Viroflay, le train, la nature 1953-1963

aspect de la foret de meudon

Emménagement dans notre pavillon de banlieue à Viroflay

Après le mariage de ma sœur à la mi des années 1950, mes parents et moi emménageons dans le pavillon que mon père avait fait construire dans la banlieue sud-ouest de Paris à Viroflay.

Il était très bien situé : proche de la forêt dite de Chaville ou Meudon, deux gares nous emmenaient au choix par le train aux Invalides,  Montparnasse, Saint-Lazare ou dans l’autre sens aux deux gares de Versailles.

Je prends le train à partir de 9 et ½

Auparavant j’allais à pied, seule, à l’école primaire.

gare de vanves malakoff
gare de Vanves Malakoff

Puis le train devint le moyen de transport que j’empruntais seule à partir de l’âge de 9 et ½ pour me rendre au lycée de Sèvres depuis la gare de Vanves, ligne de Montparnasse.

Le train devint le lieu où je passais au moins une heure par jour. Je l’empruntai

  • adolescente quand j’allais à Versailles pour me rendre à la piscine ou aux écoles privées.
  • adolescente puis jeune adulte pour me rendre à Paris pour sortir,
  • m’y promener et
  • m’informer des livres qui étaient exposés sur les étals des trottoirs devant les librairies,
  • puis pour me rendre à mes premiers emplois toujours situés à Paris ou une banlieue (à Ivry-sur-Seine pour mon premier emploi),

J’adorais ces voyages en train. J’observais les paysages changeant au long des saisons, les maisons, les jardins, les immeubles, les ouvriers qui travaillaient sur les voies. J’en connaissais chaque détail, et détectait chaque changement. Son roulis caractéristique me berçait.

En général je m’occupais à lire un livre ou quelques magazines. Ou échanger avec les compagnes de classe qui prenaient aussi ce train quotidiennement. Généralement j’avais une place assise. Ce qui devint plus difficile quand me rendant à un emploi aux heures d’affluence nous étions serrés les uns contre les autres : il fallait pousser cette masse compacte pour entrer.

Description du pavillon de Viroflay

Dans ce pavillon

  • le rez de chaussée était consacré au garage, à la buanderie, la (fausse) cave (au rez de chaussée), un lieu d’agrément, le tout entouré d’un petit jardin,
  • le 1er étage comprenait un bureau et un grand séjour en L avec une cheminée dans l’angle, mes parents y avaient leur chambre et salle de bains.
  • Ma chambre était l’une des trois chambres du 2ème étage, la salle de douche comprenant un WC, commune pour les trois chambres, où je me retrouvais donc seule.

Mon indispensable contact avec la nature

aspect de la foret de meudon
aspect de la foret de Meudon

La grande forêt de Chaville, dite forêt de Meudon, était à quelques mètres de ce pavillon ; durant toute mon adolescence je ferai de la bicyclette sur des kilomètres, parcourant les abords des étangs et traversant les villages, en général seule et heureuse de l’être.

Je retrouvais là mon nécessaire contact avec la nature qui durera toute la vie, et que j’avais sommairement initié sur le terrain vague de mon habitation précédente, où j’avais pris l’habitude de me réfugier dans un coin de l’ancien tennis non entretenu devenu terrain vague pour dépiauter les quelques herbes sauvages qui se trouvaient là.

Ma sœur ainée de 10 ans ½ de plus que moi Micheline Quétin

saint julien le pauvre

Nous avons trop d’écart d’âge

Nous sommes nées dans des époques totalement différentes concernant les mœurs :

  • Elle est née en mai 1931 : époque encore traditionnelle pour les femmes, tradition qu’elle a gardé toute sa vie
  • Je suis née en décembre 1941 : la guerre commença une civilisation très différente pour les femmes, elles commencèrent à devenir plus autonomes, restées célibataires elles ne furent plus nommées « vieille fille » à partir de l’âge de 25 ans, ou « fille mère » si jamais elles avaient un enfant hors du mariage. Le Deuxième sexe de Simone de Beauvoir parut en 1949, et même si moi je ne le lirai que fin années 1960 et début des années 1970, l’influence sur les mœurs fut « révolutionnaire » !

Ainsi nous ne nous sommes jamais comprises.

Son influence durant mon enfance

Je me souviens qu’elle allait au TNP voir Gérard Philippe, elle allait danser, elle en revenait toujours pleine des bonheurs qu’elle y avait vécu, il faut dire qu’elle est extravertie, alors que je suis introvertie.

Puis elle eut une période de croyance catholique fervente, au point de faire le pèlerinage de Paris à Chartres à pied.

Elle se levait tôt pour se rendre la plupart des matins à la première messe dans son église favorite située dans le 5ème arrondissement de Paris. Une des plus anciennes et petites églises de Paris : Saint-Julien le Pauvre. Était-ce le nom qui séduisait Micheline ? car de culte grec ; ou sa beauté, lovée dans ce quartier animé de Paris, plutôt fréquenté par les étudiants des facultés alentour, elle parait comme un havre de paix.

saint julien le pauvre
saint julien le pauvre

Ce fut le modèle qu’elle me montra, bien que je n’atteins jamais cette sorte de piété. Enfant je décrochais le crucifix au dessus de mon lit pour l’allonger à côté de moi en disant qu’il avait besoin de se reposer de sa posture debout permanente, quoique cela ne prouva pas ma croyance en Dieu mais plutôt ma compassion pour autrui.

Ma sœur se convertit au protestantisme

Puis ma sœur rencontra un jeune homme, Claude Quétin, qui allait devenir son mari sept ans plus tard. Ils se fréquentèrent et attendirent sept ans avant de se marier, ma sœur restant vierge. Même pour les années 1950/1960 cette conduite était exceptionnelle. Certes lui était en cours d’études de médecine, plus sa spécialisation de pédiatre, mais ils se marièrent juste avant la fin de ses études car il eut un poste de remplaçant en province. Ce futur mari était, de tradition par sa famille, protestant calviniste, de l’Église réformée de France.

Ce qui me déstabilisa, pré-adolescente, fut que ma sœur se convertisse au protestantisme. C’était une obligation pour elle si elle décidait de se marier avec ce jeune homme. Ainsi ma sœur ainée ne sortit plus et ne nous apporta plus cette fraicheur de la culture qu’elle découvrait !

Il faut se replacer dans les mœurs de l’époque pour comprendre le choc. Les guerres de religion en France avaient eu pour cause le protestantisme, considéré comme hérétique. Cette certitude perdura longtemps dans la communauté catholique majoritaire à 80 % en France. Les Papes successifs les désignaient comme tels, encore durant mon enfance et mon adolescence. J’en fus désorientée. C’est à cette époque, vers 12 ans, que j’allais donner mon « congé » aux sœurs franciscaines du patronage que je fréquentais plusieurs fois par semaine. Elles en furent surprises et me demandèrent un entretien. Leur ai-je dis que « je ne croyais plus en dieu » ?

Un fait particulier participa à mon éloignement de ma sœur. Alors que nous nous promenions, moi, ma sœur, son futur et un de leur ami, ce dernier déclara que marié la relation sexuelle avec une épouse ne devait se faire :

  • qu’à travers un trou percé dans la chemise de nuit de l’épouse. J’en fus perturbée, bien que ne sachant que peu de chose de la sexualité, au point que ce fait contribua à m’éloigner d’avantage de ma sœur. Je n’en dis rien à personne, ma sœur ne put soupçonner le choc que je reçus ce jour-là.

Ma sœur Micheline développe sa jalousie à mon égard…pour toujours !

Micheline d’une part était jalouse de l’attention que notre mère me prodiguait, oubliant qu’un bébé, puis une enfant, suscitait forcément plus d’attentions qu’une jeune adolescente, puis jeune fille. Il est vrai que Micheline avait été fille unique durant plus de 10 ans recueillant par la force des choses l’unique attention de nos parents.

Curieusement je peux témoigner de l’inverse : je le développe dans un billet : ils parlaient tous les trois avec animation, ne prêtant pas au fait que moi je restais muette…

Notre mère fit quelque chose d’important pour Micheline :

  • elle loua une chambre à l’entresol du même bâtiment pour qu’elle ait son autonomie. Micheline après des études d’infirmière avait commencé à travailler dans un sanatorium de la banlieue où elle dormait de temps à autre. Quand elle sortait le soir tant au théâtre que pour aller danser. Cette chambre lui permettait aussi d’avoir ses horaires personnels. Il lui suffisait de monter cinq étages pour se retrouver en famille quand elle le désirait, elle pouvait sinon rester dans l’appartement des loueurs tant pour manger, dormir, vaquer à sa vie quotidienne, sans l’ennui, pour une jeune fille, d’avoir la petite sœur dans les jambes. Micheline prit-elle conscience de cet immense cadeau ? À moins qu’elle le retourna à l’envers pensant :
  • on m’a mise à l’écart de la famille ?

Cet écart d’âge ne m’explique pas pourquoi ma sœur développa une telle jalousie à mon égard durant toute sa vie,

  • allant jusqu’à me démolir auprès de mon fils,
  • m’engueulant les rares fois où nous nous croisions (par exemple les enterrements de chacun de nos parents)
  • propageant des médisances sur moi à toute notre famille habitant Reims
  • son mari m’interdit de communiquer en ouvrant mes lettres adressées à ma sœur et ne les lui délivrant pas !

Rapidement il se révéla que nous n’avions pas du tout la même conception de la vie, encore moins de ce qu’est être une femme.

Coma d’acétone enfant …Hypoglycémique à vie

hypoglycémie

Maladies d’enfance et pour la vie

Vers trois ans j’eus d’affilée la rougeole et la coqueluche. Je sais que je faillis ne pas en survivre, et que mes parents avaient, sur l’indication d’un médecin, envisagés de me faire monter dans un avion, parait-il que le changement d’altitude pouvait arrêter les quintes de toux.

Puis se déclencha des crises de coma d’acétone, bien que je me demande si ce n’était pas une chute brutale du sucre dans le sang. Ma mère en était affolée. En effet un enfant dans le coma sans raison expliquée à de quoi inquiéter une mère. Je restais couchée plusieurs jours. Ma mère me mettait à jeun, ou m’alimentait avec quelques potages de légumes, et me donnait des tisanes d’un abbé dont j’ai oublié le nom, sur recommandation de voisines ou de pharmacien ? Personne ne savait ce que c’était.

Ce n’est qu’adulte que j’appris que c’était l’annonce d’un déséquilibre du sucre dans le sang :

L’insuline augmentait dans le sang, mais peut-être aussi une carence en glucose. L’insuline, produite par le pancréas, régule le sucre. Ma mère disait que ma chambre sentait la pomme de reinette caractéristique dés le début de mes crises.

En fait elle faisait, de bonne foi, l’inverse de ce qu’il eut fallu faire :

m’alimenter de denrées riches en sucres lents et en graisse : pain beurré, biscuits, rillettes avec du pain

Hypoglycémie

hypoglycémie
hypoglycémie

Je l’appris adulte par une expérience constante, car je suis hypoglycémique à vie.

Une confusion fréquente quand j’ai besoin de le signaler est avec le diabète : je n’ai jamais eu trop de sucre dans le sang, quand on cherche sur le net c’est la référence que l’on trouve : le diabète : NON, NON NON je n’ai jamais eu trop de sucre dans le sang !

mes symptômes sont toujours les mêmes : tremblements des membres et de tout le corps et fatigue intense.

J’ai en général sur moi quelques biscuits pour m’empêcher au cas où un malaise arriverait à tomber dans une sorte de coma, soit fatigue intense qui m’endort…

Ma mère surveille mon intestin de 4 à 12 ans : cauchemars

honoré daumier, un affreux cauchemar, 19th century

Enfant ma mère surveille plus particulièrement mon intestin

Les WC étaient placés idéalement pour elle : un petit couloir s’ouvrait de face sur les WC et sur le côté droit sur la cuisine. Elle pouvait aisément aller de sa cuisine à moi assise sur la lunette des WC, ma culotte descendue entravant mes jambes. Ma robe ou ma jupe cachait le « reste ».

Peut-être faisait-elle une projection sur moi de son propre intestin car, je l’appris adulte, elle avait ce qu’on appelle un intestin « paresseux ».

Ainsi elle me donnait sans cesse des pruneaux, je les ai pris en dégoût pour le restant de mes jours. Elle me faisait pour ainsi dire la becquée : armée d’une coupe où les pruneaux avaient séjourné dans l’eau, elle me les donnait un à un de sa main, en les piochant au fur et à mesure et surveillait bien que je les mangeais et les avalais.

Évidemment que cette surveillance se portait avec insistance sur ce que je produisais aux WC. Peut-être étais-je constipée après tout ? Une enfant de 4 à 12 ans est-elle constipée par nature ? Ne peut-elle le devenir parce que justement une telle attention est attachée à son « rendu » ?

Car je me souviens avoir été assise sur ce « trône » immobile ce qui me semblait des heures, la culotte tombée à mes pieds et les entravant ; elle venait vérifier à chaque instant ce que j’avais « produit » dans la cuvette. Si ce n’était pas suffisant à son goût elle me disait : « encore un peu ».

J’en fis des cauchemars, enfant, durant des années. Dont bien sûr je n’en parlais jamais à personne, de toute façon qu’aurai-je raconté ? Un cauchemar il est entendu que ça n’a ni sens ni raison. Si je l’avais raconté ma famille se serait moquée de moi, tant ma mère que ma sœur, quant à mon père il ne s’occupait jamais de l’éducation des filles, tâche exclusive de la mère. En fait je mis du temps à identifier ces cauchemars :

Enfin je comprends les cauchemars que je fais enfant

Ce n’est qu’adulte, durant l’analyse que je fis de 44 à 49 ans, allongée sur le divan, que ces cauchemars revinrent à ma mémoire :

Je me rappelais que j’étais dans une sorte de puits et que je tombais en tournant dans un vide sans fin accompagnée d’un tas d’autres « objets » que je n’identifiais pas. Je ne comprenais pas plus pourquoi j’étais ainsi dans ce puits sans fond. Répétant et décrivant les images oralement, allongée là sur le divan qu’enfin je compris de quoi il s’agissait : c’était bien moi, enfant, assise sur les WC, je fantasmais que je tombais dans le trou de la cuvette, accompagnée de mes morceaux d’excréments qui tournaient avec moi dans ce trou sans fond.

Avais-je eu peur, enfant de tomber dans la cuvette ?

honoré daumier, un affreux cauchemar, 19th century
honoré daumier, un affreux cauchemar, 19th century

Introvertie et dyslexique 1951-1958 base de mon instabilité

carnet de notes de 1948 1949

Dyslexique

Personne n’avait jamais entendu parler de la dyslexie.

Dans mon souvenir de l’âge de 6 ans à l’âge de 12 ans, du cours préparatoire à la classe de 5ème, toutes mes dictées étaient barrées de grands traits rouges avec annotation négative écrite gros en rouge, pour les autres élèves les notes et appréciations étaient écrites en bleu,

Mais ce souvenir cauchemardesque vient d’être éclairé par un carnet de notes de 1948 à 1949 qui me classe « bonne élève »

Ce ne seraient qu’à partir du lycée, soit la 6ème, que mes dictées furent truffées de bien plus que les 10 fautes déjà trouvées excessives. Plus tard, à partir de la 3ème, je fus aussi excellente dans l’analyse du sens des textes.

…voici un exemple concret de l’effet de ma dyslexie à l’âge de 18 ans quand j’ai découvert Freud… confondant inverti avec introverti !

À l’oral je n’étais pas mieux

Je bégayais, ne retenant pas les textes à apprendre, qui d’ailleurs m’ennuyaient ; cette autre difficulté à l’oral dénotait que dans ma famille je n’avais pas l’occasion de m’exprimer, que personne ne prêtait attention à ce que j’aurais eu à dire, les trois autres membres de la famille parlaient entre eux abondamment, ne faisant aucune interruption pour me poser des questions sur mes journées par exemple. Ce n’est qu’à partir de la 3ème que je commençais à m’exprimer oralement uniquement avec mes camarades de classe, de plus je montrais une propension à les écouter des heures durant.

Introvertie

J’étais donc une introvertie, mais l’étais-je de naissance ou par la force de l’environnement familial dans lequel j’étais, puisque aucun espace ne m’était laissé pour raconter ma journée, émettre quelqu’avis que ce soit. J’avais de plus l’unique choix de me montrer gaie, inconsciemment je devais savoir que si j’étais triste c’eut été pire encore, et mon orgueil naturel ne me permettait pas de montrer quelque infériorité que ce soit, face aux trois « grandes personnes » qui m’entouraient.

N’étais-je atteinte de dyslexique que dans le cadre de la scolarité ?

carnet de notes de 1948 1949
carnet de notes de 1948 1949

À moins que mon défaut n’était que de la dysorthographie ? Plus jeune j’aimais écrire en miroir, soit de droite à gauche et non de gauche à droite. Suis-je une gauchère contrariée ? J’avais d’autres symptômes qui avaient été pris en compte à la gymnastique : mon pied d’appel étant le gauche il fallut me mettre de l’autre côté de la corde sinon je m’emmêlais les jambes et les pieds et je tombais. Ainsi la seule personne qui le prit en compte par la force des choses fut la professeur de gymnastique à partir de la 6ème, et malheureusement ne le communiqua jamais aux autres enseignants. Mais elle fut trop observatrice de mon corps et, alors que j’avais à peine 10 ans, elle me reprocha mon buste plat sans aucun soupçon d’une quelque naissance que ce soit de poitrine et me demanda si j’étais bien nourri, soupçonnant que j’avais un corset, me classant devant toutes les autres filles de « rachitique » !

Entrée en 6ème au lycée

Étant née en décembre j’étais rentrée en 6ème à l’âge de 9 ans ½, soit beaucoup trop jeune et immature. Âge aussi auquel je fis ma première communion étant la plus petite des communiantes en taille. Mais bientôt je les rattraperai toutes et les dépasserai en taille.

Je faisais aussi du latin dès l’entrée en 6ème, dont un an de redoublement, puis en 5ème. Il est à remarquer que j’ai retenu toute ma vie cette base qui me fut si utile pour la compréhension du français, je m’y référais sans cesse pour tout nouveau mot, ou pour mieux écrire d’après le sens d’origine du mot latin. Donc je n’étais pas si nulle que l’indiquait mes dictées, ou que le jugeaient mes enseignants. Je ne comprendrai jamais pourquoi j’ai été si freinée dans mon évolution scolaire ce qui m’handicapa toute la vie, et induisit pour la vie un certain comportement.

Toute ma vie j’ai pu bricoler ou laver les vitres au choix de la main gauche ou de la main droite, ce qui est un avantage. Mais écrire de la main gauche était interdit du temps de ma scolarité, peut-être que sinon j’aurais eu un niveau normal en orthographe ?

Dyslexique base de mon instabilité à vie…

Cependant ce qu’il faut bien appeler un handicap, la dyslexie, eut pour conséquence une totale instabilité. En effet aucune école n’accepta de me garder plus d’un an à partir de la 5ème alors que j’avais redoublé la 6ème.

Et ma mère de quémander auprès de telle nouvelle école ma rentrée, pourtant obligatoire : aucune école ne voulait de moi.
Un éclair se produisit en 3ème grâce à l’algèbre que je trouvais jubilatoire, et dont je me passionnais. Mais cela était totalement insuffisant pour plaire à une école ! J’aimais aussi la chimie, un peu la physique.

Mais toutes ces matières quel intérêt pour une fille ? J’eus été un garçon peut-être qu’on aurait été plus indulgent avec moi, donnant tout espoir pour mon avenir dans le technique. Pour une fille personne n’y pensa. De toute façon mon avenir était écrit d’avance : attendre le mari puis avoir des enfants. Tel était le seul avenir envisageable pour une fille.

J’ai ainsi égrené :

  • lycée,
  • cours complémentaire,
  • école religieuse,
  • école privée,
  • école à bac.

Ce parcours instable et de rejet permanent orienta tout mon avenir de jeune fille puis de femme. Il me fallut acquérir seule une confiance en moi par d’autres voies.

J’ai donc fréquenté :

  • Lycée de Sèvres pour la 6ème et la 5ème où je me rendais en train, puis à
  • l’École complémentaire de Chaville en bicyclette pour la 4ème et la 3ème.
  • Une autre école située à Versailles je repris le train pour la 2de,
  • Une école privée à Paris pour la 1ère où je me rendais par le train. Ce n’était que le début de mes allées retour à Paris que je commencerais à fréquenter pour mon plaisir.

Au moins changer constamment d’école me donna une autonomie de mouvements, j’appris tôt à me déplacer seule et par des moyens de transports divers.

Dans

  • l’école complémentaire j’étais avec des élèves qui n’étaient pas de ma classe sociale, et à mon insu, j’appris beaucoup de leur mode de vie, ce qui me servira toute la vie : je savais ce qu’était la différence entre les classes sociales dès la classe de 3ème : les logements étroits, sans salle de bains, les cloisons fines, les chambres pour trois enfants, ou plus, les odeurs dans les cages d’escalier. Bien que je ne connus le terme « classes sociales » qu’une fois adulte
  • Puis je fus mise dans une école religieuse catholique. Mal s’en trouva car j’étais justement en pleine remise en question, depuis l’âge de 12 ans, de ma croyance en Dieu. Je rechignais à me confesser comme nous en avions l’obligation, j’avais beau chercher je ne me trouvais pas de « péchés », et n’osais pas ne pas effectuer les prières qui m’étaient prescrites car elles devaient être effectuées aussitôt à la vue de tous dans l’église.
  • À l’école à bac de Paris je fis un peu d’italien pour la 1ère fois, et je rencontrai ma première amie avec laquelle nous parlions des heures entre autre dans les longs transports en commun…

Le temps où j’étais une croyante fervente était passé,

  • vers 15 ans j’étais dans une situation intermédiaire : déiste, n’osant encore être simplement athée, j’en expliquerai la raison dans un autre billet…

Jeux d’enfance la nature, ciel et les autres enfants 1945-1953

ciel bleu nuage leger

Environnement de mon immeuble à Vanves

Celui-ci est bâti au faîte de la colline, en contre bas un autre groupe d’immeubles rouges, parce qu’en briques, où logent des familles d’un niveau social plus modeste. Un mur au fond de notre terrain le surplombe et nous en sépare. Depuis ma chambre au 6ème étage j’observe les mouvements des gens qui vont et viennent et des enfants qui jouent dans la cour de ces immeubles rouges.

Mes premiers contacts avec la nature

Un grand espace découpé en plusieurs parties, de 10 à 15 mètres de profondeur, s’étend tout le long notre immeuble (invisible sur la photo) juste derrière les immeubles en briques rouges, devant notre immeuble qui domine sur ce haut de la colline.

Tout au fond un ancien tennis réduit à l’état sauvage qui n’a pas l’air d’avoir un jour servi à ce pourquoi il était destiné, cerné par le mur du fond et un bâtiment de chaque côté.

Vue d'ensemble d'une partie de Vanves nord
Vue d’ensemble d’une partie de Vanves nord

Devant cet ex-tennis une allée cimentée réservée aux voitures qui se garent là. Puis viennent deux grandes plates bandes fleuries et bien entretenues où aucun piéton ne marche jamais.

Entre ces plates bandes et l’immeuble une allée pavée réservée aux piétons, puis des pelouses au pied de chaque bâtiment.

Le long de chaque logement du rez de chaussée des bacs à charge de chaque locataire de l’agrémenter de fleurs et l’entretenir, ils sont souvent laissé à l’état de nature.

Je m’assois au sol dans le fond à droite de l’ex-tennis et observe chacune des plantes, qui varient au long des saisons.

Personne ne me donnera les noms de ces plantes qui sont presque mon obsession et aucun livre à la maison ne traite de botanique.

Je les dépiaute, telles ont des fleurs à certaines saisons, telles autres restent très basses et sont garnis de sortes de vésicules remplies de graines, les verts s’étendent du clair au foncé, d’autres montent plus vites et se font remarquer surtout lorsque des fleurs blanches s’ouvrent en calice.

Ce lieu qui peut paraitre de l’extérieur comme un vulgaire terrain vague sera mon premier et unique contact physique avec la nature, et l’avantage est que j’y suis seule, personne ne vient jamais me déconcentrer.

Jeux d’enfants

Cet ancien tennis est surmonté sur le côté gauche d’un escalier amenant à un habitat toujours clos ; il est longé d’un muret étagé qui sert de promontoire pour sauter de là en choisissant les hauteurs selon la hardiesse de chacun.

La grande allée du bas de l’immeuble est l’objet de courses folles des enfants rentrant par un bâtiment, puis montant les sept étages jusqu’aux chambres de bonnes, passant d’un bâtiment à l’autre par le couloir du haut qui relie ces chambres, sans aucune discrétion de cette bande d’enfants que nous formons qui crie sa joie de vivre.

Nous jouons aussi à sauter les marches en bois par deux, trois, quatre, jusqu’à six, assorti de nos cris de victoires, ou encore, les plus hardis s’assoient sur la rampe en bois et se laissent glisser sur plusieurs étages.

Les habitants ne protestent pas, peut-être que le concierge finit par intervenir pour nous calmer. Donc enfant très sage, voire silencieuse à la maison, je deviens tout autre aux pieds des bâtiments de mon immeuble : gaie, joyeuse, criant et courant avec les autres, ma famille ne s’aperçut jamais de cette facette de moi, extravertie.

Observer le ciel

Je me mettais souvent au balcon, dont la rambarde de protection m’arrivait sous les épaules (j’avais entre 5 à 12 ans, et plus petite que la moyenne), les jours de beaux temps pour admirer le ciel qui m’apparaissait proche à le toucher. J’y voyais des animaux défiler devant mes yeux que j’identifiais selon la forme des nuages qui passaient devant mes yeux depuis la droite vers la gauche, le vent dominant devant aller du nord vers le sud.

C’est un habitude que j’ai gardé : observer le ciel (voir wikipedia pour plus d’explications), voici quelques unes de mes photos:

École primaire du CP au CM2 de 1947 à 1952

carnet de notes 1949 (1)

École primaire du CP au CM2 de 1947 à 1952

En guise de préalable il faut dire que j’ai retrouvé mon carnet de notes de 1948 à 1949 (de 7 à 8 ans, soit le CE1), tout à fait par hasard, ne sachant même pas que j’avais un tel carnet : il était au fond d’une des boites consacrées à toutes mes photos, tant celles prisent par mes parents dans mon enfance que jusqu’années 1980, du temps où j’avais un appareil photo reflex.

Jusqu’à cette trouvaille extraordinaire j’avais un souvenir cauchemardesque de mes années d’école car j’étais persuadée être dyslexique car je n’avais que des dictées barrées de grands traits rouge et de notes et commentaires comme quoi j’étais en quelque sorte demeurée ou une personne n’ayant pas une intelligence normale !

Le français comme matière unique ?

À cette époque l’instruction générale des enfants avait comme axe central le français écrit, toutes les autres matières, tels l’histoire, la géographie ou l’arithmétique n’étaient que secondaire voire inexistantes au regard du français promu tout en haut de l’édifice.<

À moins que cette norme ne soit spécifique à l’enseignement des filles ? Étant donné que les garçons étaient enseignés dans des classes séparées, je ne le sus jamais.

Je ne nie pas ainsi que le français ne soit pas essentiel pour comprendre toutes les autres matières, mais c’était par les dictées qu’on devait prouver ses connaissances, un peu par les récitations. Ainsi quand une élève comme moi était atteinte de dyslexie elle était considérée soit comme faisant preuve de mauvaise volonté, soit à demi-arriérée.

Aucune autre matière n’était prise en considération même si j’étais excellente en analyse grammaticale qui prouvait ma compréhension du texte français, à reconnaitre les verbes, leur temps, les adjectifs, les compléments d’objets, les rapports de chacun entre eux et ainsi un esprit tout à fait apte à exercer une certaine intelligence.

Les années de lycée ne seront pas mieux, voire pire encore car j’étais expulsée et aucune école ne voulait de moi

Mon école primaire

Elle parait avoir disparu : quand on va sur le site de la commune de Vanves elle est introuvable.

Mais grâce à l’histoire on peut retrouver une image assez détériorée car elle parait grise, alors que dans mon souvenir elle était rouge brique. Par contre sa structure à étages avec terrasses est telle que je l’ai fréquenté de 6 à 10 ans.

Mais l’immense différence d’avec cette photo est qu’elle était sans aucun immeuble sur son pourtour, j’y arrivais, à pieds, par son côté gauche.

Je vous la propose telle qu’on la retrouve sur le net à ce jour.

En trop je ne connais pas la signification de aimer !

des colonies de vacances sont regulierement organisees sur le littoral et ailleurs dans le departement

En trop je ne connais pas la signification de aimer !

Nourrie, logée, habillée… rien ne se voit de l’extérieur, même moi j’ai mis du temps à réaliser !

Quand on n’a connu que cette sorte d’indifférence on ne voit rien, on ne réalise rien. D’autant que la famille n’était pas démonstratrice : on ne se touche pas, une bise sur chaque joue sans se toucher, pour se dire bonjour, sauf ma sœur qui me prenait dans ses bras…

Ils faisaient un groupe de trois personnes : ma sœur, ma mère et mon père. Moi je me mettais sous la table où ils étaient à bavarder, rire, échanger sur tout et rien, j’ai oublié de quoi ils parlaient, je n’écoutais peut-être pas, je me souviens par contre très bien que je ne disais rien, j’étais comme muette. Ce qui m’a durée toute la vie : j’ai encore du mal à parler, par contre je suis excellente dans l’écoute !

Il fut un moment où je regrettais de ne pas faire ce qu’il eut fallu pour devenir psychanalyste. Mais pour ça il eut fallu que je fasse une analyse tôt… ce que je n’ai jamais osé faire à temps (1) en attendant durant mon adolescence je lisais Freud et tous les autres…

Ma mère est absente

Une de mes grandes interrogations restée pour toujours sans réponse :

mais qu’est-ce qu’elle fait toutes ces après midi qu’elle passe dans les magasins ??

car elle était souvent (ce mot étant relatif, car je ne sais l’attribuer à un temps défini) absente quand je rentrais de classe de primaire.

Alors je faisais pipi sur le tapis… il m’est arrivé de me faire disputer par le voisin pour ces traces qui restaient définitives, et je m’asseyais sur les marches face à la porte de notre appartement, ou alors j’allais visiter l’étage supérieur qui contenait les chambres de bonnes, sans bonne !

par contre elle est obsédée par mon intestin… j’en ferai des cauchemars encore adulte…

Pour les grandes vacances on m’envoie ailleurs…

mes première vacances « seule » furent à la campagne, dans une famille, du temps des moissons, ici une photo prise par moi en 2008

moisson 3
moisson 3

Colonies de vacances :

des colonies de vacances sont regulierement organisees sur le littoral et ailleurs dans le departement
des colonies de vacances sont régulièrement organisées sur le littoral et ailleurs dans le département

La première colonie de vacances fut sous l’égide de ma sœur à Saint-Brieuc qui y était monitrice, j’avais 5 ou 7 ans ? C’était une colonie catholique organisée par des religieuses.

Ensuite j’ai été envoyé trois ans d’affilée, de 8 à 11 ans, en colonie de vacances du Touring-club de France à Andernos-les-bains proche d’Arcachon, et Cauterets dans les Pyrénées. J’en ai d’excellents souvenirs !

Puis mes parents me prirent une fois avec eux dans un des premiers camps de vacances, sous tentes, à Palinuro dans le sud de la « botte » de l’Italie organisée par le Club Méditerranée, je ne me souviens pas de l’année… je suppose au seuil de mon adolescence, vers mi des années 1950.

Angleterre pour apprendre l’anglais :

Puis mes parents trouvèrent une meilleure solution : m’envoyer pour de longs séjours en Angleterre pour apprendre l’anglais, ce qui me fut utile pour toute la vie ! Je fis donc des séjours de un à trois mois :

  • par un organisme qui organisait des séjours de langues pour un mois, j’y allais en bateau pour traverser la Manche
  • puis dans directement dans des familles durant 3 mois, et je prenais l’avion pour la deuxième fois, mais seule.

Il y eut un nouvel essai de m’emmener avec eux, mais ils y invitèrent en plus mes deux cousines (filles de ma tante qui habitait Reims) et nous allâmes à Argelès-sur-Mer où ils avaient louer une maison pour un mois.

Mon premier voyage seule en 1963 : la Yougoslavie

Je me souviens qu’une année je partis avec quelques ami-e-s à Arcachon, j’avais autour de 18 ans, et c’est là que je perdis ma virginité, d’une manière simple et naturelle…

Pour l’été 1963 ils me permirent de choisir un voyage.

Je choisis un voyage en caïque sur la cote Dalmate… j’en reparlerai dans un billet spécifique car c’est là que je rencontrais mon mari (pour mon malheur).

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Nota bene : chaque sujet de ce billet sera repris pour des développements spécifiques car je prends le parti de traiter des sujets plutôt que strictement chronologique qui ne pourrait qu’être incompréhensible.

(1) j’ai fait une analyse aussitôt après la mort de ma mère en 1985…jusqu’en 1991.

Visite et révélations à Rome années 1950

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Visite et révélations à Rome

Années 1950, alors qu’en France les tickets de rationnement avaient arrêté d’être le seul moyen d’acheter de la nourriture, mon père voulut faire connaissance avec la famille de sa femme résidant à Rome. Il nous y emmena en voiture.

Je découvris la famille dont était originaire ma mère, Alda, par sa mère, Anita, qui l’avait quitté fin du 19ème siècle

Je ne me souviens pas des gens, mais uniquement de l’appartement qui me parut immense et des sols en marbre qui brillaient ! Mais comme c’était l’été tout était assombri pour se protéger du soleil qui tape à Rome, sud de l’Italie.

Secours d’Enrico années 1920 à 1930

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rome antiquite et moderne

Là, par Enrico, le frère cadet de Anita, ma grand-mère qui était morte dix ans auparavant, ma mère apprend qu’il l’a secouru  durant les années 1920 à 1930, à l’insu du reste de la famille au milieu de laquelle il vivait, lorsqu’elle se retrouva abandonnée par son mari avec trois enfants à charge. (je rappelle que Anita repartit pour l’Italie années 1930 avec son fils cadet).

Ma mère n’avait sans doute pas encore réfléchi à la situation de sa mère, Anita, quand elle s’était retrouvée abandonnée par son mari années 1920.

Alda, adolescente à ce moment, n’avait pensé qu’à elle-même. Fille ainée elle avait un rôle majeur : aider sa mère dans ses tâches ménagères et d’éducation des plus jeunes, Olga et Giordano. Si bien qu’elle n’alla pas souvent à l’école.

Sa mère a du lui paraitre égoïste dans son désespoir de femme abandonnée, alors qu’elle-même était privée de son père et qu’il lui manquait gravement.

Anita devait être dans un état de dépression non diagnostiquée et encore moins soignée, peu encline à accomplir les tâches quotidiennes (1) d’une femme seule en charge de 3 enfants, qui devaient s’étager de 8 ans, 10 ans, 13 ans pour ma mère quand elle quitta le foyer familiale.

Enfant j’ai accompagné ma mère en Italie à la sortie de la guerre, puis années 1950

Ma mère fut bouleversée durant plusieurs jours, voire semaines : elle s’était comporté comme une fille (10/14 ans) égoïste ne pensant qu’à sa condition personnelle à qui il manquait un père, et qui n’allait plus à l’école…

Elle se le répétait tout haut, prenant les autres à témoins, comme pour s’assurer qu’elle comprenait toutes les répercussions à postériori d’une telle information. Moi, sa fille cadette, en a gardé un souvenir marquant, par exemple ma mère en parlant devant tout le monde dans le métro parisien…

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(1) pas de machines électriques à l’époque pour laver le linge, la vaisselle, etc…

Née le lendemain de Pearl Harbor

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Née le lendemain de Pearl Harbor

Je suis née le 8 décembre 1941 à Vanves ex département de la Seine (soit hors les murs de Paris), intégré à la Seine-et Oise, puis les Hauts de Seine. Mon numéro de sécurité sociale contient le 75 autrement dit « la Seine » !

Ma naissance eut lieu chez une femme, pas loin du domicile familial, qui pratiquait les accouchements. Ma mère eut la pudeur de ne pas me parler de son accouchement.

Vanves

Nous habitions dans le grand immeuble qui surplombe « Vanves panorama » au fond faisant une sorte de barre haute, contenant sept parties chacune avec son entrée et son escalier (qui depuis quelques années s’est vue ajouter un ascenseur, alors que de mon temps nous montions les sept étages, au 6ème (au-dessus d’un entresol, soit 7 étages) sans ascenseur. Sur le côté gauche on peut voir le lycée Michelet, réservé aux garçons de mon temps.

Pearl Harbor : 2de guerre mondiale

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Je suis donc née le lendemain de Pearl Harbor (attaque par les Japonais de ce port, ce qui déclencha l’engagement des États Unis d’Amérique dans cette seconde guerre qui devint mondiale, alors qu’elle sévissait en Europe et en Asie – en Chine plus particulièrement envahie par les Japonais, depuis 1935, qui continuèrent leur envahissement jusqu’en Birmanie): certes je n’en eus pas conscience, mais cela eut une certaine répercussion, tout au moins morale et de souvenirs divers, sur ma vie.

Il me reste quelques traumatismes des bombardements, des séjours dans les caves de l’immeuble, assis sur des bancs. Qui me revinrent particulièrement le 24 février 2022 lors de l’attaque de l’Ukraine par le Russie. Et me déclencha une dépression nerveuse pour laquelle je suis soignée par antidépresseur.

Mes parents s’entendaient bien, mon père adora sa femme, ma mère, toute sa vie.

Ma mère était peu démonstrative à son égard.

Ma sœur

J’avais une sœur, toujours vivante à ma connaissance, née le 31 mai 1931. Elle me garda rancune toute sa vie d’avoir eu « le culot » de naitre ! Elle médit de moi auprès de chaque membre de la famille, dont mon fils.

Alors que quand je pris conscience de sa jalousie perpétuelle à mon égard, je m’écartais de sa fréquentation dès le début des années 1970 : autrement dit tout ce qu’elle peut dire à mon propos ne peut être que pure invention !

Italie

Les parents de ma mère, Alda, étaient tous deux nés en Italie : Anita à Rome, son père Giovanni à Bologne. J’en parlerai en son temps.

À la sortie de la guerre elle partit avec moi, âgée de 3 ou 4 ans, pour l’Italie pour rendre visite à sa mère à l’article de sa mort. Il parait que je me mis à parler couramment italien. Certes nous dûmes y rester quelques mois. Je fis la connaissance de mon oncle, Jordano, frère cadet des 4 enfants de ma grand-mère. Je revins enthousiaste de l’Italie… pour de longues années.

Je proclamais « je suis italienne » dans la classe, je ne sais ce qu’ils en pensaient, n’ayant aucun souvenirs de ces moments ! Il faut rappeler que les Italiens étaient aussi méprisés que les Arabes de nos jours, en voici une preuve :

interdit aux chiens et aux italiens
interdit aux chiens et aux italiens