Voyage en Suisse… avortement ? 03-1964

Ma famille ne se préoccupa plus jamais de moi

Pour ma famille j’étais casée. Ils ne se préoccupèrent plus jamais de moi, s’en étaient-ils inquiétés avant sinon de la conservation de ma virginité, je voyageais avec eux à travers l’Italie, et le plus souvent me payant des vacances sans eux tels mes séjours en Angleterre, ce qui à vrai dire me convenait parfaitement.

Ils ne me posèrent jamais aucune question de savoir si je m’entendais bien avec mon mari, si ma vie était heureuse !

Normal de la part de mon père qui ne se préoccupa jamais de ma vie, de ma sœur qui ne savait que me faire des reproches de n’avoir pas porté grand intérêt à ses enfants nés successivement tous les deux ans durant 15 ans, quant à ma mère après son comportement depuis mon adolescence j’étais sûre que je ne pouvais lui faire confiance en rien.

J’étais et restais seule, comme je l’avais toujours été en fait

Quand Jean-Jacques revint de Cuba il ne me posa aucune question concernant ma grossesse, si elle continuait ou si elle avait été arrêtée durant son absence par les piqûres auxquelles j’avais procédés…seule ! qui d’ailleurs n’aboutir à rien.

Nous étions  deux introvertis, ou trop pudiques concernant nos sentiments dont nous ne parlions jamais.

Mais avions nous des sentiments l’un pour l’autre ?

Moi je n’en avais pas pour lui, comme je le dis précédemment : je m’étais marié pour fuir ma famille…!

Et lui quel sentiment avait-il pour moi ? il n’en dit jamais rien !

Il ne compris pas l’ampleur de la solitude dans laquelle j’étais, mais cela l’intéresse-t-il ?

Voyage en Suisse… avortement ?

Dans le cadre de son travail il devait se rendre dans le Jura pour faire des prospections d’hôtels pour héberger des touristes pour les futurs voyages de sports d’hiver organisés par le voyagiste pour lequel il travaillait.

Il m’emmena avec lui…sans me dire pourquoi, je pensais que j’allais prospecter des hôtels avec lui, ce que je fis…

Jean-Jacques s’arrête devant une clinique

Il se dirigea vers la Suisse proche du Jura et me conduisit devant une clinique pour procéder à un avortement… sans en dire que je pourrais avorter là !

Je dois rappeler que l’avortement était interdit sous peine de prison en France, et qu’il n’existait aucun moyen contraceptif, sinon le retrait de l’homme avant éjaculation, ce qui était très aléatoire.

Sans donc prononcer aucune parole explicite, il arrêta sa voiture là devant l’entrée, il pleuvait, comme je me souviens encore aujourd’hui, bientôt 60 ans plus tard : la vitre du pare brise ruisselait.

Je restais immobile à ma place, je ne sortis pas de la voiture.

Ce fut une décision passive de ma part de ne pas descendre pour entrer dans la clinique.

Mais était-ce une décision ? n’était-ce pas le peur …d’un avortement…de l’interdit… de l’ignorance de ce en quoi cela consistait… je le regrette…

Nous n’avions jamais échangé aucune parole concernant un avortement éventuel.

Voulions nous ou pas de cet enfant ?

La question ne fut jamais posée entre nous. Quel avenir pour notre couple avec ou sans enfant ?

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