinait-il ? il est bon de se poser cette question, de plus je n’avais aucunement conscience qu’il n’avait « que » quarante ans, âge qui me paraissait déjà « vieux », en ayant 81 au moment où j’écris ce billet je vois comme la perception de l’âge est des plus relatifs !

Ma mère m’emmène dans sa chambre et son lit 1955-1960

la chambre à arles, by vincent van gogh

Pendant cinq années ma mère m’entraina dans sa chambre le soir

dans son lit, durant les absences de mon père, pour que je lui tienne compagnie la nuit et que je remplace mon père.

Ses chantiers répartis en France et à l’étranger obligeaient mon père à des absences constantes. Absent durant plusieurs jours du fait de ses voyages en voiture, train ou avion pour aller visiter, inspecter, contrôler l’avancement de ses chantiers en cours, dans le Nord et l’Est de la France, mais aussi en Algérie et en Irak.

Cela dura jusqu’à ce que je ne sois plus vierge vers l’âge de 18 ans, cet âge fut-il un hasard ? Ou le fait que je ne sois plus vierge m’enlevait-il tout attrait pour ma mère ? Parallèlement à ses confidences qu’elles me tenaient dans la journée et qui s’arrêtèrent elles aussi quand j’atteins 18 ans.

Je comble le vide du à l’absence de mon père dans le lit

Cinq ans durant ma mère m’emmena dans la chambre de son couple, dans le lit de son couple qu’elle formait avec mon père. Elle déverrouillait la porte et m’entrainait…

  • Je n’ai jamais refusé, ce dont je me sentis coupable durant de nombreuses années, j’aurais du dire non et esquiver, je n’en eus jamais la force, et pourtant je haïssais ces nuits couchée au côté de ma mère, le dégoût m’envahissait.

La force mentale de ma mère était plus forte que la mienne, je n’avais pas assez de force morale pour m’enfuir et monter au plus vite dans ma chambre.

Ainsi je me retrouvais au côté de ma mère bien malgré moi

Son odeur m’envahissait. Sa transpiration imbibait les draps et les couvertures lourdes sur nous. Je ne savais comment m’échapper le plus loin possible de son corps, alors qu’elle m’entourait, me disant :

  • on fait comme avec ton père, quand ton père est là à ta place.
  • Elle me prenait la main.
  • Se collait à moi.
  • M’entourait de son corps…

Inceste maternel répété de générations en générations ???

Était-ce un comportement qu’elle avait du subir de sa propre mère quand celle-ci s’était retrouvée abandonnée par son mari ?

  • Sa mère, ma grand-mère Anita, avait-elle reproduit un comportement qui l’avait faite fuir Rome, puis, vu sa condition d’abandon, reproduit sur sa fille pré-adolescente, que ma mère perpétuait de génération en génération et au même âge de la fille ? Anita avait-elle du subir un comportement similaire de sa mère au même âge, puis s’enfuir vers Bologne ?

La vraie raison de ma mère adolescente quittant son domicile familiale n’était-elle pas pour fuir sa mère plutôt que la raison invoquée d’aller à Reims pour voir son père ?

  • Car bientôt abandonnée à nouveau par son père à Reims elle ne revint pas à Montargis pour réintégrer le domicile de sa mère où vivaient aussi sa sœur et son frère, elle préféra choisir de devenir bonne chez des maitres, et ne revit sa mère qu’après la guerre en 1945 pour aller la visiter sur son lit d’agonie, soit 25 ans plus tard, laps de temps durant lequel ma mère ne revit pas sa mère.

S’écrivaient-elles ? Ma mère tint-elle sa mère au courant de l’évolution de sa vie ? de son mariage, de la naissance de ses filles ? Son frère Giordano connaissait son adresse en France puisqu’il nous envoyait des colis de riz, et l’informa de l’agonie de sa mère à la fin de la guerre : c’est la seule chose dont je sois sûre.

Ces deux mères, Anita et Alda, répétaient-elles l’inceste qu’elles avaient subi ?

Ces deux mères étaient-elles entrainées par une répétition d’actes incestueux sur leur fille remontant à plusieurs générations ?

  • La pulsion était-elle irrépressible ?
  • Et pourtant la vraie question à se poser était : avaient-elles apprécié ces comportements de leur propre mère ?
  • Ne s’étaient-elles pas senti comme violées ? Ce que moi je ressentais, bien que je restai passive.

Ma grand-mère, puis ma mère avaient pourtant fui le domicile familiale toutes deux adolescentes, toutes deux le plus loin possible, l’une vers Bologne, l’autre vers Reims, et pourtant ma mère répétait le même comportement incestueux. Ce comportement perturbera toute ma vie de jeune fille puis de femme… et ma vie sexuelle jusqu’en 1989… époque où je finissais mon analyse et rencontrais le seul homme que j’aimais dans ma vie…

Ignorance de la sexualité pour une fille années 1950-1960

symposium scene nicias peinture

Mon ignorance totale des sexes et des rapports sexuels jusqu’à mes 18 ans

Dans la famille il n’est pas question d’expliquer quelle est la différence entre un garçon et une fille. À l’école les garçons et les filles ne se côtoient pas du tout. Chacun dans une partie de l’école totalement étanche à l’autre. Les filles et les garçons peuvent s’apercevoir au travers de la grille qui sépare les deux cours. Chacun des groupes parait totalement étrange et étrangère à l’autre. Quoique que je côtoie des garçons dans le grand espace qui s’étend devant notre immeuble.

Cela peut paraitre surprenant, mais je ne savais toujours rien de ce qu’étaient les rapports sexuels entre un homme et une femme. Je ne savais rien de l’anatomie de chacun des sexes. Je n’osais même pas explorer mon propre sexe, je me lavais tout à fait sommairement, même lorsque je commençais à avoir mes premières règles, je mettais mes protections, sorte de « couche » qui tenaient en équilibre sur ma culotte, le collant de fixation n’existait pas encore, quant aux protections internes il fallut attendre quelques années avant qu’elles soient à ma portée !…

  • Aucun dessin, aucune photo, personne ne m’expliqua jamais rien.
  • Par quelle voie étais-je censé l’avoir appris ?

La sexualité ? un sujet tabou !

symposium scene nicias peinture
symposium scene nicias peinture

Entre filles, à l’école, on n’en parlait pas. C’était un sujet tabou, interdit. On ne parlait que vaguement de nos flirts, bien gentils. Même s’il commençait à m’arriver de passer des après-midis entières allongée, tout habillée, à embrasser et me faire embrasser par des garçons. La virginité d’une fille était sacrée. Les garçons n’avaient aucun geste inconvenant, même pas d’essayer de dégrafer une jupe ou d’essayer de baisser une fermeture éclair, ni toucher un sein. La seule partie du corps qui était en contact avec l’autre était le visage. Les corps bien que côte à côte étaient ignorés et toujours entièrement vêtus.

Vers l’âge de 12/13 ans, ma mère essaye de m’instruire de la différence sexuelle entre les filles et les garçons et de la sexualité avec des mots assortis de gestes absolument incompréhensibles pour moi… pour me dire quelque chose comme « le sexe de l’homme pénètre dans le sexe de la femme pour faire des enfants » !

Je l’écoutais attentivement, mais intérieurement je me disais :

Il est un fait que je ne savais rien sur la différence entre les sexes. Je n’ai jamais vu mon père, ma mère ou ma sœur, autrement que couverts ne serait-ce que d’une robe de chambre, pour moi-même il en allait de même. De plus aucun de nous ne se touchait : par exemple pour se dire bonjour ou bonne nuit on se tenait à distance de plusieurs centimètres, les joues n’étaient qu’effleurées par le baisé du bout des lèvres

« visite » de mon propre sexe :

Ce n’est que adulte et mariée que je me décidais à y aller voir de plus près : dans le bain, avec peur, un interdit énorme me l’empêchant, j’explorai avec une précaution infinie, les contours de mon sexe et l’intérieur… et trouvant des aspérités vers le fond qui me semblent bizarres, vu que je n’ai jamais vu de dessins représentant le sexe d’une femme : lèvres, vagin, ovaires, utérus ;

j’allais voir un généraliste pour lui demander si tout était normal ?

Confidences sexuelles incestueuses de ma mère 1954-1958

escalier

Ma mère me prend comme confidente de ses rapports sexuels avec mon père

Parallèlement à ma vie si active (voir et ), ma mère commença à me parler de sa sexualité, voici concrètement comment cela se passait :

Pour sortir je devais descendre deux étages depuis ma chambre :

escalier
escalier
  • le 2ème étage d’où je descendais arrivait sur le palier du…
  • …1er étage sur lequel s’ouvraient
    • à gauche la cuisine,
    • à droite la chambre des parents (face à la cuisine),
    • le bureau étant face à l’escalier,
    • et à côté de la cuisine c’est à dire légèrement à gauche : le grand séjour.
  • le rez de chaussée était la sortie et ma liberté !…

Ma mère me cueillait avant que j’arrive sur le palier du 1er étage, j’aurais pu croire qu’elle attendait mon passage sur ce palier intermédiaire où s’ouvrait sa cuisine, face à leur chambre, elle devait m’entendre sortir de ma chambre et commencer ma descente

Elle stoppait mon élan pour sortir à la 3ème avant-dernière marche en descendant du 2ème, elle debout sur le palier, moi bloquée par elle sur cette marche, à moins que j’ose la bousculer pour l’écarter de mon chemin, ce que je n’osai jamais faire. Cela commença avant ma formation, c’est à dire avant mes premières règles qui n’arrivèrent qu’à mes 16 1/2.

La chambre de mes parents était tenue toujours fermée à clef, comme elle l’était déjà dans l’appartement de Vanves, cette chambre qu’elle déverrouillait pour m’y entrainer, la nuit, durant les absences de mon père (dont je parlerai…)

Ma mère commençait un monologue que j’étais censée écouter avec attention et surtout comprendre. En fait je ne comprenais absolument rien puisque jamais instruite sur la conformation de chacun des sexes (traité dans un billet l’expliquant).

Ma mère m’informait alors qu’elle ne ressentait plus rien avec mon père

Avec des gestes, peu explicites, elle me disait :

  • « mon sexe est dur comme du bois« 

Cette phrase était choquante, elle me bouleversait parce que je n’en comprenais pas le sens profond :

  • qu’est-ce qu’un sexe de femme dur comme du bois ?

Le bois est par nature insensible, mais un sexe de femme ? Je n’en savais absolument rien !

  • Ne serait-ce qu’être amenée à me figurer un sexe de femme m’était impossible,
  • pas plus que celui d’un homme !
  • Qu’est-ce que le sexe d’une femme était sensée ressentir au contact de celui d’un homme ?
  • Quel contact avaient-ils et comment ?

Et zut me parler de sexe me choquait, c’est un sujet dont on ne parlait jamais, jamais je n’avais dans ma famille, ni en dehors, entendu parler de sexe qu’il soit féminin ou masculin, je n’avais aucune vision de comment chacun pouvait être !

Dans ces moments là de confidence je ressentais une énorme gêne, pas à ma place, je finissais par m’assoir là sur le bord de la marche froide, bloquée par ma mère debout devant moi, alors que j’avais bien d’autres sortes de projets : courir dehors, voir la forêt, me promener en bicyclette, aller à Paris en train pour découvrir de nouveaux livres…

Elle me raconta qu’elle voyait un médecin

Suite à des hémorragies elle avait subi des radiothérapies pour brûler l’intérieur de son ventre et stopper ses hémorragies :

  • Que maintenant elle ne ressentait plus rien,
  • Qu’elle avait peur que mon père la trompe,
  • Elle me demandait de le surveiller, plus particulièrement durant les soirées chez tels amis ou quand tels amis étaient reçus à la maison,
  • Elle avait peur d’une des épouses parmi leurs couples d’amis.

Alors que ma mère était très coquette, parfumée, ongles vernis, dotée d’une belle garde-robe qui emplissait penderies, armoires, commodes, choisie durant les nombreuses après-midi durant lesquelles elle se rendait à Paris, mais se maquillait peu, et n’était pas du genre à aguicher qui que ce soit, même pas mon père. Ce qui n’était pas le cas de la femme qu’elle me désignait.

Parce que dans le jeu aguichant d’une femme il y a volonté de tournée la tête à tel ou tels hommes, ce n’était pas le but de ma mère qui voulait uniquement garder une place, SA place d’épouse, n’en n’ayant aucune autre puisqu’elle était femme au foyer…

Mais vraiment ce qu’elle me demandait m’était impossible à faire.

  • Quoi ? de surveiller cette femme très maquillée, provoquant les hommes ? Je ne suis même pas sûre que cette femme avait un but particulier, sinon juste besoin de plaire aux hommes en général.
  • Et de toute façon je trouvais cette demande de ma mère malsaine, ne me regardant pas, ce n’était pas mon problème, je ne savais rien sur ce genre de femmes,
  • Mon père était-il potentiellement un homme à tromper sa femme ?
  • Tout ça me dégoûtait.
  • Ma mère n’avait-elle pas d’amies à qui raconter tout ça ?
  • Ma mère ne savait-elle pas que je ne savais rien sur la sexualité ?

Croyait-elle que nous avions des conversations sur ce sujet avec mes camarades de classe ? Ne savait-elle pas que la pudeur bloquait tout échange concernant les sentiments d’autant qu’aucune de nous ne tombait amoureuse !

complément la suite : ma mère m’emmène dans son lit

Gerry Mulligan, Chet Baker, Dave Brubeck, Paul Desmond

gerry mulligan 1960

Maintenant en CD Gerry Mulligan et ses comparses

Voici les sons tels que je les aimais comme cité dans mon billet musiques découvertes et écoutées durant mon adolescence et tels qu’aujourd’hui à 81 ans je continue à les écouter en ayant un certain nombre en CD acquis au fil de mes croisements, et plus du tout en 45 tours pas plus qu’33 tours, ayant tout viré, voire donné, à l’occasion d’un déménagement vers la province années 90… dont je vous parlerai en son temps soit dans au moins une centaine de billets … patience !

gerry mulligan 1960
gerry mulligan 1960

et qui continuent à me faire vibrer tout le corps tant que la tête : Gerry Mulligan venant en tête de mes préférences Saxo baryton et soprano classé dans le

cool jazz dont on trouve cette définition dans Wikipedia :

Par tradition, on considère que le « cool jazz » est né en 1949, sous la direction de musiciens regroupés par Miles Davis pour élaborer la musique de son nonette composé, entre autres, de Lee Konitz, Gerry Mulligan, Bill Barber (musician), J. J. Johnson, Kai Winding, Mike Zwerin, Al Haig, John Lewis, Nelson Boyd, Al McKibbon, Max Roach, Kenny Clarke sur des arrangements de Gil Evans, Gerry Mulligan, John Carisi, et John Lewis, les titres enregistrés pour 78 tours sont regroupés plus tard sur l’album intitulé « Birth of the cool »). Cet enregistrement marque une date majeure de l’histoire du Jazz.

Les enregistrements de Gerry Mulligan avec son quartet ou son tentet, certains disques en petites formations de Shorty Rogers (« Modern sounds » pour Capitol) sont représentatives de cette esthétique.

Two of a mind ayant ma préférence !


Gerry Mulligan & Chet Baker – Carnegie Hall Concert ( Full Album )
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Gerald Joseph Mulligan (April 6, 1927 – January 20, 1996) was an American jazz saxophonist, clarinetist, composer and arranger. Though Mulligan is primarily known as one of the leading jazz baritone saxophonists – playing the instrument with a….
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Gerry Mulligan – baritone saxophone (# 1, 3-7 & 9)
Chet Baker – trumpet (# 1, 2, 4-6, 8 & 9) vocal (# 8)
Ed Byrne – trombone (# 2 & 8)
Bob James – piano, electric piano
Dave Samuels – vibraphone, percussion (# 1-3 & 6-9)
John Scofield – guitar (# 1-3 & 5-9)
Ron Carter – bass
Harvey Mason – drums
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« Line for Lyons » – 8:16
« Margarine » – 5:59
« For an Unfinished Woman » – 8:51
« My Funny Valentine » – 8:42
« Song for Strayhorn » – 9:42
« It’s Sandy at the Beach » – 9:39
« K-4 Pacific » – 11:46
« There Will Never Be Another You » – 6:53
« Bernie’s Tune » – 7:55

Musiques et lectures d’adolescente 1956-1963

ecriture de victor hugo

C’est dans la chambre du 2ème étage du pavillon de Viroflay que je commençais à m’instruire moi-même : disques et livres.

Musiques classiques et jazz peu de variétés française,… et je dansais… bien et avec un vif plaisir !

Je fis ma première « boum » vers l’âge de 14 ans… allant danser et hurler jusque dans la rue aux sons de Bill Haley jouant « Rock Around the Clock » sur un 45 tours avec d’autres copines ! Le rock ‘n’ rol débarquait en France en 1956 alors qu’il était déjà connu aux EU depuis 1952. Puis je continuais à danser dans les boums aux sons de Fats Domino, Elvis Presley, je fis connaissance du jazz, celui qui se dansait, le bebop ou 3_3_2 étant son rythme : Art Blakey, John Coltrane, Miles Davis (1ère formule), Thelonious Monk, Gerry Mulligan (faisant partie du groupe de blancs du « cool jazz« ), mais les théories de ces musiques me passaient au-dessus de la tête, ce qui m’importait était que j’en aimais le son et le rythme pour danser et avoir son plaisir vif dans le corps, avec uniquement d’excellents danseurs, sinon c’était NON ! Je dansais jusqu’à 40 ans, à toutes occasions, mais les boums je les arrêtais plus tôt jusqu’à la veille de mon mariage, mon mari n’ayant aucun sens ni du rythme ni de la musique en général d’ailleurs… et j’écoute encore ces musiques

Pour le classique Beethoven eut toujours et encore ma préférence, mais aussi Bach, Haydn, Vivaldi etc… peu Mozart, ni Liszt…

Quant aux livres !

Que de livres !

Dans un premier temps j’allais piocher dans la bibliothèque des parents, mais très vite ils m’ennuyèrent, quoique j’ai de bons souvenirs des livres d’explorations qui me passionnaient : chez les esquimaux, dans les montagnes, les explorateurs en Afrique, n’ayant aucune conscience que ceux-ci avaient un rapport avec la colonisation que j’appris plus tard. Je n’ai pas le souvenir d’avoir eu du mal à déchiffrer tous ces textes, que j’absorbais plutôt avec avidité… alors que j’étais classée « nulle en orthographe, mise aux rebus parce que dyslexique » !

Ma mère, bien que n’ayant été que peu à l’école, lisait beaucoup et me faisait partager les livres que le libraire de la commune (Viroflay) lui indiquait, c’est ainsi que je lisais tout Pearl Buck, prix Nobel de littérature, qui me fit découvrir et aimer la Chine à partir du milieu du XIXème siècle jusqu’en 1949. J’appris par elle les mœurs des Chinois, la condition des femmes de la bourgeoisie enfermées, les pieds bandés, les mariages arrangés sans l’avis ni des filles ni des garçons, souvent très jeunes, parfois même les filles encore au berceau, pour s’allier avantageusement pour les deux clans, les filles partaient vivre dans leurs nouvelles familles. Les fils restaient dans la maison paternelle, et les filles ne voyaient pour ainsi dire plus leurs parents. Elles appelaient d’ailleurs « mère » la mère de leur mari… et la misère des paysans avec les famines qui se répétaient tous les 5 ans…

Grâce au train j’allais glaner des livres sur les étals des libraires du boulevard St Germain du temps où il était le quartier des intellos, avant qu’il devienne un lieu de modes ! ; je n’osais pas rentrer dans les librairies trop intimidée pour poser quelques questions aux libraires, ayant peur de paraitre ignare, entourée dans ce quartier par les écrivains et intellectuels célèbres qui en avaient fait leur pied à terre ! mais les étals étaient bien garnis et le « livre de poche » avait étrenné une collection à ma portée… il faut préciser qu’il n’indiquait rien sur l’auteur ou le texte comme il est fait maintenant, j’avais comme unique information d’ouvrir pour lire quelques passages à l’intérieur …

Je découvrais ce qui fera la base de ma culture pour la vie : Sartre tout particulièrement dont je lisais le théâtre et les romans, pas la philo, Roger Martin du Gard, Aragon, Gide, Baudelaire dont je dessinais le visage qui me fascinait… dois-je avouer que la poésie ne sera jamais « ma tasse de thé », par contre je devins avide d’Histoire…

Victor Hugo dont je parcourais le théâtre, la poésie, les romans… dans un livre paru en 1946 chez Delagrave… que j’ai encore… en piètre état, mais entier !

et comme je suis très conservatrice voici quelques exemples de ce que j’ai encore dans ma bibliothèque