Jean-Jacques Porchez antisioniste mère juive mort 22-02-2023

jean jacques porchez a cuba mars 1964 buste

Qui était Jean-Jacques Porchez ?

De mon point de vue, moi qui le connus à l’été 1963, à un moment où il était encore dans la gloire d’avoir fait du soutien au FLN en tant que porteur de valise commencé à son adolescence (il est né en juillet 1938) jusqu’en 1962 (mars 1962 : indépendance de l’Algérie), je le connais « à l’envers », c’est à dire non en tant qu’homme glorieux, mais dans son mal être : il parlait difficilement, il était timide, il bégayait, en un mot il était mal dans sa peau, le fait qu’il était accompagnateur lui permettait d’avoir un rôle et donc le protégeait.

jean jacques porchez a cuba mars 1964
Jean-Jacques Porchez a Cuba en mars 1964

 

Et d’ailleurs il portait des lunettes teintées foncées pour que son regard ne soit pas « clair » pour les autres, il le voilait pour cacher quelque pensée ou sentiment qui pourrait « déborder » ! car il n’était « que » myope aucune raison médicale pour se voiler ainsi la vue…

Je ne savais rien de la politique à l’époque : il m’y initia en quelques minutes !

Antisioniste

Mais mon propos ici, et vu l’actualité de la guerre de Netanyahou contre le Hamas, est de parler du principal : son antisionisme. J’en ai dit quelques mots à propos d’une discussion au moment de la guerre des 6 jours.

Je vais ici vous expliquer ce qu’est l’antisionisme, au risque de vous surprendre, car peu de gens en parlent sinon par exemple dans un article du Monde diplomatique, voir aussi un billet de blog sur Mediapart.

Le peuple juif n’existe qu’en tant que « croyants », il n’existe pas d’ethnie juive, pas plus qu’il n’y a d’ethnie française, ou italienne ; Y a-t-il une ethnie chinoise ? pas plus ! Mais il y a une ethnie Han, et c’est à partir de ce fait que Xi-Jinping opprime tout ceux qui, d’après lui, ne font pas parti de la Chine…

… donc l’ethnie « juive » n’existant pas être sioniste n’existe pas non plus ! Le sioniste n’est possible que du point de vu des croyants et pratiquants de la religion juive…

Jean-Jacques Porchez étant athée, logique avec lui même (et fidèle à la tradition familiale remontant à sa grand-mère émigrée de Saint-Pétersbourg en 1905) il ne pouvait qu’être antisioniste.

Ce qui pose, vu l’actualité un énorme problème à tous les gouvernants, dont Macron, qui refusent l’Histoire et font la confusion entre antisioniste et raciste… sentiment qui ne peut exister contre un peuple qui n’existe pas !

Militantisme : guerre du Vietnam, Lip, journal Libération

ho chi minh le fameux char de 1975

Guerre du Vietnam

Les années de 1972 à 1976 seront des années ponctuées par la guerre au Vietnam qui s’amplifie, que je suivais quotidiennement depuis 1964, elle finit par la victoire des Vietnamiens sur les Etats-Unis le 30 avril 1975, le départ des GI’s, les boats people qui feront des centaines de milliers de morts, des réfugiés dans des camps en Asie (Hong-Kong). Des milliers de Vietnamiens sont accueillis par la France, ils sont reconnaissables à leur minceur et pattes d’éléphant dans le métro de Paris et construirons le futur quartier du 13ème arrondissement de Paris dénommé le quartier « chinois ». La suite, car la guerre n’est pas finie en Asie du Sud Est, sera le génocide perpétré par les Khmers Rouges au Cambodge, génocide du plus particulièrement à la faim dès les premiers mois , dans ce pays qui avait été le plus gros producteur de riz d’Asie du Sud. L’ONU sera complice puisque les Khmers rouges y détiendront le seul siège représentant le Cambodge jusqu’années 1990. Complice aussi la Thaïlande qui les laisse pénétrer et se réfugier sur leur territoire, par exemple quand les Vietnamiens interviennent pour faire cesser ce régime années 1980. Complices les chefs d’état qui les visitent : Birmanie, Roumanie, Corée du Nord, par contre la Chine prend ses distances.

Puis c’est LIP qui est menacé de fermeture.

Lip est une grande entreprise d’horlogerie française fondée en 1867. En 1971 débute des conflits d’intérêts entre les administrateurs mais surtout des concurrences internationales à bas prix. En 1973 les ouvriers, très qualifiés, ayant construit les premières montres à quartz françaises, apprennent qu’un plan de licenciement général est programmé : ils se mettent aussitôt en grève. La résonance se fait dans tout le pays, 1968 n’est pas loin, partout des comités de soutien se construisent. Après un temps de succès de la mise en autogestion (programme politique spécifique du PSU), une grande manifestation nationale est organisée à Besançon devenue ville morte, l’entreprise est liquidée en septembre 1977. Mais la marque LIP est gardée, passée, rachetée, un aller-retour à Hong-Kong, finalement la marque LIP et sa spécificité de montres à quartz reste vivante et continue sa vie.

Journal Libération

Ces années étant des années politiques sur tous les plans, il est envisagé de créer un quotidien, qui reprendrait le nom « Libération », nom qui avait une belle histoire liée à la Résistance. Le projet est de construire un quotidien totalement démocratique. Des comités seraient créés dans toutes les provinces françaises et relaieraient les informations qui seront remontées à Paris, le centre. À Paris je fais partie de cette organisation. Nous avons tout à organiser : la rédaction, ses relais en province, le contrôle de la distribution par les NMPP, ce qui nous oblige à des comptages constants pour que le journal soit présent en nombre suffisant dans des points de vente précis triés et choisis par nous. Cela commence à fonctionner, les informations remontent. Mais nous sommes vite confronter à la non rentabilité : il nous faudrait un capital. Nos modestes contributions n’y suffisent pas. Un jour, à l’occasion d’une réunion « au sommet » à laquelle j’assiste, j’apprends qu’un capital nous est versé gracieusement, mais le donateur veut rester anonyme. Je suis choquée, comme d’autres : quel est ce capitaliste qui va prendre le pouvoir ? Ce n’est que peu de temps plus tard que nous apprenons qu’il s’agit de Jean-Paul Sartre qui veut garder l’anonymat. Ouf, mais nous avons eu le temps d’avoir peur… cependant il démissionnera rapidement car déçu par la ligne politique qu’à pris le journal qui est devenu social-démocrate. Moi aussi et je ne le rachèterai plus jamais.

Adhésion au PSU en 1971 et changement climatique !

programme psu 1978

Mon adhésion au PSU

qui est le sigle de : Parti Socialiste Unifié curieuse dénomination car il n’a vraiment rien d’une unification !

programme psu 1978
programme psu 1978

J’adhérai au PSU au début de l’année 1971. Sa ligne autogestionnaire me convient tout à fait ; il rassemble plusieurs courants ce qui permet des discussions et échanges avec diverses lignes politiques (trotskiste, mao, paysanne) ;

il prend en compte le changement climatique que viennent d’annoncer des scientifiques, l’environnement fait partie de son programme : c’est totalement oublié de nos jours ! Il fut le seul parti à en tenir compte dans son programme, à part le seul parti spécialisé sur la question de Brice Lalonde  auquel adhéra Jean-Jacques Porchez.

il sera toujours proche des luttes.

Le PS, bien qu’en reconstruction, ne m’attire pas du tout.

Cependant je côtoie des militants de gauche divers, dont des trotskistes, qui de « mao » virent vers le journal « Rouge » ; d’autres « m-l » tentés par le passage à la violence, je les fuirai.

En France, à l’inverse de l’Allemagne, l’Italie, la Belgique, l’Espagne, les groupes violents n’eurent que peu de développement, elles durèrent jusqu’années 1980.

Quant au PCF…

j’en ai été exclue en 1964, je ne vais pas y revenir ! Quoiqu’il m’arriva d’assister à quelques réunions ouvertes à des non adhérents sympathisants, réunions d’un grand ennui où il n’est pas question de politique mais seulement de pratique : tracts, affiches, etc.

Je ne dois pas dire que je suis au PSU : très mal vu par le PCF qui le catalogue encore, suite à 1968, « d’extrême gauche » ou reprenant l’insulte adoptée par la bourgeoisie « gauchiste » : terme très péjoratif à ses yeux !

Période de 1968 à années 1980

La période jusque fin des années 80 seront des années de grandes contestations internes au PCF : exclusions, et surtout départs de dirigeants à la pelle… qui font scandales à chaque fois, certains essayant, sans lendemains, de reconstruire une autre structure…

Au PSU je fais connaissance d’ami-e-s, qui marqueront ma vie pour longtemps (Geneviève et Bernard, frère et sœur).

Et un compagnon ! Il est étudiant à polytechnique. Bientôt il tombe amoureux de moi, il me trouve belle, je le trouve agréable, sans plus. Il me demande en mariage.

Pourquoi pas ?!. Pour cela il me présente à sa famille qui habite Versailles :  Elle refuse ce mariage parce que je suis divorcée.

Lui ne voyait aucun inconvénient à élever mon fils auquel il s’est attaché.

Je le croiserai un jour dans une manifestation accompagné de sa femme et tenant un fils sur les épaules… crève cœur.

Après 1968 nous ne militons plus… mais notre couple va basculer

sartre sorbonne 1968

Après 1968, Jean-Jacques et moi ne militons plus

  • plus de réunions rue d’Ulm,
  • plus de réunions chez nous.
  • Nous ne nous joignons pas à quelque organisation maoïste française que ce soit, alors qu’elles fleurissent abondamment.
  • Nous ne lisons ni leurs livres,
  • ni leurs périodiques, souvent édités par ses anciens amis politiques.
  • Il ne fréquente plus ses connaissances « porteurs de valise » ou qu’il s’était fait en Algérie.

Mais il est chef d’entreprise et va gagner un fric fou !

Il vire de bord en peu de mois, la société de voyages dans laquelle il travaille a pris une position importante sur le marché du tourisme. Jean-Jacques en est le directeur. Il devient un homme d’affaires.

Il ouvrira un magasin d’antiquités rue Bonaparte

Bientôt, il ouvrira un magasin d’antiquités rue Bonaparte, spécialisé dans les œuvres originales d’Afrique, d’Indonésie… et sera interdit de séjour en Indonésie pour vol de biens nationaux… mais il n’était plus mon mari à cette époque-là…

En attendant moi je travaille

Après mes mi-temps, j’augmente mon emploi à trois quarts de temps, puis à plein temps, dans un cabinet d’avocats groupés de Maître Doss, Christiane Gillmann et d’autres avocats, et assiste à la création juridique du Festival de l’île de Wight de mars 1970, voulant reproduire en Europe le festival de Woodstock de 1969. Ce cabinet s’occupait surtout de constitutions d’entreprises, et bien que d’orientation politique de gauche, pas du tout de politique, ni de défenses d’employés.

Et notre fils grandit…

Jean-François grandissant, il n’a plus autant besoin de ma présence, et va maintenant à l’école maternelle, puis primaire.

Nous ne vivons pas sur la même planète

Il continue à vouloir tout me commander, et moi, je garde mon autonomie

En 1969, Jean-Jacques veut acheter un nouvel appartement. C’est moi qui dois le chercher et le trouver.

Il lui veut une qualité particulière : une terrasse. Ce genre d’appartement est rare. Je lis les annonces de chaque magazine spécialisé dans l’immobilier, durant des mois, je les présente à Jean-Jacques, je réponds à certaines. Rien ne plait à Jean-Jacques.

Comme pour l’appartement du 13ᵉ arrondissement, je n’ai aucun avis à proposer, je dois obéir ! Un appartement à sa convenance finit par être trouvé…

Il est au sommet d’un immeuble de quatre étages, sur deux niveaux, pièces à vivre au premier niveau, un escalier en colimaçon mène à la grande pièce face à une terrasse au deuxième niveau. Nous déménageons en 1970. Jean-François est changé d’école primaire. Mais cet appartement me restera comme une infamie pour moi.

Je ne m’y sentirai jamais chez moi…

1968 auto dissolution de l’UJCml

nous sommes le pouvoir

1968 et l’UJCml

1968 arriva. L’UJCml fait son autocritique de n’avoir pas su prévoir ce grand mouvement politique de révolte qui a commencé au mois de mars dans la faculté de Nanterre. Suite à cette autocritique il s’auto-dissout.

1968 est parti des États-Unis

En effet pour les États-Unis c’est une opposition à la Guerre du Vietnam.

La jeunesse française s’est-elle cru exceptionnelle ?

Se déroulait à la même période à travers la planète des mouvements similaires au Mexique, aux États Unis, en Allemagne, en Italie…

Moi je suis bloquée à la maison par Jean-François

Ma mère Indifférente à son rôle de Grand-mère

Je suis bloquée par mon fils à garder à la maison, même si les parents de Jean-Jacques me relayent souvent, par contre ma mère a toujours d’autres occupations et/ou un emploi du temps incertain, durant les dizaines d’années qui suivirent, je ne pourrai jamais compter sur elle, soit elle refusait d’emblée donnant pour excuses son emploi du temps, soit elle acceptait et annulait le rendez-vous au dernier moment, alors il fallait trouver « un » remplaçant qui était toujours les grands-parents de Jean-Jacques ; mais il m’était très gênant de les charger ainsi sans cesse et de plus au dernier moment.

De fait ma mère ne se montrait pas attirée par un rôle de grand-mère, pas plus qu’elle ne l’avait été de mère.

Je milite pour l’Usine de textile Rodier

Cependant en mai et juin 1968 je milite dans mon quartier d’habitation. Je vais écouter les ouvrières de l’usine de textile Rodier qui font grève. Elles me parlent de leur salaire de 400 Francs par mois, de leur utilisation en tant que mannequin sans ajout à ce salaire. En juin un vote à main levée a lieu à la maison des syndicats : pour ou contre la reprise du travail ? La majorité vote pour la reprise. Celles qui ont voté contre restent sur le trottoir de l’usine et refusent de rentrer. La CGT est à la porte de l’usine pour leur dire : « il faut savoir arrêter une grève et reprendre le travail ».

Durant 1968 je ne participe donc à aucun des mouvements publics. Je le vis par TSF interposée.

Par contre je me joins aux manifestations les plus importantes avant et après 1968. Nous, « ml », sommes autant pourchassé par la CGT que par les CRS.

Guerre des six jours en Israël 1967 désaccord entre juifs

israël et les territoires occupés par israël durant la guerre des six jours

Des juifs ex-porteurs de valise en désaccord sur la guerre des six jours

Je me souviens plus particulièrement d’une réunion amicale dans un modeste château appartenant à l’un des amis de Jean-Jacques, peu après juin 1967.

Ils ont tous, plus ou moins, été porteurs de valise pour soutenir le FLN et condamnés par la justice française.

Au cours de cette réunion échauffée par les récents événements de la guerre des six jours, nous échangeons sur nos positions présentes et à venir vis-à-vis d’Israël.

Nous sommes tous contre cette guerre… Sauf un, Philippe.

Ce prénom dénotant le choix de ses parents de le protéger parce que né durant les années 1940.

« Petit Juif » de athée devient croyant et pratiquant la religion juive

Ce Philippe a pour surnom « petit juif ». Pourquoi ? je suppose qu’il devait se revendiquer plus juif que les autres. Bien que tous soient athées… jusqu’à ce jour de juin 1967.

Car Petit juif est le seul à prendre parti pour Israël.

Les autres compagnons ne se fâchent pas avec lui et ne prennent pas une position hostile à son égard, mais le mirent en boite tant et plus. Dès lors il devint pratiquant et épousa, le seul de la bande, devant un rabbin dans une synagogue, une femme croyante et pratiquante.
Tous, sauf Petit juif, restèrent fidèles à eux-mêmes : athées et anti-sionistes. Finalement le surnom avait été prédictif.

anti-sioniste : position de juifs sur Israël ce ne peut donc être un racisme contre quelque juif que ce soit étant eux-même des juifs !

Guerre des Six jours résumé sur Wikipedia :

La guerre des Six Jours s’est déroulée du lundi 5 au samedi et a opposé Israël à l’Égypte, la Jordanie et la Syrie.

Cette guerre fut déclenchée par Israël en réaction aux mouvements de troupes égyptiennes et à la suite du blocus du détroit de Tiran aux navires israéliens par l’Égypte le (les Israéliens avaient préalablement annoncé qu’ils considéreraient cet acte comme un casus belli). Le soir de la première journée de guerre, la moitié de l’aviation arabe était détruite ; le soir du sixième jour, les armées égyptiennes, syriennes et jordaniennes étaient défaites. Les chars de l’armée israélienne bousculèrent leurs adversaires sur tous les fronts. En moins d’une semaine, l’État hébreu tripla son emprise territoriale : l’Égypte perdit la bande de Gaza et la péninsule du Sinaï, la Syrie fut amputée du plateau du Golan et la Jordanie de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est. Plus symbolique encore que la défaite arabe fut ainsi la prise de la vieille ville de Jérusalem.

L’écrasante victoire d’Israël l’a également placé au rang de puissance militaire invincible au Moyen-Orient et lui a fait acquérir un immense prestige à l’échelle mondiale.

Les résultats de cette guerre, épisode du conflit israélo-arabe, influencent encore aujourd’hui la géopolitique de la région. Si Israël s’est depuis retiré de deux territoires occupés, à savoir le Sinaï et la bande de Gaza, deux autres ont été annexés, Jérusalem-Est et le plateau du Golan, — deux actes non reconnus par la communauté internationale — et une grande partie de la Cisjordanie est toujours occupée.

israël et les territoires occupés par israël durant la guerre des six jours
israël et les territoires occupés par israël durant la guerre des six jours

Israël et les territoires occupés par Israël durant la guerre des six jours

Août 1965 : voyage en Chine compagnie de Siné, Marceline Loridan

minesshanxi : ouvriers sans travail

Jean-Jacques organise les premiers voyages en Chine

Dans le cadre de son travail, Jean-Jacques organise le premier voyage de Français en Chine en 1965, suite à la « reconnaissance » de ce pays par de Gaulle. Nous nous y rendîmes en août. Notre fils est confié à ses grands-parents.

Quand je dis « premiers » il est bon de préciser que c’est en comptant à partir de la révolution chinoise de octobre 1949 ; Durant les siècles précédents, plus particulièrement au 19ème siècle les Occidentaux ont occupés et se sont appropriés de grandes parties des grandes villes : Shanghai, Pékin, Canton pour les principales.

je prends le parti de ne pas  entreprendre une Histoire de la Chine ! que vous trouverez dans un grand choix de livres :

  1. Pearl Puck : tous ses « romans » (c’est par elle que j’ai « connu » la Chine à partir de mon adolescence, vers 1950…) elle a vécu en Chine au 19/20ème et a reçu le prix Nobel de littérature.
  2. John K. Fairbank et Merle Goldmann Histoire de la Chine, Tallandier, 2010
  3. Lucien Bodard, qui est né en Chine, : un tas de livres ! avec souvent un humour grinçant
  4. une foule de livres sont parus pour traiter l’évolution des partis, idées, conditions en Chine à partir de la fin du 19ème, avec une concentration autour de 1949, puis de 1965… la liste est trop longue !

le Transsibérien

Atterrissage à Moscou ; nous embarquons dans le transsibérien chinois, traversant la Sibérie une fois par semaine jusqu’à Pékin, ils se relaient russe/chinois.

Nous sommes logés dans un compartiment pour nous deux. Nous allons prendre nos repas dans le wagon restaurant qui change de chef et de choix de cuisine au fil des provinces que nous traversons, par exemple en Mongolie on nous sert du lait de jument, qui nous parait aigre, nous accoutumés au lait de vache, doux.

À chaque halte les responsables de chaque wagon, Chinois car ce transsibérien est chinois, ils se relaient avec les Russes, sortent les premiers pour nettoyer les barres d’appui des mains pour descendre les trois marches et lavent les vitres extérieures du wagon dont ils sont responsables. Ils « veillent » sur nous durant le voyage, nous servant de l’eau chaude dans nos tasses garnies de feuilles de thé vert.

Montent et descendent les habitants de chaque contrée, chacun avec ses provisions d’habitudes alimentaires, ses vêtements typiques. Nous gardons l’heure de départ de Moscou, nous changerons nos montres à l’arrivée à Pékin, nous sommes ainsi en décalage de plus en plus prononcé au fil des six fuseaux horaires.

Marceline Loridan et Siné

Nous faisons la connaissance de nos voisins : Marceline Loridan et Siné. Nous ne reverrons plus Marceline, sur le bras de laquelle je découvre pour la première fois l’impression de chiffres sur le bras, par contre nous ferons tout voyage en compagnie de Siné à qui il arrivera une mésaventure :

Il disparut de notre groupe durant deux à trois jours, nous fûmes inquiets car informés en rien.

Après recherche d’un symbole de la Chine à mettre sur les cartes postales qu’il envoyait en France à ses connaissances, Siné avait inventé un chat, symbole typique de ses dessins, assorti d’une bulle disant « mao », à la place de « miaou » (désolée je ne trouve aucun exemple de ces « miaou »…).

Elles furent interceptées à la frontière par un postier Chinois, en conséquence Siné fut convoqué par des responsables politiques pour injures faites à la personne de Mao. Il fut finalement relâché et laissé libre de poursuivre son voyage avec notre groupe ; c’est en riant qu’il nous raconta ce qu’il ne prit que pour un incident.

Les paysages qui m’ont le plus marqués sont ceux du désert de Mongolie qui n’apparait pas comme le Sahara avec des collines de sable, mais un plat infini de prairies cerné par un relief. La capitale Oulan Bator où des grandes tentes rondes constituent la majorité des habitations, sur le quai les passagers habillés de vêtements de tissu brillant aux couleurs vives et unies qu’on dirait en Occident « mal assorti ».

Enfin nous descendons à Pékin que nous visitons où j’apprécierai bien évidemment particulièrement la cité interdite et la grande muraille que nous visitons.

Nous poursuivons notre voyage à travers la Chine en trains et autocars pour visiter deux autres grandes villes :

  • Shanghai où nous habitons dans le Bund et où nous assistons à une pièce de théâtre en chinois, traduite en anglais écrit sur des bandes de côté ; on nous montre les marchés fournis d’un grand choix de légumes et de fruits.
  • Hang-Tchéou qui comporte un grand lac tranquille entouré d’arbres.

Nous nous rendons dans une commune populaire à l’ouest de Pékin, toujours accompagnés d’un interprète et d’un politique qui contrôlait aussi notre traducteur.

Nous habitons dans les luxueux hôtels construits par les Occidentaux qui ont occupé la Chine durant la seconde moitié du dix-neuvième et la première moitié du vingtième siècle.

Les Chinois n’ont pas vu d’Occidentaux, qu’ils appellent les « long nez », depuis au moins 1949, si bien que chaque arrivée de notre autocar, où que ce soit, est accueillie par une foule de Chinois qui veulent nous voir et nous toucher à chacune de nos descentes de l’autocar, puis celui-ci est poursuivi durant plusieurs mètres par cette foule.

Au retour, en avion, nous nous arrêtons à Moscou trois jours.

Un livre entier serait nécessaire pour raconter ce voyage !

Les voyages qui reprirent en 1966 assistèrent aux débuts de la Révolution culturelle, ils durent donc s’interrompre.

Les voyageurs assistèrent à quelques humiliations de bureaucrates dans les rues affublés de pancartes accrochés à leur cou, les mains attachées dans le dos.

En revenant, ils nous racontèrent ce qu’ils avaient vu, nous étions tous accablés, ne soupçonnant pas que ce n’était que le début de la lutte de pouvoir dans le PCC, Mao voulant reprendre le contrôle de l’État et du PCC, qu’elle durera une dizaine d’années et fera plusieurs millions de morts…

Galerie photos de la Chine

Voici une galerie photos que j’ai collecté au fil des années : on peut y voir les pieds bandés des femmes et leur chaussure, les candidats aux examens du temps de la Chine impériale, l’évolution du territoire chinois et ses provinces, et Pearl Buck auteur que j’ai lu à partir de mon adolescence et qui m’a fait connaitre la Chine telle qu’elle fut au 19è et 20è siècle.

Jean-Jacques Porchez nul en matière de film !

Jean-Jacques filme comme il peut, mais mal, zoomant à toutes occasions, ce qui rendait le film difficile à voir, donnant le tournis. Je travaillais plusieurs mois à le découper pour enlever le retour des zooms pour qu’il devienne visible. Cependant alors que je gardais ce film, précieux pour moi (je rappelle que je m’intéresse à la Chine depuis mon adolescence, alors que lui cela ne datait que de 1965 pour lui !), il me sera volé par mon fils qui le donnera à son père. Je ne l’ai jamais revu.

  • Mais quelqu’un me fera cadeau du sien en CD quelques années plus tard.

Grand-mère de J-J Porchez : Menchevik née à Saint-Pétersbourg

J’approfondis ma relation avec les parents de Jean-Jacques qui sont bienveillants à mon égard et qui ne sont informés en rien des relations dans notre couple

Grand-mère de Jean-Jacques Porchez :  juive russe née à Saint-Pétersbourg

En 1905 sa grand-mère avait du fuir Saint-Pétersbourg à l’âge de 19 ans (autrement dit elle du naitre vers 1886), où elle était née de parents juifs. Elle avait été Menchevik et avait participé à la révolution, dont en posant quelques bombes. Mais la révolution échoua fin 1905. Les révolutionnaires russes, dont elle faisait partie, persécutés par le régime tsariste, fuirent leur pays et se réfugièrent à Genève.

Menchevik

extrait de Wikipedia :

Mencheviks du russe : меньшевик /mʲɪnʲʂɨˈvʲik/2 litt. « minoritaire ») sont un courant socialiste russe se réclamant du marxisme, initialement formé par la fraction minoritaire du Parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR) lors de la division de ce parti au 2e congrès de Londres en 1903.
Cependant, même si la faction bolchévique était majoritaire au sein du POSDR en 1903, elle n’en était pas moins restée minoritaire sur la scène politique jusqu’à la révolution d’Octobre 1917. En effet, en 1905, il y a 8 000 Bolcheviks dans les organisations clandestines en comparaison avec les 12 000 Mencheviks à la même époque. Par ailleurs, le Parti socialiste révolutionnaire (SR) comptait également plus d’adhérents que les Bolcheviks

Là elle connait un homme dont nait sa fille, Irène. Devenue mère célibataire, elle vient à Paris où elle travaille dans les bureaux des usines Renault. Je manque d’informations pour la suite car elle fait suivre des études de droit à sa fille, je ne comprends pas avec quels moyens financiers…

Puis Irène, devenue adulte, se marie avec un ingénieur et donne naissance à un fils, Jean-Jacques. Elle devint veuve quand ce fils atteint son adolescence. Ce mari avait une belle situation c’est grâce à lui qu’elles habitent dans cet appartement du 7ème arrondissement. Cette aïeule ne voulut plus jamais entendre parler de l’URSS, bien qu’elle et sa fille restèrent de gauche, lisant toutes les deux Libération et Le Monde quotidiennement. Elle reprochait en particulier qu’il n’y ait plus de si grands compositeurs « qu’avant ».

Tellement intimidée par ces parcours à l’opposé de ceux de mes parents, et du mien, je n’oserai pas poser les bonnes questions en particulier concernant la persécution des juifs durant la seconde guerre mondiale. J’apprends seulement qu’elles ont pu se réfugier dans le village de Barbizon, grâce à l’aide d’un ami cinéaste.

Du thé noir russe toute la journée !

La grand-mère boit toute la journée, et nous sert, du thé russe noir tout au long de la journée : dans une petite théière le thé russe très concentré, servi dans une tasse, délayé par un peu d’eau, un sucre mis dans la bouche pour le déguster.

Je découvre aussi la cuisine russe : poulet en croquettes … ou en côtelettes, le caviar d’aubergines, les nombreux plats en pâtes (blinis, pirojkis, piroguis, pirojkis, krouglis) dont nous allons nous ravitailler chez un traiteur russe. Mais parfois je ne sais plus si c’est vraiment d’origine russe où la Russie qui a inspiré les plats français qu’elle nous sert.

Adhésion et procès au PCF 04-1964, plus de musiques !

Notre adhésion au PCF

Au printemps 1964 Jean-Jacques décide, avec mon accord, de notre adhésion au PCF.

Bientôt la cellule de notre quartier se révèle en désaccord sur notre position concernant la Chine.

Ils affirment que la Révolution chinoise victorieuse le 1er octobre 1949, après une lutte de dizaines d’années, a été faite par les ouvriers alors que nous affirmons qu’elle a été faite par les paysans : je n’avais rien oublié de ce que j’avais appris de la Chine par mes lectures d’adolescentes.

En effet, la Chine, non industrialisée ou si peu, n’avait pas d’ouvriers. cette lutte de longue haleine (2) a été menée par les paysans, certains devenus soldats.

Notre procès au PCF

Le responsable de la cellule nous signale à la section pour dissidence.

Nous sommes mis en « procès » et se succèdent pour nous entendre, après les responsables de la section, des représentants du conseil départemental, puis du bureau exécutif.

Nos positions se confirment n’être pas en accord avec la ligne stalinienne du Parti nous sommes exclus.

Cependant je ne digérerai pas, et pour des dizaines d’années, que dans la lettre d’exclusion, adressée nominalement à Jean-Jacques, on me nomma « et sa femme » : quantité négligeable d’après le PCF. Il est vrai que je m’exprimai sans doute peu durant ces séances de mise en accusation.

Mais me laissa-t-on m’exprimer ? Mon point de vue intéressait-il quelqu’un ?

Film : One potatoes two potatoes Prémonition ?

Durant ma grossesse Jean-Jacques m’emmena voir un film où il s’agit d’une mère dont l’ex-mari menace de lui enlever sa fille . Je me mis à sangloter bruyamment dans la salle de cinéma, d’une manière incontrôlable, si bien que nous avons du sortir. Bien que je ne crois pas à la prémonition, il semblerait que j’étais déjà dans l’angoisse qu’on me retire mon enfant, non encore né…(1)

Plus de musiques !

J’oubliai pour un temps : Quincy Jones, Ray Charles, Art Tatum, Art Blakey, Bill Evans, Elvis Presley, Gerry Mulligan, qui avaient été si important durant mon adolescence, et ne connus rien des nouveaux musiciens : Beatles, Rollins Stones, Jimi Hendricks ou Bob Dylan.


La musique n’était pas dans les intérêts de Jean-Jacques qu’elle fut classique, de variétés ou de jazz. Je n’écoutais que ce qui passait à la radio que j’avais commencé à écouter quotidiennement quand j’étais seule à la maison. En fait comme le faisait ma mère.

Mais je découvris avec enthousiasme et émotions Potemkine chanté par Ferrat à l’occasion d’un meeting politique en 1965 ou 1966.

__________

Notes :

(1) One potato two potato : Le film raconte les difficultés auxquelles doit faire face un couple dit « interracial » aux États-Unis. Un employé de bureau noir épouse une femme divorcée blanche. L’ex-mari de celle-ci réclame alors la garde de leur fille devant le tribunal, invoquant le bien-être de l’enfant, menacé selon lui par l’environnement créé par ce mariage.

(2) 1839 1ère guerre de l’opium, 1851 révolte ses Taiping, 1921 création du PCC, guerre civile, révolte des paysans,1931 longue marche, invasion des Japonais, 1971 l’économie de la Chine est à 71 % d’origine agricole.

Plus jamais de sexualité avec Jean-Jacques Porchez mon mari

En Suisse je refuse tout contact sexuel avec Jean-Jacques Porchez

De retour dans l’hôtel, il s’approcha de moi assise sur le rebord en bois du lit arrivant à la mi hauteur de mon corps, pour avoir un rapport sexuel avec moi, je le repoussais de mon pied en disant « non plus jamais ».

Il parut surpris ! C’est la vie que nous eûmes pour les sept années qui suivirent.

Plus jamais de sexualité durant 7 ans de mariage

Couchés dans le même lit, l’un à côté de l’autre, moi me relavant souvent la nuit, commençant mes insomnies qui durèrent toute la vie, allant en pleine nuit dormir sur le canapé du séjour.

Je refusais tout contact sexuel.

Il essayât de temps à autre sans succès mais sans plus jamais me forcer. Une vie de couple sans rapport sexuel. Je commençais aussi une anorexie mentale, ou devrais-je l’appeler dépression ?

Ma dépression se confirme : je perds 10 km durant ma grossesse

Au terme de ma grossesse je n’avais pas pris un kilo, j’avais donc maigri d’environ 10 kilos.

Ne comprenant pas ce que je vivais et malgré tout un peu attentif, il m’emmenait plus particulièrement dans un restaurant chinois, cuisine qui avait ma faveur, qui proposait par exemple des crevettes à l’ail et à la tomate succulentes : je goûtais mais ne pouvais rien avaler…

L’important : ma grossesse ou mon état dépressif ?

L’important pour lui et ses copains était que j’étais enceinte, espérant tous la venue d’un garçon, et que cette grossesse arriva à son terme.

Personne ne remarqua que je ne prenais pas un kilo, le visible était uniquement mon ventre qui grossissait de mois en mois.

Notre futur commun : la politique

Mais ce qui sera le plus important dans notre vie sera la politique : adhésion future au PCF

C’est ce que va occuper plusieurs billets futurs de ce blog !